‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 150 sur 202 · De Cherub. — De Congressu quærend. erudit. gratid · texte numérisé non relu

De Cherub. — De Congressu quærend. erudit. gratid

là sagesse? Si Philon avait répondu à cette question dans un sens affirmatif, il n'aurait pas été au-delà de la doctrine de Platon; car, lui aussi nous montre le vrai sage, se détachant entièrement du corps et des sens, et no travaillant toute sa vie qu’à apprendre à mourir ‘; mais notre philosophe d'Alexandrie ne s'arrête pas à cette limite : il lui faut, outre les connaissances que nous empruntons à la raison, outre les lumières que donne la philosophie, des lumières et des connaissances supérieures directement émanées de Dieu et communiquées à l'intelligence comme une grâce, comme un don mystérieux. Quand nous lisons, dit-il, dans l’Écriture, que Dieu a parlé aux hommes, il ne faut pas croire que l’air ait été frappé d’une voix matérielle ; mais c'est l’âme humaine qui a été éclairée par la lumière la plus pure. C’est uniquement sous cette forme que la parole divine peut s'adresser à l'homme. Aussi, quand la loi a été promulguée sur le mont Sinaï, ne dit-on pas que la voix a été entendue; mais, selon le texte, elle a été vue de tout le peuple assemblé : « Vous avez vu, dit aussi Jéhovah, que je vous ai parlé du haut du ciel*. » Evidemment, puisqu'on explique un miracle, il ne peut pas être ici question d’une connaissance rationnelle, ou de la seule contemplation des idées, mais de la révélation, entendue à la manière du

: 4. Phedon., ad init.

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mysticisme. Nous attacherons le même sens à un autre passage où l'en admet la possibilité, pour l’homme, de saisir Dieu en lui-même, dans une manifestation immédiate (dm aûroÿ aüroy xatalauBavew), au lieu de remonter à lui par la contemplation de ses œuvres. Dans cet état, ajoute notre auteur, nous embrassons dans un seul regard l'essence de Dieu, son Verbe et l'Univers !. Il reconnaît aussi la foi (xioxx) qu’il appelle la reine des vertus (ñ tüv dperéw fankis), le plus parfait de tous les biens, le ciment qui nous lie à la nature divine*. C'est elle que nous voyons représentée dans l’histoire de Judas, s unissant à Thamar, sans écarter le voile qui couvre sa face, car c'est ainsi que la Foi nous unit à Dieu.

Philon ne montre pas moins d'hésitation quand il parle de la liberté humaine que lorsqu'il veut nous expliquer la nature et l’origine de nos connaissances. Quelquefois c'est la doctrine stoïcienne qui l'emporte : l’homme est libre; les lois de la nécessité, qui gouvernent sans exception toutes les autres eréatures, n'existent pas pour lui. Or, ce libre arbitre qui est son privilége lui laisse en même temps la responsabilité de ses actions; c'est ainsi que, seul parmi tous les êtres, il est capable de vertu, et à ce titre il est permis de

4... AN brmepxpüdac vd yevnrèv, Fupuav évapyi reù dyivirou AauGdve, &ç 4m” abdrob abrèv xarahauGive xat Tny oxiav abrob, Émep Av rèv Ad-yov xai T0v0s Tèv xemov. Leg. alleg., 1. II.

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