I. Pirki'Ahoth et tract. Bûseh-Hasekanahy cbap
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182 LA KABBALB.
Dieu 9 puisque ces deuxchosQS se confondent dans Tes* prit , puisque les premiftres ne eoat que les idées et les choses exprimées par les dernières. Or» si Dieu ne pou- ▼ait pas être nommé, ou si de tous les noms qu'on lui donne aucun ne désignait une chose réelle, non seulement il ae smdt pas connu denous, mais il n'existerait pas davantage pour lui-même; car il ne peut se comprendre sans intelligence, ni être sage sans sagesse , ni agir sans puissance. Mais la seconde question n'est pas résolue par tons de la même manière. Les uns, se fondant sur le principe, que Dieu est immuable , ne voient dans les Séphiroth que des instruments de la puissance divine, des créatures d'une nature supérieure, mais complètement distinctes du premier Être. Ce sont eeux qui voudraient eondlier le langage de la kabbale avec la lettre de la loi * . Les autres, poussant à ses dernières conséquences le ))rincipe antique que rien ne vient de rien , identifient complètement les dix Séphiroth et la substance divine. Ce que le lokar Bip' pelle £n-i$o|)j^, c'estr-à-dire l'Infini lui-même, n'est à leurs yeux que Tensemble des Séphiroth, rien de plus, rien de moins; et chacune de ces dernières n'est qu'un point de vue différent deee même infini ainsi compris ^
1. A la tête de ce parti est Fauteur du livre intitulé : les Motifs des commandements {T\^^:l12^^ ^wc), Meua'iiem Rekanati, qui florissait au commencement du xiv^ siècle.
% G6tte opinion est représentée par l'auteur du *î*it,|:irD (le liouclier de David):
DimUÈMB PMITIE. 183
Eaire oes dtux opinion» extrêmes vient se plaoer un
système beaucoup plus profond et plus conforme à l'esprit des monuments originaux c'est celui qoi^ sans considérer les Séphiroth comme des instruments, mnme des créatures, «tpareonséquent ocfmme des Atres distincts de Dieu, ne veut pourtant pas les identifier «fec lui. Voici, ea résumé, sur qudks idées il repose : Dieu est présent dans les Séphiroth , autrement il ne pourrait se réréler par elles; mais il ne demeure pas en çlles tout entier; il n'est pas seulement ce qu'on découvre de lui sous ces formes sublimes de la pensée et de l'existence. £n. effet, les Séphiroth ne peuvent jamais comprendre Tinfini, l'En-Soph , qui est la source même de toutes ces formes, et qui, en cette qualité, n'en a aucune : ou bien , pour me servir deS' termes consarcrés, tandis que chaque Séphiroth à un nom bien connu, lui seul n'en a pas et ne peut pas en avoir. Dieu reste donc toujours l'Être inefiEable , incompréhensible , infini, placé au dessus de tous les mondes qui nous révèlent sa présence, même le monde de l'émanation. Par là on croit échapper aussi au reproche de méconnaître l'immutabilité divine :'car, les dix Séphiroth peuvent être comparées à autant de vases de différentes formes ou à des verres nuancés de diverses couleurs. Quel que soit le vase dans lequel nous voulions la mesurer, l'essence absolue des choses demeure toujours la même ; et la lumière divine , comme la lumière du soleil , ne change pas de nature avec le milieu qu'elle travme.
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Ajoutons à cela que ces vases et ces milieux, n'ont par eux-mêmes aucune réalité positive, aucune existence qui leur soit propre ; ils représentent seulement les limites dans lesquelles la suprême essence des choses s'est renfermée elle-même, les différents degrés d'obscurité dont la divine lumière a voulu voiler sa clarté infinie^ afin de se laisser omtempler. De là vient qu'on a vojllIu recouDaître dans chaque Séphiroth deux éléments, ou plutôt deux aspects différents : Tun, purement extérieur, négatif, qui représente le corps, le vase proprement dit (^Sd); rautre» intérieur, positif , qui figure Tesprit et la lumière. C'est ainsi qu'on a pu parler de vases brisés qui ont laissé échapper la lumière divine. Ce point de vue également adopté par Isaac Loria ' et par Moïse Corduero ^, exposé par ce dernier avec beaucoup de logique et de précision , est celui , encore une fois , que nous croyons historiquement le plus exact et sur lequel nous nous appuierons désormais avec une entière confiance comme sur la base de toute la partie métaphysique^ ifi la kabbale. Après avoir ainsi établi ce principe général sur l'auto-
1. Voy. Isaac Loria, Sipher Uràuiehim { n^myx W ),iid iùit.— Cet ouvrage a été traduit par Kooir de Rosenroth et fait partie de la Kabbala denudata,
2. Voy. Pardes Rimonim (le Jardin des Grenades), fol. 21, 22, 25 et 24. Outre le mérite de la clarté que nous reconnai&sons à Corduero, il a encore celui de rapporter fidèlement et de discuter .d*une manière approfondie les opinions de ses devanciers et de ses adversaires.
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rité des textes et celle des commentaires les plus estimés, il faut . maintenant que nous fassions connaître le rôle particulier de chacune desSéphiroth^t les diverses manières dont on les a groupées par trinités et par personnes.
La première et la plus élevée de toutes les manifestations divines, en un mot la première ê^hifah, c'est la couronne "IS^^ y ainsi nommée en raison même de la place qu'on lui donne annïessus de toutes les autres. « Elle est, dit le texte, le principe de tous les prince cipes, la sagesse mystérieuse, la couronne de tout « ce qu'il y a de plus élevé, le diadème des diadèmes^.» Elle n'est pas cette totalité confuse, sans forme et sans nom, ce mystérieux inconnu qui a précédé toute chose, même les attributs^ t^lD "^K* Elle représente l'infini, distingué du fini; son nom dans l'Écriture signifie itiû, n^nkf parce qu'elle est l'être en lui-même; l'être considéré d'un point de vue où l'analyse ne pénètre pas; où nulle qualification n'est admise, mais où elles sont toutes réunies en un point indivisible» C'est par ce motif qu'on l'appelle aussi le point primitif ou par exceUence, r\UWQ ;rff>t\SWtC\ «TtlpJl. (c Quand ut l'inconnu des inconnus voulut se manifester^ il corn- <c mença par produire un point; tant que ce point lu- <c mineux n'était pas sorti de son sein, l'infini était
I. ^nnprv'^w Sd no "jnwnDT mh^h nnSy wvo Zohar, 3« part., fol. 888 verso.
ti.encore.cemplétemeQt ignoré ,et ne répandait aucune « lumière*.» C'est ce que les kabbalistes modernes ont expliqué pitf 'une concentration absolue de Dieu en sa propre substance, DIJJQJf. C'est cette concentration qui a donné naissance à l'espace, à Voir primitif (T1K YlDlp), qui n est pas un vide réel, mais un certain degré de lumière inféi^ieur à la création» Hais par céla même que Dieu, retiré sur lui-même, se distingue de tcMit ee qtai est fini, limité et déterminé; par cela même qu on ne peut pas encore dire ce qu'il est, on le désigne par un mot qui signifie iiti{b ekose, ou le iion-ètre,*^^K. i< On le nonune ainsi, dit 17dra <ou(a, parce que nous ce ne connaissons pas, et qu'il est impossible de con- • Ci naître ce qu'il y a dans ce principe; parce qu'il ne ' « deîMsènd jamais jusqu'à notre ignorance et qif il est fc au*<dessus de la sagesse elle-même'» » Nous ne pouvons pas nous empêcher de faire remarquer que Ton retrouve la même idée et jusqu'au! mêmes expressions dans Fun des plus vastes et des plus célèbres systèmes de métaphysique dont notre époque puisse se glorifier aux yeux de la postérité. « Tout commence, dit Hegel, ce par Vêtrepur, qai n'est qu'une pensée entièrement ut-
' . Zohar^ l'« part., fol. 2 recto. Nin mipa ZoAor^ i** part., fol. 15 recto.
3« part., fol. 288 verso. npK "là jusi
DEUXIÈME PAaiIE. 187
^ déterminée, «impie et hnmédiatey ear lemmi TOmmen- 4i cernent m peut pas être autre ichose.^.. Msàb cet être 4c pur n'est que la plus pure abstraction ; c'est un terme « ahaoiament négatif , qui peut aasii, n on ie M^oit « d'une manière immédiate, être appelé le non-être*.» £n£n» pour remir à noe kabbalistes, la Mule nlée de l'être, ou de l'absolu, considérée du point de vue sous lequèl nons Tenons del'en'risager, constitue nne fermç complète, ou, pour employer le terme consacré, une làte, on ^visage; ik l'appellent la têu blmuhe ( iwn K^^^nn)! parée que toutes les couleurs, c'est-à-dire toutes les notions, fous;les modes déterminés sonteoDfondus en elle, onXAnden (Kp^II}^)) parée qu'elle est la première des Sépldréth. Seulement, dims ce dernier cas, il £aut se garder de la confondre avec VAj^cim des ilussmi (]^p>nyi Kp^nV)^ c'est-à-dite i'En-^ph lui-mâme, devant lequel son éclatante lumière ^'est que ténèbres. Mais on la désigne plus généralement sous la dénomination singulière de grand ttêage^ O^SH^ ^HK; sans doute parce qu'elle renferme toutes les autres qpiatifieatîons , tous les attributs intellectuels et moraux dont on forme, par la même rai-
'î. Des rêùÊB SejfnmuM den Antog, wdlessowohl reine^ Bedanke» ils das aidbastîmmtè einftdie Unmittelbaie ist, der erete An-
fang aber nichts Vermitteltes und weiler Bestimmtes seyn kann. Dièses reine Seyn ist nun die reine Abstraction, damit das Absolutrnegative, seiches, gleichfalls umittclbar gcnommen, das Niehts
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488 ' Lk KABBALE.
son, le petit viiage, y^BStl premier, dit le
(c texte, c'est rÂncien, vu face à face, il est la téte^sucr prème, la source de toute lumière, le principe de <f toute sagesse, et ne peut être déûni autrement que
« par l'unité
Du sein de cette unité absolue, mais distinguée de
la variété et de toute unité relative, sortent parallèlement deux principes opposés en apparence, mais en réalité inséparables ; Tun mâle, ou actif, s'appelle la sagesêe^ ntZDn, l'autre passif, ou femelle, est désigné par un mot qu'on a coutume de traduire par celui d'tV»tdUgefÊeêf SISO* Tout ce qui existe, dit le texte, tout a ce qui a été formé par l'Ancien, dont le nom soit ff sanctifié, ne peut subsister que par un mâle et par « une femelle ^. » Mous n'insisterons pas sur cette forme générale, que noua retrouverons fréqueniment sur notre rout^ ; mais nous croyons qu'elle s'applique ici au sujet et à l'objet de rintelligence, qu'il n'était guère possible d'exprimer plus clairement dans une langue éminemment poétique. La sagesse est aussi nommée le père; car elle a, dit-on, engendré toutes choses*. Âu moyen des trente-deux voies merveilleuses par lesquelles elle
1. oSym obw «vn ]>S3« yi» Hnpa msn nnS»ïn ly* niDDTO ofw ïim»9D n Sa SSid mm ]rù2H w hvi . ♦3«r (3uip* fbL 8. D»J1D1 Dtis de Moite Oiidowero. 1^^^^ î. umn ym hSd HWp Np^nrr nsana tisan iSanoi» 73i
Zohar, 5« part., fol. 292 verso et 289 verso. np«
5. iDT ypT\i^ K"?D ^^apnxS N^np Kp>ny7 ht\:jv2 Jb. supr,, foi, 290 reoto. «apian IDia Qy^fm H2pW