‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 111 sur 202 · part., fol. 99 verso et seq., sect. D'TEUN · texte numérisé non relu

part., fol. 99 verso et seq., sect. D'TEUN

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petit nombre d'élus : abscondttè quasi in fôveis viperarum versart, et quasi hæredttario malo serpere in paucis !. Origène la considère comme le seul moyen d'expliquer certains récits bibliques, tels que la lutte de Jacob et d'Ésaü avant leur naissance, tels que l'élection de Jé-

. rémie, quand il était encore dans le sein de sa mère,

et une foule d’autres faits qui accuseraient le ciel d'iniquité, s'ils n'étaient justifiés par les actions bonnes ou mauvaises d'une vie antérieure à celle-ci. De plus, pour né laisser aucun doute sur l’origine et le vrai earactère de cette croyance, le prêtre d'Alexandrie a soin de nous dire qu’il ne s’agit pas ici de la métempsycose de Platon, mais d’une théorie toute différente et bien autrement élevée *.

Outre la métempsyeose proprement dite, les kabbalistes modernes ont imaginé encore un autre moyen offert par la grâce divine à notre faiblesse, pour nous aider à reconquérir le ciel. Ils supposent que lorsque deux âmes manquent de force pour accomplir, chacune séparément, tous les préceptes de la loi, Dieu les réunit dans le même corps et les confond dans une même vie, afin qu’elles secomplètent l’uné par l'autre comme l'aveugle et le. paralytique. Quelquefois c’est une seule de ces deux âmes qui a besoin d’un supplément de

4. Hieronym. epistol. ad Demetriadem. Voir aussi Huet, Origeniana.

2. Dept épyüv, Liv. 1, chap. 7. OÙ xara IMAdreuvos pirevowudræotv, 41 xar” Gin riva bbmaorépav Ocupiav, Ado. Celsum, liv. 3.

vertu et qui vient le chercher dans l'autre, mieux partagée et plus forte. Celle-ci devient alors comme la mère de la première; elle la porte dans son sein et la nourrit de sa substance comme une femme le fruit de ses entrailles. De là le nom de gestation ou d’imprégnation (*9°ÿ) sous lequel on désigne cette association étrange, dont le sens philosophique, s’il y en a un, est très difficile à deviner ‘. Mais laissons ces rôveries, ou si l'on veut, cesallégories sans importance, et tenonsnous-en au texte du Zohar.

Nous savons déjà que le retour de l'âme dans le sein de Dieu est à la fois la fin et la récompense de toutes les épreuves dont nous venons de parler. Cependant les auteurs du Zohar n'ont pas voulu s'arrêter là : eette union, dont résultent pour le créateur aussi bien que pour la créature des jouissances ineffables, leur a semblé un fait naturel, dont le principe est dans la constitution même de l'esprit; en un mot, ils ont voulu l’expliquer parun système psycologique, qu'onretrouvesans exception au fond de toutes les théories enfantées par le fnysticieme. Après aÿoir retranché de la nature humaine cette force aveugle qui préside à la vieanimale,

4. Ce mode de transmigration a particulièrement occupé Issac Loria, comme le témoigne son fidèle disciple "Haim Vital dans son Ets ’Haëm, Traïté de la Métempsycose (015139a 20) chap. 1. Moïse Corduero, plus réservé et toujours plus près du Z'eñar, en parle très peu.

qui ne quitte jamais la terre ‘ et par conséquent ne joue aucun rôle dans les destinées de l’âme, le Z ohar distingue encore deux manières de sentir et deux sortes de connaissances. Les deux premières sont la crainte et l'amour : la lumière directe et la lumière réfléchie, ou la face interne et la face extérieure ; telles sont les expressions par lesquelles on désigne ordinairement les deux dernières. « La face intérieure, dit le texte, re- « çoit la lumière du flambeau suprême, qui luit éter- « nellement, et dont le mystère ne saurait jamais être « dévoilé. Elle est intérieure, parce qu'elle vient d’une « source cachée ; miais elle est aussi supérieure, parce « qu'elle vient directement d'en haut. La face exté- « rieure n'est qu'un reflet de cette lumière, directe- « tement émanée d'en haut*. » Lorsque Dieu dit à Moïse qu'il ne le verra pas en face, mais seulement par derrière, il fait allusion à ces deux manières de connaître , que représentent aussi, dans le paradis terrestre, l'arbre de vie et celui qui donnait la science du bien et du mal. C’est, en un mot, ce que nous appellerions aujourd hui l'intuition et laréflexion. L'amour et la crainte, considérés du point de vue religieux, sont

4. 47 part, 297 na noabanos nap 3 nrnonwn we: fol. 83 verso, sect. 4 0; 2 part., fol. 441 verso, sect. 501n

2. ® part., fol. 208 verso. Ces deux sortes de connaissances s'appellent le plus souvent le Msroir lumineux, n°5713 HE DDR et le Miroir non-lumineuc, N°n3 nÜT NY19EDDN" Sous ces deux noms elles sont quelquefois mentionnées dans le Thalmud.

définis d’une manière très remarquable dans le passage suivant : « C’est par la crainte qu’on est conduit à l’a- « mour. Sans doute, l’homme qui obéit à Dieu par « amour est parvenu au degré le plus élevé, et appar- « tient déjà, par sa sainteté , à la vie future; mais il « ne faut pas croire que, servir Dieu par crainte, ce « ne soit pas le servir. C’est, au contraire, un hommage « très précieux que celui de la crainte, bien qu'il éta- « blisse entre Dieu et l’âme une union moins élevée. Il «n'y a qu'un seul degré plus élevé que la crainte, « c’est l'amour. Dans l'amour estle mystère de l'unité. « C’est lui qui attire les uns vers les autres les degrés « supérieurs et les degrés inférieurs; c'est lui qui « élève tout ce qui est à ce degré suprême, où il est « nécessaire que tout soit uni. Tel est le sens mysté- « rieux de ces paroles : Écoute, Israël, l'Éternel notre « Dieu est un Dieu un !. » |

Nous comprenons sur-le-champ qu'une fois arrivé au dernier terme de la perfection, l'esprit ne connaît plus ni la réflexion ni la crainte; mais sa bienheureuse existence, entièrement renfermée dans l’intuition et dans l’amour, a perdu son caractère individuel; sans intérêt, sans action, sans retour sur ellemême, elle ne peut plus se séparer de l'existence divine. Voici, en effet, comment elle est d’abord repré-

1. parnn nann 130 nôp7 NO nan on25 ynn nn 2 part., fol. NN7 ROÔYT AWITPA PATNNT N9Y0 TNOP NN 246 recto, sect. apr

sentée sous le point de vue de l'intelligence : « Venez « et voyez: quand. les âmes sont parvenues dans le « lieu qu’on appelle le trésor de la vie, elles jouissent « de.cette lumière brillante, 12% FRONPEON, dont « le foyer est dans le ciel suprême : et telle est la splen- « deur qui en émane, que les âmes ne pourraient la « soutenir, si elles n'étaient elles-mêmes revêtues d’un « manteau de lumière. C’est grâce à ce manteau qu’elles « peuvent subsister en face du foyer éblouissant qui « éclaire le séjour de la vie. Moïse lui-même n'a pu « en approcher, pour le contempler, qu'après s'être « dépouillé de son enveloppe terrestre ‘, » Voulonsnous savoir à présent comment l'âme s’unit à Dieu par l'amour, écoutons ces paroles d'un vieillard, à qui le Zohar a donné le rôle le plus important après celui de Simon ben Jochaï : « Dans une des parties les plus « mystérieuses et les plus élevées du ciel, il y a un pa- « lais qu'on appelle le palais de l'amour, F5 Env : « là se passent de profonds mystères ; là sont rassem- « blées toutes les âmes bien-aimées du Roi céleste; « c’est là que le Roi céleste, le Saint, béni soit-il, « habite avec ces âmes saintes et s’unit à elles par des « baisers d’amout, 422997 vPw2 2, » C'est en vertu de cette idée que la mort du juste est appelée un batser

1. TA pains on mr nr nnb pnous ppho +2 nn 4re part., fol. 66 recto, sect. n3 “4137 R)PEDNT 2. NIPNT NTI NID MIN NYDU NJIPI NOYPN ND 112 2 part., fol. 97 recto, sect. DrcowS arm born

de Dieu. « Ce baiser, dit expressément le texte, c’est « l'union de l’âme avec la substance dont elle tire son « origine ‘.» Le même principe nous fait comprendre ‘pourquoi tous les interprètes du mysticisme ont en si grande vénération les expressions tendres , mais souvent très profanes, du Cantique des cantiques. « Mon « bien-aimé est à moi et je suis à mon bien-aimé , » dit Simon ben Jochaï avant de mourir? ; et, chose assez digne d'être remarquée, cette citation termine aussi le traité de Gerson sur la théologie mystique. Malgré la surprise que pourraient causer le nom justement célèbre que nous venons de prononcer , et le grand nom de Fénelon, placé à côté de ceux qui figurent dans le Zohgr, nous n’aurions aucune peine à démontrer que dans les Considérations sur la théologie mystique et dans l'Exphcation des maximes des saints, il est impossible de trouver autre chose que cette théorie de l’amour et de la contemplation dont nous avons voulu montrer les traits les plus saillants. En voici enfin la dernière conséquence que tout le monde n’a pas avouée avec la même franchise que les kabbalistes. Parmi les différents degrés de l'existence (qu’on appelle aussi les sept

4. {re part., fol. N72Y2 NODIT NN1DYAT 117 npry2n NA 468 recto.

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