‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 149 sur 202 · De Gigantibus, t. I, p. 255, ed. Mangey · texte numérisé non relu

De Gigantibus, t. I, p. 255, ed. Mangey

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cieuse ; il commande à l’homme de rompre avec eux tout commerce et de se réfugier en lui-même. Il établit un abîme entre l'âme raisonnable, intelligente, qui seule a le privilége de constituer l’homme, et l’âme sensitive à laquelle nos organes empruntent à la fois la vie et la connaissance qui leur sont propres; celle-ci, comme l'a dit Moïse, réside dans le sang, tandis que la première est une émanation, un reflet inséparable de la nature divine (dnéonaoua où Gimperov, énaiyaoua Beius qéaeus?). Et cependant ce point de vue exalté ne l'empêche pas de conserver l'opinion platonicienne qui reconnaît dans l’âme humaine trois éléments, la pensée, la volonté et les passions *. En mille endroits, il insiste sur la nécessité de se préparer à la sagesse par ce qui appelle les sciences encyeliques (éyxéxdos noudeia, éyxoxAux pabiuata), c'est-à-dire les arts de la parole et ceux qui donnent cette culture extérieure si chère aux Grecs. Notre esprit, dit-il, a besoin d’être nourri de ces connaissances mondaines avant d’aspirer à une science plus haute, comme notre corps a besoin d'être nourri de lait avant de supporter des aliments

4. Aux cdoia Quyñs dort, chyt rie voepäs xai Aoypñe, AXXà Tüç alobnructe, xx h°” Av Av Ta xx Tele dAdyuiç xoivdr Td Env aux GéEnxev. De Concupiscentid, t. II, p. 356, ed. Mangey.

2. Quod deterior potiort insidiari soleat, t, I, p.208, ed. cit.

3. Écre duüv À Quyn rppepnc, xai Eye pépos vd pév opxivx. +. À. Leg. alleg. I. — De Confusione linguarum. — De Concupiscentid, t, II, p. 350, ed. cit.

TROISIÈME PARTIE. 313 plus substantiels‘. L'homme qui néglige de les acquérir doit succomber dans ce monde, comme Abel a succombé sous les coups de son frère parricide. Ailleurs, il enseigne tout le contraire, il faut mépriser la parole et les formes extérieures, comme il faut mépriser le corps et les sens, afin de ne vivre que par l'intelligence et dans la contemplation de la vérité toute nue. Quand Dieu dit à Abraham : Abandonne ton pays, ta famille et la maison de ton père, cela signifie que l’homme doit rompre avec son corps, avec ses sens et avec la parole; car le corps n’est qu’une partie de la terre que nous sommes forcés d’'habiter; les sens sont les ministres et les frères de la pensée; enfin la parole n’est que l’enveloppe et en quelque sorte la demeure de l'intelligence | qui est notre véritable père*. La même idée est reproduite d'une manière encore plus expressive, sous le symbole d’Agar et d'Ismaël. Cette servante rebelle et son fils, si ignominieusement chassés de la maison de leur maître, nous représentent la science encyclique et les sophismes qu’elle enfante. Il est à peine nécessaire d'ajouter que tout homme qui aspire à un rang élevé dans le monde des esprits doit imiter le patriarche hébreu ?. Mais au moins, lorsque l’âme s’est réfugiée tout entière dans l'intelligence, y trouve-t-elle les moyens de se suffire et d’arriver par elle-même à la vérité et à

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