b. supr., fol. 73-75 recto
3. 2% part., 03 933 910 39 19 N 935 DIN 732 NONT NIVY fol. 73 verso, et seq.
qu'ils apercevaient dans toute la nature extérieure. La croyance aux démons et aux anges avait depuis longtemps pris racine dans l'esprit du peuple comme une riante mythologie à côté du dogme sévère de l'unité divine. Pourquoi donc ne s’en seraient-ils pas servis pour voiler leurs idées sur les rapports de Dieu avec le monde, comme ils se sont servis du dogme de la création pour enseigner tout le contraire; eomme ils se servaient enfin des textes de l’Écriture pour se mettre au-dessus de l’Écriture et de l’autorité religieuse? Nous n'avons trouvé en faveur de cette opinion aucun texte entièrement à l’abri du doute; mais voiei quelques raisons qui la rendront au moins très probable: d’abord, dans les conversations intimes de Simon ben Jochaï avec ses disciples, c'est-à-dire dans les trois fragments principaux du Zohar, dans les deux Jdras et le Livre du mystère, il n’est jamais question, sous quelque forme que ce soit, de cette hiérarchie céleste ou infernale, qui n'était vraisemblablement qu'un souvenir de la captivité de Babylone; ensuite, lorsque dans les autres parties du Zohar on parle des anges, on les représente comme des êtres bien inférieurs à l’homme, comme des forces dont l'impulsion aveugle est constamment la même. Nous en offrons un exemple dans ces mots : « Dieu anima d'un esprit particulier chaque « partie du firmament; aussitôt toutes les armées cé- « lestes furent formées et se trouvèrent devant lui. « C’est ainsi qu'il faut expliquer ces paroles : Avec le
« souffle de sa bouche, il créa toutes les armées. Les « esprits saints, qui sont les messagers du Seigneur, ne « descendent que d’un seul degré; mais dans les âmes « des justes il y a deux degrés qui se confondent en « un seul: c’est pour cela que les âmes des justes mon- « tent plus haut, et que leur rang est plus élevé ‘. » Les thalmudistes eux-mêmes, malgré leur attachement à la lettre, professent le même principe : « Les justes, « disent-ils, sont plus grands que les anges ?. » Nous comprendrons encore mieux ce qu'on a voulu dire par ces esprits qui animent tous les corps célestes et tous les éléments de la terre, si nous prenons garde aux noms et aux fonctions qui leur sont donnés. Avant tout, il faut écarter les personnifications purement poétiques, dont le caractère ne peut exciter le moindre doute; ettels sont tous les anges qui portent le nom, soit d’une qualité morale, soit d’une abstraction métaphysique : par exemple, le bon et le mauvais désir (SN 92° + V1 8), que l’on fait toujours agir sous nos yeux comme des personnes réelles, l'ange de la pureté (Tahariel), de la miséricorde (Rachmiel), de la justice (Tsadkiel), de la délivrance (Padaël ), et le fameux Raziel, c’est-àdire l’ange des secrets, qui veille d'un œil jaloux sur les