Ib. mpr
192 U KABBALS*
« car elle vient de Tesprit. Mais en réûéchissaut à tous n ces degrés, on voit que la pensée, rintelligence, cette «I voix et cette parole, sont une seule chose, que la peu- « sée est le principe de tout ce qui est, que nulle inter- (f ruption ne peut exister en elle. La pensée elle-même (f se lie au non-être et ne s'en sépare jamais. Tel est le (c sens de ces mots : Jehovah est un, et son nom est « un*. » Voici un autre passage où l'on reconnaît facilement la même idée sous unè forme plus originale et, selon nous, plus antique : «Le nom qui signifie je suis, <c rPTIK» nons indique la réuniôn de tout ce qni est, le (c degré où toutes les voies de la sagesse sont encore <r cachées et réunies ensemble sans pouvoir se distii^ « guer les unes des autres. Mais quand il s'établit une a ligne de démarcation; quand on veut désigner la (C mère portant dans son sein toutes choses et sur le t< point de' les mettre au jour pour révéler le nom suce prême, alors Dieu dit en parlant de lui : Moi qui a iiiis, n^HK "l'tt^K*. Enfin, lorsque tout est bien formé ic et sorti du sein maternel, lorsque toute chose est à « sa place et qu'on veut désigner à la fois le particu- H lier et l'existence, Dieu s'appelle Jehovah, ou je 9uù
1" part., fol. 246 verso, sect. «nn. Ce passade étant trop long à rapporter tout entier, nous en citerons du moins les derniers
mots imSs mSn Mi^ns nn mSi mS^i KmoMi mmo mvi WTsn» hSi yH2 wpnn won navro inw tn «iwpi in
% Le mot asekir est un signe déterminatif.
BBOXltaB PARTIE. 193
« edui qui M, «THM "WK rtMK» Tels sont les my»- « tères du saint nom révélé à Moïse , et dont aucun « autrehomme no partageait avec luilaconnaiasanco^)! Le système des kabbalistes ne repose donc pas simplement sur le principe de Témanation ou sur l'unité de substance ; ils ont été plus loin, comme on voit : ils ont enseigné une doctrine assez semblaUe à celle que les métaphysiciens du Nord regardent aujourd'hui comme la plus grande gloire de notre temps, ils ont cru àTiden* tité absolue de la pensée et de l'existence ou de Tidéal et du réel ; et par conséquent le monde, comme nous le Terrons plus tard, ne pouyait être à leurs yeux que Tex-fNression des idées ou des formes absolues de l'intelligence : en un mot, ils nous laissent entrevoir ce que peut la réunion de Platon et de Spinosa* Afin qu'il ne reste aucun doute sur ce fait important, et poiir montrer en même temps que les plus instruits parmi les kabbalistes modernes sont restés fidèles aux traditions de leurs prédécesseurs^ nous allons ajouter aux textes que nous avons traduits du Zùhar uh passage très remarquable des commentaires de Corduero. « Les trois u preaiières S^hiroth, à. savoir : la couronne^ la sai< gesse et l'intelligence, doivent être considérées comme •( une seule et même chose. La première représente la (( connaissance ou la science^ la seconde ce qui connaît,
1. nom in»4tT inna n^nn p»BH inaS hSdt mSSs ht n>nn 9*{iart., foL es verso, sect. mo virm* nw •«« n^miti nni Tn
4d4 LA KABBALE.
.KAt Id tiqi«ièm xe qui «est connu* .Pour B'^pliquer .« cette identité, il faut savoir que lascience du créateur a *n*wA paa couuue celle deaoréator^ ; .car , chez cellea- .fc oi, la fioience est distincte du sujet de la science et ,v iportesur 4ei» objeta quii à leur^tour^ gedistingoeiit j( 4u8ujet. C'est cela qu'on désigne par ces trois termes : ji }li.peD«é6,.Qeqttip«i8Q» et eequitetpÉDaé. Au.imH ,f( jLr^rCj le qréateureat lui-même tout à la fois la conj< unHmMW ejfcrce.qui wmmtfc.Qi te qui eat tfonim. fiii t(c effet, sa mauière de connaître ne consiste pas à ap^ .u pliquer aa peuaéerà daa ehoMi qui tout hpn de lui ; j( .plesjb en a^ 0QnnfUfi$ant et en se sachant luif^méme jc ,qu'il connaît ei «persil-tout oe <pii est. Rien ufesistp u . qui ae soit usii à lui et qu'il ne trouve dans aa propre irraubitanee. Il ^ le type (D^Sn? typtu ) de tout Atve^ ji. et toutes ohoeea exiateut.en.luiaoua leur forme la u plus pure et la plus aïooomplie; de telle sorte que f< la perfeotiQQ .d#s créatures est dans cette exiatence f< même, par laquelle elles^se trouvent unies à k eourœ n de Jour être S . à mesute qu'elles a!en éloi^enti ic« elles déchoient de cet état si parfait et si sublime, ce C'est «însi que toutea.lea eodstenees de^ce^sMuide ont
irjeurfome dans les Séphiroth , et les Séphiroth dgne fr latmvce4onteUee :é]naQM4^'. il L^s sept jattribttts dont il nous reste encore à parler,
•S» ^ûfdtê AjMoiiAiiy fol* isa feelo* •
et que les kabbalistes modernes ont appelés les Séphi- Wh df fa eoiMfniéfNHt (]>J3n rvr^fiD) , uae doute parçet qu'ils servent plufi immédiatement à TédiiicatiQn cbi mopdoi se déreloppent^ eomme le» précédents, aoue {Qrme.de jtrioité^ dans chacune desquelles deux, eiLtr^ m/ès 8opt unis par un terme moyen* Du sein .de la pensjse divine , arrivée pour.dbrmâme à sa plus .copir p^Me manifestation , sortent d'abord deux principes op» po9é9,iriui actif ou mâle^rautare Cameileou passif: ^ trouve dans la grâce ou dans la miséricorde , nDH^ le ^araetèca du premier ; leaeeond est représenté parla justice , l^i. Mais il est facile de voir par le rôle qu'elles jouent dana L'ansemble du .système que cette pàae et cette justice ne doivent pas être prises à la lettre; il s'agit l>i(ni.^utôt de ae que nous appellerions TexpaiH sion et la concentration de la volonté. En eiTet, c'est ^ da la pmmière cpie sortrat les &mes TÎrilesotdo.la seconde les âmes féminines. Ces deux attributs sont aussi noBoonés les deux bras de laDivioiié : l'un donne la vie et l'autre la mort. Le monde ne saurait subsister s'ils restaient fléparés; il est même impossible qu'ils a'^axwcent séparément, car, selon l'expression originale, il n'y a pas de justiee sans grâce; aussi Tont-elles sa réunir dans un centre commun qui est la beauté, mKfiTI 9 et dont l<e symbole matériel est la poitriiie le eo&ur ^
5* paru, foJ. 145 verao. ♦cm n>a im mS'î hj»7 n»Si
196 LA lABBALB.
ua fait a9sez remarquable que le beau soit considéré comme TexpreBsioii et le résultat de toutes les qualités morales , ou comme la somme du bien. Les trois attributs suivants sont purement dynamiques , c'est-4rdire qu'ib nous représentent la Divinité comme la cause, comme la force universelle, comme le principe générateur de tous les êtres. Les deux premiers qui représentent dans cette nouvelle sphère le principe mâle et le principe femelle sont appelés, conformément à un texte de l'Écriture, le triomphe, nJÎJ, et lagloire, TlTI* H serait assez difficile de trouTW le seiis de ces deux mots s'ils n'étaient suivis de cette définition : (c Par le triomphe et la gloire on comjmnd Tex- « tension, la multiplication et la force ; car toutes les ce forces qui naissent dans Tunivers sortent de leur c( sein, et c'est pour cela que ces deux Séphiroth sont fc appelées les armées de TÉtemel ^ » Elles se réunissent dans un principe commun, ordinairement représenté par les organes de la génération, et qui ne peut signifier autre chose que l'élément générateur ou la source, la racine de tout ce qui est. On le nomme, pour cette raison, le fondement ou la base , TO* « Toute (c chose, dit le texte, rentrera dans sa base conune elle
3« pan., fol. 296 recto Kini
i. ^psai yh^yn SsT wasn» ina v^hm^ mann mou bai Zohar, 3- T»m Tuta ^wn^i mn3X ]npn ^3 |»Mn ^tpea \\epx part., fol. S96 recto.
DEUXIÈME PAETIE. 197
« en est sortie. Toute la moelle, toute la sève, toute la (Y puissance est rassemblée en ce lieu. Toutes les forces a. qui existent sortent de là par Torgane de lagénération.» Ces.trois attributs ne forment aussi qu'un seul visage, qu'une seule face de la nature divine, celle qui est représentée dans la Bible par le dieu des armées ^ . Quant à la dernière des Séphiroth, ou la rayatué, noSlDf tous les kabbalistes s'accordent à dire qu'elle n'exprime aucun attribut nouveau, mais seulement Tharmonie qui existe entre tous les autres et leur domination absolue sur le monde.
Ainsi ^ les dixSépbiroth, qui forment dans leur ensemble l'homme céleste, Thomme idéal , et ce que les kabbalistes modernes ont appelé le mondedetémanalion^ mS^K ^yjf, se partagent en trois classes, dont char cune nous présente la divinité sous un aspect différent, mais toujours sous la forme d'iine trinité indivisible. Les trois premières sont purement intellectuelles ou métaphysiques; elles expriment l'identité absolue de l'existence et de la pensée, et forment ce que les kabbalistes modernes ont appelé le monde inUiUig&ple {hs^fHû qSiV ) : celles qui les suivent ont un caractère moral; d'une part, elles nous font concevoir Dieu* comme l'identité de la bonté et de la sagesse ; de l'autre, elles nous montrent dans la bonté ou plutôt
i. tnpn nwM w VD> tnpH nsia Sst iiov»d »ii3Ti nan
1^. Mfir. 11D>
198 LA EABB4LK.
dans le bien suprême Torigine de la beaiité et de la magnificence. Aussi les ar-Uon nommées ki tMitlif (rmD) ou le monde êlMuibh (WA^TID ch<p) dana racception la plus élevée du mot. Enfin , nous appre- Q0II8 par les dmiieiii de ces altribuis que la pravidenoe uniTerselle, que Tartiste suprême est aussi la force absolue, la cause tout^puissaute, et que cette mtÉt est eu même temps l'élément générateur de tout ce qui est. Ce sont eeà dernières Séphirotb qui constituent le monde naturel ou la nature dans son essence et dans son principe, naturanaiurani (y3t9*01 dSlV)* Voici maintenant eu quels termes on cbercbe à ramener ces asl^eets divm i l'unité et par conséquent à une ttinité suprême : u Pour posséder la seience de l'unité sainte, (c il fmi regarder la flamme qui s'élève d'un btnsier « ou d une lampe allumée : on y voit d'abord deux lu-
(c mièrefir, Tune éelataute de blancheur , Tautre noire u ou bleue; la lumière blanche eçt au-dessus et s'élève (f en ligne droite; Ia lamièi<e noire est an^essbue et (C semble être le siège de la première : elles sopt oepeu- H dant si étroitement unies l'une à l'autre, qu'elles ne cr forment qu'une seule flamn^e. Mats le siège formé par c# la lumière bleue ou noire s'attache à son tour à la « matière enflammée qui efrt endore aindessons d'dilew « Il faut savoir que la lumière blanche ne change pas ; (C elle conserve toujours la couleur qui lui est propre ;
i. Voy. PoNè» Atmontm, fol. 06 veiso, I" ool.
(c mais OQ distingua plusieurs nuances dans oelle qui ir est auHhssons : e^tta derniàiiB. prend «it oatre deux « directions opposées ;» elle s'attache en haut à la lufc mdiÉe^ blaïiclie et en bto à la nAtière enflamniée; 9 Kais cette matière est sans cesse absorbée dans soU' (t sein>. et dlMnénie romonte eonstatttaient'Ten tekH- Cl mière supérieure* C'est ainsi que tout rentre dans
•f l'unîté, nn nmvi ■ntfpnK kSdi * . » P«a^ qu'il ne
reste aucun doute sur le sens de cette allégorie , nousajoutenma que^ âemB une autre partie du Zoker, elleest. reproduite presque littéralement pouD expliquer la nature de l'âme humaine qui, elle aussi, forme une trinité, image affitiblie de la trinité suprême»
Cette dernière espèce de trinité, qui comprend ex-* pUcitement toutes les autrei^ et aota offire^ en fésuaié» toute la théorie des Séphiroth, est aussi celle ^i joue le plus grand rôle dans le Zokar, Elle etf exprimée^ comme les {décédantes, par trois termes seulemeiH»* diMtt ehaenii a déjà été présenté eemme* le eeatM' , conune la plus haute manifestation de l'une des trinités sobofdoBnéee: panni les attributs- métaphysiques, c'est la^eouroime; parmi les attributs moraux, la beauté; c'est 1m roj^uté parmi les attribols iiïférieim. Mâis qu'est^^e la couronne dans le langage allégorique de la kabbale? e'^st la substaoee, l'itre^ m et àbselîi* Qu-'eat^ que la beauté? c'esti comme le dit eatpres-»