Dans le Philèbe, pag. 334 de la trad. de M. Cousin
du Zokar on appelle les pères et les mères, et ces deux principes apposés en apparence, de même qu’ils découlent d'une source unique, inépuisable, qui est l’infini (En soph), vont aussi se confondre dans ux attribut commun appelé le fs, d’où ïls se séparent sous une forme nouvelle pour se confondre de nouveau. De là le système trinitaire des kabbalistes que pér$onne ne confondra avec la trinité platonicienne. Foutes réserves faites pour nos recherches ultérieurés, on convient qu'avec des bases aussi différentes le système kabbalistique, dût-il être né sous l’inspiration du philosophe grec, conserverait encore tous les droits de l’originalité ; car, en matière de métaphysique, l'originalité absolue est un fait extrêmement rare, pour ne pas dire introuvable, et Platon lui-même (qui l'ignore ?) ne doit pas: tout à son propre génie. Toutes les grandes conceptions de l’esprit humain sur la cause suprême, sur le premier être et la génération des choses, avant de revêtir un caractère vraiment digne de la raison et de la science, se sont montrées sous des voiles plus ou moins grossiers. C’est ainsi qu'on peut admettre ‘une tradition qui ne fasse aucun’ tort à l'indépendance et à la fécondité de l'esprit philosophique. Malgré ee principe qui nous met à l'aise, nous soutenons que les kabbalistes n’ont eu aucun commerce, au moins direct, avec
. Platon. En effet, que l’on se figure ces hommes puisant aux sources de la philosophie la plus indépen-
dante, nourris de cette dialectique railleuse et impi-