Magna Bibliotheca rahhinica, 4 vol. in-l
7. J.F, Buddew,bUrodueUo4ÊdHisUm<m£hUosopkiœUebrœoh^ Halœ, i7(tt et 1781, in-8«.
ont copié plus ou moins Brucker, comme Brucker lui-* même avait mis à contribution les dissertations plus néoplatonicienneB et arabes que kabbalistiques du rabbin espagnol Abraham Cohen Irira ^. Après toutes ces éliminations, il me reste encore à parler d'un assez bon nombre d'auteurs qui ont fait de la doctrine ésotérique des Hébreux une étude plus sérieuse» ou à qui du mcins il faut accorder le mérite de Tavoir tirée de l'obscurité profonde où elle était restée enfouie jusqu'à la fin du siècle.
Le premier qui, ait révélé àl'ËurQpe chrétienne le nom et l'existence de la tcabbale, c'est un homme qui, malgré les écarts de son ardente imagination, malgré la fougue désordonnée de son esprit enthousiaste^ et peutrètre par la puissance même de ces brillants défauts^ a imprimé au^ idées de son siècle une vigoureuse impulsion : nous voulons parler de Raymond-LuUe. 11 serait difficile de dire jusqu'à quel point il était initié à cette science mystérieuse, et quelle influence elle a exercée sur ses propres doctrines. Je me garderai d'affirmer, avec un historien de la philosophie qu'il y a puisé la croyance à l'identité de Dieu et de la nature. Mais il est
4. Irira ou Héréra appartient au xvii^siècle. Son principal ouvrage, Porte des deux (Porta cœlorum) a été composé en espagnol , sa langue maternelle, puis traduit en hébreu, et enfin en latin, par Tauteur de la KabbaUih deaudata. il en sera encore une fois question un peu plus h98,
% Tamemann, Q€$dik^ der PhUotoplUe^ toin. VIII, p. 837.
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certain qu'il s'en faisait une idée très élevée, la regardant comme une science divine, comme nne* yéritable révélation dont la lumière s'adresse à l'âme rationnelle^; et peutrétre est-il permis de supposer qtte les procédés artificiel^, mis en usage par les kabbalistes pour rattacher leurs opinions anx paroles de f Ecriture, que la substitution, si fréquente parmi eux, des nombres ou des lettres aux idées et aux mots, n'ont pas peu contribué à l'invention du grand art. Il est digne de remarque que plus de deux siècles et demi avant l'existence des deux écoles rivales de Loria et de Gorduero, dans le temps même où certains critiques modernes ont voulu placer la naissance de toute la science kabbalistique , Raymond-Lulle fasse déjà la distinction des kabbaiistes anciens et des kabbalistes modernes
L'exemple donné par le philosophe majorquin de** meura longtemps stérile; car, après lui, Tétude de la kabbale reton^a dans Toubli, jusqu'au moment où Pie de la Aiirandole et Reuchlin vinrent répandre quelque
i. Dicitar baec doctrina KàMfàUt qood idem est sôcandùm Hebmos ut nceptio veritatis ci^usltbet rei divioitùs reveiitt» anlttl» rationalî Est igitur KaUbala Jiabitiis aoîme rationalis ex loctil
ratione divinarum rerum cognitivus ; propter quod est de maxlmo etiam divino consequutivè divina scienlia vocari débet, [de Auditu Kabbalistico, sive ad omnes seierUias irUroductorium ; Strasbourg,
3. Ib. ^nq»r. — Qoant à ropinion à laquelle nous faisons allusion, elle sera longuement discutée dans la première partie de ce tnivail.
lumière sur une science dont on ne connaissait jae*cp'alors, hors du cercle des adeptes, que l'existence et le nom. Ces deux hommes, également admirés par leur siècle pour la hardiesse de leur esprit et l'étendue de leurs connaissances, sont pourtant loin d*ètre entrés dans toutes les profondeurs et dans toutes les difûcuUés du sujet. Le premier a tenté de réduire à un petit nombre de propositions ' dont il n'indique pas la source, • entre lesquelles on aper^it difficilement quelque rapport, un système aussi étendu, aussi varié, aussi conséquent, aussi fortement construit que celui qui fait l'objet de nos recherches. Il est vrai que ces propositions étaient, dans l'origine, des thèses destinées à être soutenues en public et développées par l'argumentation. Maisy dans Tétat où elles nous sont parvenues, leur brièveté autant que leur isolement les rend inintelligibles, et ce n'est pas assurément dans quelques digressions plus étendues, disséminées au hasard dans les œuvres les plus diverses, que l'on trouvera l'unité, les développements, les preuves de fidélité qu'on est en droit d'exiger dans une œuvre de cette importance. Le second, moins emporté par son imagination, plus systématique et .plus clair, mais aussi d'une érudition moins étendue, n'a malheureusement pas su puiser aux
I? CwitMonM eabaUstieœt numéro xlvu, êeeundum seerOam doctrinam sapientium Hêhrœwrum, etc. lom. P% pag. S4 de ses Œuvres, édit. de bàie. Elles furent publiées pour la première lois, à Rome, en 14S6. -
sources les plu» abondantes et les plus dignes de sa
confiance. Pas plus que l'auteur italien qui, né après lui S l'avait cependant devancé dans cette carrière, il ne cite les autorités sur lesquelles il s'appuie; mais il est facile de reconni^tre en lui lesprit peu critique de Joseph de Castille ^ et du faux Abraham ben Dior, un commentateur du xiv® siècle^ qui mêla à ses connaissances kabbalistiques les idées d'Aristote et tout ce qu'il savait de la philosophie grecque, interprétée par les Arabes'. En outre, la forme dramatique adoptée par Reuchlin n'est ni assez précise ni assez sévère pour un tel sujets et ce n'est paâ sans une sorte de dépit qu'on le voit passer à côté des questions les plus importantes pour établir, sur cpielques vagues analogies, hne filiation imaginaire entre la kabbale et la doctrine de Pythagore. Il veut que le fondateur de l'école italique ne soit qu'un disciple des^kabbaUstes^à qui il devrait, non
1. Beuchlin est né en 148S, et Jeao Pic de la Minuidole en 4463.
2. En hébrea, ttS^ispu b]DV. Il est rauteor du Uvre intitulé La PcrUdeiaLimièrê (nm quePauIRicdatràduit enlatln, et que Reupblin a visiUement pris pour base dans son de Vwbo tifUso,
Il II M II
5. Il est connu sous le nom de 1 2 s c.-à-d. Abraham ben David, ou ben Dior. Il a fait sur le Sepher Jetzirah un commentaire hébreu qui a été imprimé avec le texte, à Mantoue, en 15Gi2, et à Amsterdam, en 1642.^ a été longtemps confondu, à cause de la similitude du nom, avec un autre kablMliste bien plus célèbre, mort au commencement du xm* siècle, et le maître de Moïse de Léoo, à qui l'on a voulu attribuer la composition du Zobar; {Voir le Journal de. théoloj^ie judaïque de Geiger, t. U, p. 312.)
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seulement le fond, mais aussi la forme symbolique de
son système et le caractère traditionnel de sou enseignement : de là des subtilités et des Tiolences qui défigurent également les deux ordres d'idées que l'on essaie de confondre. Des deux ouvrages qui ont fait la réputation de Reuchlin, un seul, celui qui a pour titre de Art$ CabbaUsUeà^^ contient une exposition régulière de la doctrine ésotérique des Hébreux : l'autre (de Verho mirifieo), qui / en effet, a été publié d'abord ^ , n'est guère