‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 100 sur 202 · part., fol. 130 verso, sect. 91m · texte numérisé non relu

part., fol. 130 verso, sect. 91m

dans un sens plus élevé, peuvent paraître indignes de trouver place dans un travail sérieux ; mais d’abord, en ne faisant connaître du système contenu dans le Zohar que les aperçus les plus brillants et les mieux fondés, en écartant avec soin tout ce qui peut heurter nos habitudes intellectuelles, nous manquerion: le seul but que nous nous soyons proposé; nous serions infidèle à la vérité historique. Ensuite nous avons remarqué que des rêveries pareilles sont sorties plus d’une fois du même principe et qu’elles n’ont pas toujours été le partage des plus faibles intelligences. Platon et Pythagore en ont été bien près; et d’un autre côté, tous les grands représentants du mysticisme, tous ceux qui ne voient dans la nature extérieure qu’une vivante allégorie, ont adopté, chacun selon la mesure de son intelligence, la théorie des nombres et des idées. C’est aussi comme une conséquence de leur système général de métaphysique, ou, s’il nous est permis de nous servir ici du langage philosophique de nos jours, c’est en vertu d'un jugement à priori que les kabbalistes ont admis la physiognomonique , dont le nom était du reste déjà connu dans le siècle de Socrate. « La physionomie, « disent-ils, si nous en croyons les maîtres de la science « intérieure, SINOJA NTA217 VND, ne consiste pas « dans les traits qui se manifestent au dehots, mais « dans ceux qui se dessinent mystérieusement au fond « de nous-même. Les traits du visage varient suivant «-la forme imprimée au visage intérieur de l'esprit ;

DEUXIÈME PARTIE. 221 « l'esprit seul produit toutes ces physionomies que con- « naissent les sages : c’est par l'esprit qu’elles ont un « sens. Quand les esprits et les âmes sortent de l’Eden « (c’est ainsi qu'on appelle souvent la sagesse suprême), « ils ont tous une certaine forme qui plus tard se réfléchit « dans le visage‘. » À ces considérations générales succèdent un grand nombre d'observations de détail dont quelques-unes sont encore aujourd'hui généralement accréditées. Ainsi, un front large et convexe est le signe d’un esprit vif et profond , d'une intelligence d'élite. Un front large, mâis aplati, annonce la folie ou la sottise ; un front qui serait en même temps plat, comprimé sur les côtés et terminé en pointe, indiquerait infailliblement un esprit très borné, auquel pourrait se joindre quelquefois une vanité sans mesure *. Enfin tous les visages humains sont ramenés à quatre types principaux, dont ils s’éloignent ou se rapprochent, selon le rang que tiennent les âmes dans l’ordre intellectuel et moral. Ces types sont les quatre figures qui occupent le char mystérieux d’Ézéchiel, c’est-à-dire celles de l'homme, du lion, du bœuf et de l'aigle *.

Il nous a semblé que la démonologie adoptée par les kabbalistes n’est qu’une personnification tout à fait réfléchie de ces différents degrés de vie et d'intelligence

4, 2 part., fol. 75 verso.

Page 1