Deuter. cluip. d4, v
2. Zohar, r« part., fql. ^ vecsû. — Ce morceau a été Uaduit en latin \iar Joseph Voysin. '
DEUXIÈME PAailfi. 239
ou l'expression la plus complète. L'Adam céleste, étant le résultat d uo principe mftkei d'un principe femèUe, il a fallu qu'il en fût de même de Thomme terrestre; et celte distinction ne sapplique pas seulement au corps, mais aussi, mais surtout à râme, dût-on la considérer dans son élément le plus pur. cr Toute forme, (c dit le ZoAar^ dans laquelle ou ne trouve pas le prinu cipe mftie et le principe femelle, n'est pas une forme u supérieure et complète. Le Saint,, béni soit-il, u'éta^ ce btit pas sa demeure dans un lieu où ces deux prinu cipes ne sont pas parfaitement unis; les bénédictions fr ne descendent que là où cette union existe, comme fc noils rapprenons par ces paroles : U le$ bémU et. il (( appela leur nom Adam le jour où il ^es créa; car u même le nom d'homîne ne peut se dcmner qu'à un « homme et à une femme unis comme un seul être^» De même que Tàme tout entière était d'abord oon«fondue avec Finteiligence suprême, ainsi ces deux moitiés dé l'être humain, dont diacune du reste oompreiid tous les éléments, de APtre nature spirituelle, se trouvaient unies entre elles avant de venir dans œ monde, où elles n!ont été envoyées que pour se reconnaître et s'unir de nouveau dans le sein de Dieu. Cette idée n'est exprimée nulle part aussi nettement que dans le frag^ ment qu'on va lire : « Avant de TMÎr dan« ce monde,
i, Hspvivinm ihS itapi» lyr.Ta mr\w hSi Hapm Sd HiHD H3p«i 1DT hSh hpi» iA DiH iS»sn m npiD nnSv
i** part., foL S5 verso, sect. nttna
« chaque âme et chaque esprit &e compose d'un homme ce et d'une femme réunis en un seul être; en déscenu dant sur la terre, ces deux moitiés se séparent et tt yont aoiiùôr des côrps différents. Quand le temps du « mariage est arrivé^ le Saint, béni soit-il, qui connaît c( toutes les âmes et tous les esprits, les unit comme c( auparavant, et alors ils fornuent comme auparavant it un seul corps et une seule âme...» Maii» ce lien est ic conforme aux œuvres de l'homme et aux voies dans « lesquelles il a mardié. Si Thomme est pur et s'il agit fi€ pieusement, il jouira d'une union tout à fait sem- {( blable à celle qui a précédé sa naissance * . » L'auteur 4e ces lignes peut avoir entendu parler des Androgyn» de Platon : d'ailleurs, le nom même de ces êtres imagi^ nàires est très coniiu dans les, anciennes tradition^ des Hébreux; mais combien sur ce point le philosophe grec est demeuré au-dessous du kabbalistel On nous permettra aussi de faire observer que la question dont on est ici préoqftupé, et' même le principe par lequel elle est résolue, ne sont pas indignas d un grand système de métaphysique; car si l'homme et là femme sont deux êtres égaux par leur nature spirituelle et par les lois absolues de la moirale, ils sont loin d^ètre semblables par la direction naturelle de leurs facultés, et Ton a quelque raison dé dire avec le Zohar qae là dis*
1" part., fol. 9i voÈBo: caïav
BBUXlàMB PÀ&TIE» 24l
tinction des sexes u eidste pas moins pour les âmes que pour les corps.
La croyance que nous venons d'exposer est insépar rable du dogme de la préexistence, et celui-ci, d^à renfermé dans la théorie des idées, s ench^ne encore plus étroitement à* celle qui confond l'existence et la pensée. Aussi ce dogme est-il avoué avec toute la clarté possible, à côté même du principe où il prend sa source. Nous n'avons do^c qu'à continuer notre modeste rôle de traducteur : « Dans le temps où le Saint, béni soitce il, voulut créer Tunivers^ l'univers était déjà présent « dans sa pensée; alors il forma aussi les âmes qui de- « vaient dans la' suite appartenir aux hommes; elles « étaient toutes devant lui , exactement sous la forme ce qu'elles devaient avoir plus tard dans le corps hu- « main. L'Éternel les regarda une à une , et il en vit ce plusieurs qui devaient corrompre leurs voies dans ce ce monde. Quand son temps est venu^ chacune de ces ce âmes est appelée devant rÉtemel qui lui dit : Va, « dans telle partie de la terre^ animer tel ou tel corps. u L'ftmte lui répond : 0 maître de l'univers, je suis heu- « reuse dans le monde où je suis, et je désire ne pas le ce quitter pour un autre où je serai asservie et exposée ce à toutes les souillures. Alors le Saint, béni soit-il, rece prend : Du jour où tu as été créée, tu n'as pas eu ce d'autre destination cpie d'aller dans le monde où je ce t'envoie. Voyant qu'il faut obéir, Tâme preûd avec
n douleur le chemin de la terre et vient descendre au
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ce milieu de nous*. » A côté de cette idée^ exprimée 8008 une fonne plus simple, nous, trouvons dans le pas^ sage suivant la doctrine de la réminiscence : « De même i< qu'avant la création, toutes les choses de ce inonde u étaient présentes à la pensée .divine, sous les formes (c qui leur sont propres, ainsi toutes les ftmes humaines» c( av^t de descendre dans ce monde, existaient defc vaut Dieu, dans le ciel, sous la forme qu'elles ont cona servée ici-bas; et tout ce quelles apprennent sur la terre, (f dlei i$ eawnimi enemt ty ofricer*. » On regrettera peut-être avec nous qu'un principe de cette importance ne soit pas suivi de quelques développements et ne tienne pas plus de place dans rensemble du système; mais on sera forcé de convenir qu'il ne peut pas être formulé d'une manière plus catégorique^
Il faut cependant que nous nous gardions de confondre la doctrine de la préexistence avec celle de la prédestination morale. Avec celle-ci, la liberté humaine est entièrement impossible ; avec célle-làellen'est qu'un mystère, dont le dualisme païen et le dogme biblique de la création ne sont pas plus propres à lever le voile que la croyance à Tunité absolue. Ov, ce mystère est formellement reconnu dans le Zohar : ir Si le Seigneur,
4. T>3fi n»Dp Knv;i:2 pho hdSv nanS nipn «n7 «jan 2« part., fol. 96 nui hv2 im ;iiTDb pj^T ynum^ h2
verso, sect. D'ISSUD
3^ part., fol. ei verao, sect. T\ro nm
DBUXI&HB pàetib. 243
<c dit Simon ben Jochaî à ses disciples, si le Samt, béni
(( soit'ilj D avait pas mis eu nous le bon et le mauvais ir désir, qae rÉcriture nous représente sous l'image de « la lumière et des ténèbres, il n'y aurait, pour l'homme « de la eréation (pour l'homme proprement dit), ni <( mérite ni culpabilité. Mais pourquoi en est-il ainsi? « demandèrent les disciples. Ne vaudrait-il pasmieux, u qpand même il n'existerait pour lui ni récompense <r ni châtiment, que Thomme fût incapable de pécher cr et. de faire le mal? Kon, répliqua le maître ; il était c< juste qu'il fût créé comme il est, et tout ce qu'a fait H le Saint, béni soit-il, était, nécessaire. C'est à cause « de l'homme qu'a été faite la loi de la eréation. Or, c< la loi est un vêtement de la Divinité. Sans i'honune (c et sans la loi, la présence divine eût été comme un «.pauvre .qui n'a pas de quoi se couvrir^» » £n d'autres termes, la nature morale de l'homme, l'idée du bien et du mal, qu'on ne saurait concevoir sans la liberté, est une des formes sous lesquelles nous sommes obligés de nous représenter l'être absolu. Nous avons, il est vrai , appris un peu plus haut que déjà , avant leur arrivée dans ce monde. Dieu reconnaît les âmes qui doivent un jour l'abandonner; mais la liberté n'est pas compromise par cette opinion; au contraire , elle