TROISIÈME PARTIE
passif de l'univers ? Comment concevoir comme un être réel, comme un être nécessaire, cette matière: qui n’a par elle-même ni forme, ni activité, qui a dû exister avant l’espace, c’est-à-dire avant l'étendue, et qui, avec l’espace, est transportée dans le sein de Dieu? Aussi Philon est-il conduit, par une peñte irrésistible, à prononcer ce grand mot : Dieu est lous (elç nai ro môv aœdros égruy) !.
Mais comment le souverain être a-t-il fait sortir de ce lieu intelligible, qui est sa propre substance, un espace réel, contenant ce monde matériel et sensible ? Comment lui, qui est tout activité et tout intelligence, a-t-il pu produire des êtres passifs et inertes ? Ici les souvenirs de la philosophie greéque sont complétement étouffés par le langage et les idées de l'Orient. Dieu est la lumière la plus pure, l’archétype et la source de toute lumière. Il répand autour de lui des rayons sans nombre, tous intelligibles, et qu'aucune créature ne pourrait contempler *; mais son image se réfléchit dans sa pensée (dans son logos), et c’est uniquement par cette image que nous pouvons le comprendre *. Voilà déjà une première manifestation, ou, comme on dit