‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 173 sur 202 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

« de la lumière dont partent cinq rayons d’un éclat « merveilleux : le premier, c’est la lumière qui éclaire « tous les êtres; le second, c’est le souffle suave qui « les anime ; le troisième, c’est la voix pleine de dou- « ceur avec laquelle ïls exhalent leur allégresse; le « quatrième, c'est la parole qui les instruit et les élève « à rendre témoignage de leur foi; le cinquième, c’est « le type de toutes les formes sous lesquelles ils se « développent, semblables à des fruits qui mûrissent « sous l’action du soleil ‘. » Il est impossible de ne pas reconnaître dans ces lignes, que nous nous sommes borné à traduire les différents degrés de l'existence représentés chez les kabbalistes par la pensée, le souffle ou l'esprit, la voix et la parole. Voici, pour exprimer la même idée, d’autres images qui ne nous sont pas moins familières : avant toute créature était la vie cachée en elle-même, la vie éternelle et incompréhensible , sans lumière et: sans forme (ferho). De son sein naquit l’atmosphère lumineuse (ajar zivo, NPY IN) qu'on appelle aussi la parole, le vêtement ( roTôn: 700) ou le fleuve symbolique qui repré-

sente la Sagesse. De ce fleuve sortent les eaux vives ou

4. Omnes genii, reges et creaturæ, precationi et hymno insistentes, celebrant regem summum lucis, a quo exeunt quinque radii magnifici et insignes : primus, lux quæ illis orta : secundus, flatus suavis qui eis adspirat : tertius dulcedo vocis quâ excellant : quartus verbum oris quod eos erigit et ad confessionem pietatis instituit : quintus species formæ cujusque, quà adolescunt, sicut sole fructus. Ib. supr., pag. 9.

les grandes eaux par lesquelles les nazaréens comme les kabbalistes représentent la troisième manifestation de Dieu, l'intelligence ou l'esprit, qui à son tour produit une seconde vie, image très éloignée de la première‘. Cette seconde vie appelée Juschamin (Y%5 ou 5 w" le lieu des formes, des idées), au sein de laquelle a été conçue d’abord l’idée de la création dont elle est le type le plus élevé et le plus pur; la seconde vie en a en— gendré une troisième qu'on appelle le père excellent (abatur, 7 SN), le vieillard inconnu et l’ancien du monde (senem sui obtegeniem et grandævum mundi) ?. Le Père excellent ayant regardé l’abîme, les ténèbres ou les eaux noires, y laissa son image qui, sous le nom de Fétahil, est devenue le Démiourgos ou l'architecte de l’univers *. Alors commence aussi une interminable série d'Éons, une hiérarchie infernale et céleste qui n’a plus aucun intérêt pour nous. Il nous suffit de savoir que ces trois vies, ces trois degrés qu’on distingue dans le Plérôme, tiennent ici la même place que les trois visages kabbalistiques, dont le nom même (farsufo, NOEL") se retrouve dans la bouche

4. Antequam creaturæ omnes existère, Ferho dominus existit per quem Jordanus existit. Jordanus dominus vicissime exstitit aqua viva, quæ aqua maxima et laeta. Ex aquâ vero vivâ, nos vita exslitimus. 20., t. I, pag. 145.

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