CHAPITRE I
QUELS SONT LES SYSTÈMES QUI OFFRENT QUELQUE RESSEMBLANCE AVEC LA KABBALE. — RAPPORT DE LA KABBALE AVEC LA PHILOSOPHIE DE PLATON.
Les systèmes qui, par leur nature comme par l’âge qui les a vus naître, peuvent nous sembler avoir servi de base et de modèle à la doctrine ésotérique des Hébreux, sont, les uns philosophiques, les autres religieux. Les premiers sont ceux de Platon, de ses disciples infidèles d'Alexandrie et de Philon, qu'il nous est impossible de confondre avec eux. Parmi les systèmes religieux, nous ne pouvons citer en ce moment, et cela d’une manière générale, que le christianisme. Eh bien, je me hâte de le dire, aucune de ces grandes théories de Dieu et de la nature ne peut nous expliquer l’origine des traditions dont nous avons précédemment pris connaissance. C’est ce point si important que nous établirons d’abord. |
Qu'il y ait une grande analogie entre la philosophie
| platonicienne et certains principes métaphysiques et | cosmologiques enseignés dans le Zohar et le Livre de la
création, personne ne pourra le nier. Nous vayons des deux côtés l'intelligence divine ou le Verbe former l’univers d’après des types éternels renfermés en luimême avant la naissance des choses. Nous voyons des deux côtés les nombres servir d’intermédiaire entre les idées, entre la pensée suprême et les objets qui en sont dans le monde la manifestation incomplète. Des deux
: côtés enfin, nous rencontrons les dogmes de la préexis-
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tence des âmes, de la réminiscence et de la métempsycose. Ces diverses ressemblances sont tellement évidentes que les kabbalistes eux-mêmes, j'entends les kabbaelistes modernes, les ont reconnues; et pour les expliquer, ils n'ont rien imaginé de mieux que de faire de Rlaton un disciple de Jérémie, comme d’autres ont fait d’Aristote un disciple de Simon. le Juste’. Mais qui oserait conclure de ces rapports superficiels que les œuvres du philosophe athénien ont inspiré les premiers auteurs de la kabbale, et ce qui serait encare:un plus grand sujet d'étonnement, que cette science d'origine étrangère, sortie de la tête d’un païen, sait entourée par
4. Ari-Nohem de Léon de Modène, chap. 15, pag. 44. D’autres ont prétendu qu'Aristote, ayant été en Palestine à la suite d'Alexandre le Grand, y a connu les livres de Salomon qui lui ont fourni les principaux éléments de sa philosophie. Voyez 1310 ‘9° a de R. Meir Aldoli.