TROISIÈME PARTIE
« nous appelons le monde. C’est pour cela qu'un au- « teur sacré nous montre la sagesse, parlant d’elle- « même en ces termes : de toutes les œuvres de Dieu, « c'est moi qui fus formée la première; le temps « n'existait pas encore que j'étais déjà là. En effet, il « faut bien que tout ce qui a été engendré soit plus « jeune que la mère et la nourrice de l’univers ‘. » Il y a un passage dans le Timée, où nous trouvons à peu près le même langage, mais avec cette énorme diffé rence que la mère et la nourrice de toutes choses est un principe tout-à-fait séparé de Dieu, la matière inerte et sans forme *. Les fragments que nous venons de citer nous rappellent bien mieux les idées et les expressions habituelles du Zohar. Là aussi Dieu est appelé la lumière éternelle, source de toute vie, de toute existence et de toute autre lumière. Là aussi la génération des choses est expliquée métaphoriquement par un obscurcissement graduel des rayons émanés du foyer divin et par l’union de Dieu avec lui-même dans ses divers attributs. La sagesse suprême, sortant du sein de Dieu pour donner la vie à l'univers, est également représentée par le fleuve qui sort du paradis terrestre ; enfin les deux logos nous font songer à ce prineipe kabba-
41. Tovyoëv réde rà wav épyacduevor Onuroupyèv Quoÿ mal maripa aive roù aeyevdros s00b év d'en praouev unrépa SÈ rh roÿ reromxôTos Émiernunv À ouvüv 6 Beoç x. r. x. De Temulentid.
2. Kai dn nai rpoameiont npémer Td pv dapéusvor prirpi, Tà d’ Gbav marpl, rhv d'a paraËb robtrov got éxyove. Timœus, ed. Stallbaum, p. 212.
listique que l'univers n’est pas autre chose que la parole de Dieu; que sa parole ou sa voix, c’est sa pensée devenue visible, et qu’enfin sa pensée, c’est lui-même. Une autre image, très souvent reproduite dans le principal monument de la kabbale, c'est celle qui nous montre l’univers comme le manteau ou le vêtement de Dieu; eh bien, la voici également dans ces paroles de Philon : « Le souverain être est environné d’une écla- « tante lumière qui l'enveloppe comme un riche man- « teau, et le verbe le plus ancien se couvre du monde « comme d'un vêtement ‘. »
De cette double théorie sur la nature et la naissance des choses en général, résultent aussi deux manières de parler de Dieu, quand il est considéré en lui-même, dans sa propre essence, indépendamment de la créa-
.tion. Tantôt, il est la raison suprême des choses, la
cause active et efficiente de l'univers (6 voüe, ro dpaoTrpuoy atriov), l’idée la plus générale (ro euxwrarèv) *, la nature intelligible (vonri qüa). Lui seul possède la liberté, la science, la joie, la paix et le bonheur, en un mot, la perfection *. Tantôt 1l est représenté comme supérieur à la perfection même et à tous les attributs possibles;
1. Aëyo dé ro fysmonxèv port abyond'ei TLAGUMTITAL, De GEtdypecc EvOUaoû ra ludrie voutciva * dvd üerar dù à piv npsoGüraros roù évrcc Acyoc de dobñra roy xéouev. De Præfugis.