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qui sont les cinq sens, l'organe de la voix et celui de
la génération ; c'est par la même raison quil y a sept portes de l’âme, à savoir, les deux yeux, les deux oreilles, les deux narines et la bouche’ ; nous trouvons également dans la version des Septante une autre tradition kabbalistique dont plus tard le gnosticisme s’est emparé. Quand le texte dit que le Très-Haut marqua les limites des nations d’après le nombre des enfants d'Israël, nous lisons dans la traduction d'Alexandrie que les peuples furent-divisés d’après le nombre des anges du Seigneur*?. Or cette interprétation, si arbitraire et si bizarre en apparence, devient très intelligible par un passage du Zohar, où nous apprenons qu'il y a sur la terre soixante et dix nations; que chaeune de ces nations est placée sous le pouvoir d’un ange qu'elle reconnaît pour son Dieu , et qui est pour ainsi dire la personnification de son propre génie. Les enfants d'Israël ont seuls le privilége de n'avoir au- . dessus d’eux que le Dieu véritable qui les a choisis pour son peuple*. Nous rencontrons la même tradition chez ün auteur sacré non moins ancien que la version des
1. Ti; Aueripas Quyñs dipa rod hyemonuxoD mépoc ÉnTrayh opiverar, mpèc mévre aiobnastç xat ro puvnriprov Épyavoy Kat éni näa ré yovmmov, x. r. À. De Mund. Opific., pag. 27, ed. Pars.
2. Onaw 132 0900: ay nôa3 2u%., Deut. chap. 32, v. 8. — Éarnosv Épta dbvav xara dpiôuv ayyÉAwv Bscd |
3. pyau 9Y JaTa9 O0 pyav Jin PÔN DATANT DINAN Dia non 07 JNDOU 072) 1353 AnIANN 72 j221 JDY Zohar, 1r° part., fol. 46 verso.
TROISIÈME PARTIE. 333 Septante ‘. Sans doute la philosophie grecque, si florissante dans la capitale des Ptolémées, à exercé une grande influence sur cette traduction célèbre, mais il s’y trouve aussi des idées évidemment puisées à une autre souree, et qui ne peuvent pas même être nées sur le sol de l'Égypte. En effet, s’il en était autrement, si tous les éléments que nous venons de signaler, comme l'interprétation allégorique des monuments religieux, la personnification du Verbe et son identité avec le lieu absolu, étaient le résultat du mouvement général des esprits à cette époque et dans le pays dont nous venons de parler, comprendrait-on comment, depuis les derniers auteurs de la version des Septante jusqu’à Philon, c’est-à-dire pendant un espace de deux siècles, il n’en paraît pas la moindre trace dans l’histoire de la philosophie grecque?? Mais voici un autre monument à peu près contemporain, où nous trouvons le même esprit sous une forme encore plus précise, et dont l’origine hébraïque ne saurait être contestée : c’est le livre de Jésus, fils de Sirah, vulgairement appelé l'Ecclésiastique. | Nous ne connaissons aujourd'hui cet auteur religieux
A. Éxdore Éôve xaréomnasy dycbpaves, Ka papis xupiou fapaña écriv. Jes. Strac., chap. 17, v. 17.
®. Le traducteur de Jésus, fils de Sirah, qui vivait environ cent cinquante ans avant Jésus-Christ dans la 38° année du règne d'Évergète second, nous parle de la version des Septante comme d’une œuvre connue et terminée depuis longtemps. |
que par une traduction grecque due à la plume de son petit-fils. Ce dernier nous apprend lui-même, dans une sorte de préface, qu'il était venu en Égypte (probablement après avoir quitté La Judéé) dans la trente-huitième année du règne d'Évergète II. Par conséquent, si nous faisons vivre l'écrivain original cinquante ans auparavant, nous le rencontrerons à la distance de deux siècles avant l’ère chrétienne. Sans croire aveuglément au témoignage du traducteur, qui nous assure que son aïeul avait uniquement puisé à des sources hébraïques, nous ferons remarquer que Jésus, fils de Sirah, est souvent cité avec éloge par le Thalmud, sous le nom de Jeschoua ben Sirah ben Éliézer'. Le texte original existait encore au temps de saint Jérôme et jusqu’au commencement du rv siècle; les juifs aussi bien que les clirétiens le comptaient au nombre de leurs écrivains sacrés. Or vous rencontrerez chez cet ancien auteur, non seulement la tradition dont nous avons parlé tout à l'heure, mais la doctrine du Logos ou de la sagesse divine, à peu de chose près, telle qu'elle est enseignée par Philon et les kabbalistes. D'abord la sagesse est la même puissance que le Verbe ou le Mêmra des traducteurs chaldéens; elle est la parole; elle est sortie de la bouche du Très-Haut (éyé no orépæros bpiorou Ado)? ; elle ne peut pas être prise pour une
4. Voyez Zunz, De la Prédication religieuse chez les Juifs, chap. 7. 2. Chap. 24, v. 3 ; trad. de Sacy, même chap., v. 7.