‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 116 sur 202 · EL PR · texte numérisé non relu

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œen av 7

tion des choses, entre le fini et l’infini, entre toute existence particulière et sa limite, entre les extrémités les plus éloignées de l'échelle des êtres. Ce dogme fondamental, que le Zohar traduit quelquefois par des expressions profondément philosophiques, se montre déjà dans le Sepher tetzirah sous une forme assez bizarre, assez grossière, mais en même temps assez claire pour qu'il soit permis de croire à son originalité, ou du moins pour qu'il ne le soit pas d'invoquer lintervention du philosophe grec. Comparons-nous entre elles la théorie des idées et celle des Sephiroth, avec les formes inférieures qui en découlent? Nous les trouverons séparées par la même distance, et l'on ne comprendrait pas qu’il en fût autrement, en apercevant d’un côté le dualisme et de l’autre l'unité absolue. Platon, ayant mis un abîme entre le principe intelligent et la substance inerte, ne peut voir dans les idées que les formes de l'intelligence; je veux parler de l'intelligence suprême dont la nôtre n’est qu’une participation conditionnelle et limitée. Ces formes sont éternelles et incorruptibles comme le principe auquel elles appartiennent, car elles sont elles-mêmes la pensée et l'intelligence; par conséquent, sans elles point de principe intelligent. Dans ce sens, elles représentent aussi l'essence des choses, puisque celles-ci ne peuvent exister sans forme ou sans avoir reçu l'empreinte de la pensée divine. Mais tout ce qui est dans le principe inerte, et ce principe lui-même, elles ne peuvent pas le représenter; et cependant, si ce

principe existe, s’il existe de toute éternité comme le premier, il faut bien qu'il ait aussi son essence propre, ses attributs distinctifs et invariables, quoiqu'il soit le sujet de tous les changements. Et qu’on ne vienne pas nous dire que par la matière Platon voulait désigner une simple négation, c'est-à-dire la limite qui circonscrit toute existence particulière. Ce rôle, il le donne expressément ‘ aux nombres, principe de toute limite et de toute proportion. Mais 4 côté des nombres et de la cause productrice ou intelligente, il admet encore ce qu’il appelle l'infini, ce qui est susceptible de plus et de moins, ce dont les choses sont produites, en un mot, la matière, ou pour parler plus exactement, la substance séparée de la causalité. Il y a donc (et c’est R que nous voulions arriver), il y a donc des existences ou plutôt des formes de l'existence, des modes invariables de l'être qui se trouvent nécessairement exclus du nombre des idées. Il n’en est pas ainsi des Séphiroth de la kabbale, au nombre desquelles on voit figurer la matière elle-même (0°). Elles représentent à la fois, parce qu'elles les supposent parfaitement identiques, et les formes de l'existence et celles de la pensée, les attributs de la sûbstance inerte, c'est-à-dire de la passivité ou de la résistance, comme ceux de la causalité intelligente. C’est pour cela qu'elles se partagent en deux grandes classes que dans le langage métaphorique

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