DEUXIÈME PARTIE
le Vm qui- rattaehe à un principe eommoii Unit les
éiémeats dont il nous offre Tassemblage*
Ge n'est jamais qu'en s'appuyant sur Tidée de Bien, qu'en se faisant l'interprète de la volonté et de la pensée suprêmes, que la Bible ou tout autre monu-» ment religieux nous explique- le monde et . les phénomènes dont il est le théâtre. C'est ainsi que dans la Genèse , nous voyons la lumière sortir du néant à la parole de Jéhovah; Jéhovah, après avoir tiré du chaos le ciel et la twre, se fiait le juge de son œuvre et la trouve digne de sa sagesse : c'est pour éclairer la terre qu'il attadie au firmam«Qt le soleil, la lune et les étoiles. Quand il prend de la poussière, qu'il fait passer en elle un souffle de vie pour laisser ensuite échapper de ses mains la dernière et la plus belle de ses créatures, il nous a déjà déclaré son dessein de forme? l'homme à son image* Dans l'ouvrage dont nous essaycoB de reiidre compte, an. suit une marche tout opposée, et cette, diffërenoe est très significative^ quand elle se montra pour la première fois dans rhistoire intellectuelle d'un peuple : c'est par le spectacle du monde qu'on s'élève à l'idée de Bien; c'est par l'unité qui règne dans Uœuvre de la création, qu'on démontre à la fois et l'unité et la sagesse du Créateur. Telle est, comme noua l'avons dit ailleurs, Kraison pour laquelle le livre tout entier h'est pour ainsi dire qu'un monologue placé dans la bouche du patriarche Abraham : on suppose quejles coosidérations qu'il renferme sont
144 LA &AfiBÀL£é
celles qui ont porté le père des Hébreux à quitter le culte des astres pour y substituer celui de l'Étwiel. Le caractère que nous yenons de signaler éclate avec tant d'évidence, qu'il a été remarqué et défini avec beaucoup de justesse par un écrivain du kii' siècle, ce Le Sephm" iêlmak , dit Jebouda Uallévi, nous enseigne « Texistenee d'un seul Dieu^ en nous montrant^ au sein fc de la variété et de la multiplicité, la présence de Fi^ a nilé et de l'harmonie ; car un tel accord ne peut ve-> « nir que d'un seul ordonnateur ^» Jusqu'ici tout est parfaitement conforme aux procédés de la raison ; mais au lieu de chercher dans Tunivers les lois qui les régissent, pour lire ensuite dans ces lois elles-mêmes la
grossière analogie entre les choses et les signes delà pensée, ou les moyens par lesquels la sagesse se fait entendre et se conserve parmi les hommes. Remarquons^, avant d'aller plus loin, que le mysticiame, en quelque temps et sous quelque forme qu'il se manifeste, attache une importance sans mesure à tout ce qui peut représenter au dehors ips actes de 1 intelligence^ et il n'y a pas encore si longtemps qu'un écrivain très
connu parmi, nous a voulu prouver que 1 écriture n'est
I. Gmry, Mo.» 4, 8, 95. Au lieu du texte hélireu, qvA serait peu compr^ nous citerons TexoeUente traduction espagnele de Jsnaob Abendana : « Ensena la dèydad y la unidad por cosas cpie son ^rias y multiplicadas por una parle, pero per otra parte, son uiiidas y concprclaates, y su uoion pruscede del uoo que los ordena. »
DBtnUftlIB ]»AlltlK. 145
pas une inventioii de Thiunanité, mais un présent de la révélation'. Ici il s'agit des vingt-dénx lettres de Talphabet hébreu et des dix premiers nombre^ qui» en conservant leur propre valeur, s^ent encore à l'expression de tous les autres. Réunies sous un point de vue commun, ces deux sortes de signes sont appe^ lées les trente-deux noies menmUemet i$ la Sagme, a avec lesquelles, dit le texte, l'Éternel, le Seigneur « des armées, le Dieu d'Israël^ le Dieu vivant, le Roi « de l'univers, le Dieu plein de miséricorde et de (T grftce, le Dieu sublime qui demeure dans rétemité, « le Dieu élevé et saint a fondé son nom ^. » A ces trente-deux voies de la Sagesse, qu'il ne faut pas confondre avec les distinctions subtiles et d'un ordre tout différetit, admises à leur place par les kabbalistes modernes % il faut ajouter trois autres formes, désignées par trois termes d'un sens très douteux, mais qui ont certainement, au moins par leur généalogie grammarticale , une très grande ressemblance avec ceux qui en grec désignent le sujet^ Tobjet et l'acte même de la pensée^* Nous croyons avoir démontré précédenuonent que ces mots détachés sont entièrement