‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 58 sur 167 · nwSw DOiTin âiuSw noTîM QtTOiy im dw · texte numérisé non relu

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Cbap. e, propos, â. a*T\roQ nvSv qt^to nvS v

n du séjour de sa sainteté et pendant des siècles sans

« nombre*. » A la suite de ces mots, qui forment la yéritable conclusion du liyre, vient cette espèce de dénoûment dramatique dont nous avons parlé précédemment , et qui consiste dans la conyersion d'Abraham, encore idolâtre, à la religion du vrai Dieu.

Le dernier met de ce système, c'est la substitution de Tunité absolue à toute espèce de dualisme : à celui de la philosophie païenne, qui voulait dans la matière une substance éternelle dont les lois ne sont pas tou-jours d'accord avec la Tolonté divine ; colnme à celui de la Bible qui^ par l'idée , de la création, aperçoit bien dans la volonté divine, et par conséquent dans l'être infini, la seule cause, la seule origine réelle du monde, mais qui en même temps regarde ces deux choses, Tuoivers et Dieu, comme deux substances absolument distinctes lune de l'autre. En efFet, dans le Siphef iêtsirah^ Dieu, considéré comme l'Être infini et par conséquent indéfinissable, Dieu, dans toute l'étendue de sa puissance et de son existence, se trouve audessus, mais non en dehors des nombres et des lettres, c'est^érdire, des principes et des lois (}ue nous distinguons dans ce monde : chaque élément a sa source dans un élément supérieur, et tous ont leur <Mrigine com**'

I. m fin rvrp ]Wso ohm htfyo ^rwa ^SD hn Après avoir été appliqué tout entier aux dix Sephirotii, ce passage ne ie« paraUqa*en partie à la place indiquée. Les quatre demim mois en

sont retranchés.

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mune dans le verbe ou dans l'esprit saint. C'est aussi dans le verbe que nous trouvons ces signes invariables de la pensée qui se répètent en quelque sorte dans toutes les sphères de l'existence, et par lesquels tout ce qui est devient l'expression d'un même dessein. £t ce verbe lui-même, le premier des nombres, la plus sublime de toutes les choses que nous puissions compter et définir, qu'est-ce qu'il est, sinon la plus sublime et la plus absolue de toutes les manifestations de Dieu, c'està-dire, la pensée ou l'intelligenee suprême? Ainsi Dieu est à la fois, dans le sens le plus élevé, et la matière et la forme de l'univers. Il n'est pas seulement cette matière et cette forme ; mais rien n'existe ni ne peut exister en dehors de lui ; sa substance est au fond de tous les êtres, et tous portent l'empreinte^ tous sont les synn boles de son intelligence. '

Cette conséquence si audacieuse , si étrangère , en apparence, aux principes qui la fournissent, est le fond de la doctrine enseignée dans le Zohar. Mais là on suit une marche toute différente de celle qui vient de se dessiner sous nos yeux : au lieu de s'élever lentement, par la comparaison des formes particulières et des prin** cipes subordonnés de ce monde, au principe suprême, à la forme universelle, et enfin à l'unité absolue, c'est ce dernier résultat qu'on admet tout d'abord ; on le suppose, on l'invoque en toute occasion comme un axiome incontesté; on le déroule, en quelque façon, dans toute son étendue, en même temps qu'on le mon-

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tre sous un jour plus mystérieux et plus brillaat. Le lien qui pouTait exister entre toutes les conséquences obtenues de cette manière se trouve rooipu, il est vrai, par la forme extérieure de l'ouvrage^ mais le caractère

synthétique qui y règne n'eu est pas moins prononcé

ni moins yisible. U est donc permis de dire q^ie le Ztbr» de la lumière commence précisément au point où s'ar^ rdte celni de la Ctéation : la condusion de Tun sert à l'autre de prémisses» Une seconde différence, bien autremént digne d-ètre remarquée, sépare ces deux mo^ numents et s'explique par une loi générale de l'esprit humain : aux nombres et aux lettres nous allons voir substituer les formes intérieures, les conceptions invariables de la pensée, en un mot les idiei dans la plus vaste et la plus noble acception de ce terme» Le verbe divin, au lieu de se manifester exclusivement dans la nature, nous apparaîtra surtout dans l'homme et dans l'intelligence; il aura pour nom YHomme prototype ou

céleste^ pQ'^P D^K «>K^y DIK- ËnÛQf dàns certains

fragments dont la haute antiquité ne saurait être contestée, nous verrons, sans préjudieei, pour Tunité absolue, la pensée elle-même prise pour substance universelle, et le développement régulier de cette puissance mis à la place de la théorie assez grossière de l'émanation. Loin de nous la folle pensée de trouver chez les anciens Hébreux la doctrine philosophique qui règne aujourd'hui en Allemagne presque sans partage; mais

nous ne craignons pas de soutenir , et nous espérons

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bientôt démontrer, que le principe de cette doctrine, et jusqu'à des expressions eieluûvement consacrées par l'école de Hegel, se trouvent parmi ces traditions oubliées que nous essayons de rendre à la lumière* Cette transformation que nous signalons dans la kabbale, ce passage du symbole à Tidée, se reproduit dans tous les grands systèmes philosophiques ou religieux, dans toutes les grandes conceptions de rinteliigence humaine* Ainsi, ne voyons-nous pas dans le rationalisme les diverses formes du langage dont se compose pres^ que entièrement la logique d' Aristote, devenir dans celle de Kant les formes constitutives* et invariables de la pensée^ Ainsi, dans lidéalisme, Py thagore et le système des nombrés n'ont-ils pas précédé la sublime iiiéorie de Platon'^ Ainsi, dans une autre sphère, n'ariron pas représenté tous les hommes comme issus du même sang? n'a-t-on pas fait consister leur fraternité dansk la chaif , avant de la trouver dans l'identité de leurs droits et de leurs devoirs, ou dans Tunité de leur natuire et de leur tâche? Ce n'est pas ici le lieu d'insister plus longtemps sur un fait général; mais nous espérons, du moins avoir fait comprendre les rapports qui existent entre le Sepher iêtxirah^ei l'ouvrage à la fois bien plus étendu ^ et plus important dont nous allons extraire la substance.

1. Le Zohar, dans Tédition d'Amsterdam, se compose de trois volumes grand iu-8», dont chacun à peu près de six cents pages, efL catactères rabbiniques, par conséquent très fins et très sen^.

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