TROISIÈME PARTIE
effet, le Thalmud établit expressément une distinction entre la langue et ce qu’il appelle la science grecque, no mar man mo mar rw; autant il accorde à celle-là de respect et d'honneur, autant il a celle-ci en exécration. La Mischne, toujours très concise comme doit l'être un recueil de décisions légales, se borne à énoncer la défense d'élever ses fils dans la science grecque, en ajoutant toutefois que cette interdiction a été portée durant la guerre de Titus*. Mais la Guémara est beaucoup plus explicite, en même temps qu’elle fait remonter bien plus haut la disposition dont nous venons de parler. « Voici, dit-elle, ce que nos « maîtres nous ont enseigné : Pendant la guerre qui « avait éclaté entre les princes hasmonéens, Hircan « faisait le siége de Jérusalem, Aristobule était l’as- « siégé. Tous les jours on descendait le long des murs « une caisse remplie d'argent, et l’on en retirait en « échange les victimes nécessaires aux sacrifices. Or, « ilse trouvait dans le camp des assiégeants un vieillard « qui connaissait la science grecque. Ce vieillard se « servit auprès d'eux de sa science et leur dit : Tant « que vos ennemis pourront célébrer le service divin, « ils ne tomberont pas en votre pouvoir. Le lendemain « arriva comme d'habitude la caisse remplie d'argent ; « mais cette fois on envoya en échange un pourceau.