‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 124 sur 202 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

séniens, serait d'autant plus inexplicablé, que ces sectaires, au témoignage de Josèphe, auraient déjà été connus sous le règne de Jonathas Macchabée, c’est-àdire plus d'un siècle et demi avant l'ère chrétienne :.

Si les Juifs de la Palestine vivaient dans cette ignorance âu sujet de leurs propres frères, dont quelquesuns devaient être pour eux un juste sujet d’orgueil, comment supposer qu'ils fussent beaucoup mieux instruits de ce qui se passait, à la même distance, dans les écoles païennes ? Nous avons déjà dit que la langue groeque était fort en honneur parmi eux : mais leur at-elle jamais ét6 assez familière pour leur permettre de suivre le mouvement philosophique de leur temps? C'est ee que l’on peut à bon droit révoquer en doute. D’abord, ni le Thalmud, ni le Zohar ne nous offrent aucune trace, ils ne ecitent aucun monument de Ia civilisation greeque. Or, comment entendre une langue si on ne connaît pas les œuvres qu’elle a produites ? Ensuite nous apprenons de Joséphe lui-mème?, qui était né en Palestine et y avait passé la plus grande partie de ses jours, que ce célèbre historien, pour écrire, ou plutôt pour traduire ses ouvrages en grec, a eu besoin de se faire aider. Dans un autre endroit”, il s'exprime à cet

4. Antiquités jud., 1iv. XII, chap. 9. Josèphe ne dit pas que les ’ Esséniens fussent alors établis en Palestine.

2. Jos. contre Appion, I, 9. Xpnaduevos viol mpèe rhv Éimridx qguviv auvepryoic, cÜres éronoduey rüv mp riv mapédomv.

3. Antiquités juddiques, liv. XX, chap. 9, c'est-à-dire à la fin de

l'ouvrage.

égard d'une manière encore plus explicite, appliquant à ses compatriotes, en général, ce-qu'il avoue de luimême; puis, il ajoute que l'étude des langues est fort peu considérée dans son pays, qu’elle y est regardée comme une occupation profane qui convient mieux à des esclaves qu'à des hommes libres; qu'enfin l’on n'y accorde son estime et le titre de sages qu'à ceux qui possèdent à un haut degré de perfection la connaissance des lois religieuses et des saintes Écritures. Et cependant Josèphe appartenait à l’une des familles les plus distinguées de la Terre-Sainte; issu en même temps du sang des rois et de la race sacerdotale, nul n’était mieux placé que lui pour se faire initier à ‘toutes les connaissances de son pays, à la science religieuse comme à celle qui prépare les personnes d’une haute naissance à la vie politique. Ajoutez à cela que l’auteur des Anthquités et de la Guerre des Juifs ne devait pas éprouver, en se livrant à des études profanes, le même scrupule que ses compatriotes, restés fidèles à leur pays et à leurs croyances . Du reste, en admettant que la langue grecque fût beaucoup plus cultivée en Palestine que nous n'avons le droit de le supposer, on serait encore bien éloigné de pouvoir en rien conclure par rapport à l'influence de la philosophie alexandrine. En

1. Le caractère de Josèphe est très bien apprécié dans une thèse pleine d'intérêt, récemment soutenue à la Faculté des lettres de

Paris, par M. Philarète Chasles : De l'Autorité historique de Flavius Josèphe.

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