TROISIÈME PARTIE
siècles qui suivirent la destruction du second temple, ils ne parlaient que le dialecte employé dans le Thalmud babylonien et qui diffère essentiellement de la langue du Zohar. Or, depuis l'instant eù l’école néoplatonisienne commença à naître dans la nouvelle eapitale de l'Égypte, jusqu’au milieu du 1v° siècle, époque à laquelle la Judée vit mourir ses dernières écoles , ses derniers patriarches, les dernières étincelles de sa vie intellectuelle et religieuse.’ , quels rapports trouvens-nous entre les deux pays et les deux civilisations qu'ils représentent? Si durant ce laps de temps la philosophie païenne eût pénétré dans la Terre-Sainte, il faudrait naturellement supposer l'intervention des Juifs d’Alexandrie, à qui depuis plusieurs siècles, comme le prouvent la version des Septante et l'exemple d’Aristobule, les principaux monuments de la civilisation grecque étaient aussi familiers que les livres saints. Mais les Juifs d'Alexandrie avaient si peu de relations avec leurs frères de la Palestine, qu'ils ignoraient complétement les institutions rabbiniques qui, chez ees derniers, ont pris tant de place, et qu’on trouve déjà enracinées parmi eux plus de deux sièeles avant Père vulgaire ?. Que l’on
4. Voyez Jos, Histoire des Juifs, t. IV, liv. 14, chap. 8. — Et dans l'Histoire générale du peuple israélite, du mème auteur, t. H, chap. 5.
2. Nous adoptons la chronologie de Jost, précisément parce qu’elle est extrêmement sévère, c’est-à-dire, qu'elle diminue autant que possible l’antiquité attribuée par les historiens juifs à leurs traditions religieuses. ,
parcoure avec la plus profonde attention les écrits de Phflon, le livre de la Sagesse et le dernier livre des Machabées, sortis l’un et l’autre d’une plume alexandrine, on n’y verra cités nulle part les noms qui sont entourés en Judée de l’autorité la plus sainte, comme celui du’ grand-prêtre Simon le Juste, le dernier représentant de la grande synagogue, et ceux des Thanaïim, qui lui ont succédé dans la vénération du peuple ; jamais on n’y trouvera même une allusion à la querelle si célèbre de
% Hillel et de Schamaï", ni aux coutumes de tout genre
recueillies plus tard dans la Mischna et passées en force de loi. Il est vrai que Philon, dans son ouvrage de la Vie de Moïse”, en appelle à une tradition orale, conservée chez les anciens d'Israël et ordinairement enseignée avec le texte des Écritures. Mais quand même elle ne serait pas imaginée au hasard pour accréditer les fables ajoutées à plaisir à la vie du prophète hébreu, cette tradition n’a rien de commun avec celles qui font la base du culte rabbinique ; elle nous rappdle seulement les Midraschim ou ces légendes populaires et sans autorité dont le judaïsme a été très fécond à toutes les époques de son histoire. De leur côté , les Juifs de
4. Ces deux coryphées de la Mischna florissaient de l’an 78 à l'an 44 av. J.-C. Ils étaient, par conséquent, antérieurs à Philon.
2. De Vitd Mosis, liv. I, init. ; 1. I, p. 84, ed. de Mangey. Voici les termes de Philon : Mxôüv abra wat êx BiGauv rov ispüv. .. xai map rivüv &nd roù Éivouc npsoburipuv. Ta ap Aryéueve Toile dvayiveoxouvos dat cuvb—
at. .