‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 181 sur 202 · Zend Avesta, t. I, Vie de Zoroastre, p · texte numérisé non relu

Zend Avesta, t. I, Vie de Zoroastre, p

TROISIÈME PARTIE. 391 question de l'origine du mal, que jusque-là le judaïsme avait laissée dans l'ombre, et qui est pour ainsi dire le centre et le point de départ de la religion des Perses, ne devait-elle pas agir puissamment sur l’imagiation de ces hommes de l'Orient, accoutumés à tout expliquer par une intervention divine, et à remonter, pour tous les problèmes pareils, jusqu’à l’origine des choses? On ne pourra pas dire qu'écrasés sous le poids de leur malheur, ils sont restés étrangers à ce qui se passait autour d’eux sur cette terre de l'exil; l’Écriture elle-même nous les montre avec une sorte de complaisance, élevés dans toutes les sciences, par conséquent dans toutes les idées de leurs vainqueurs, admis ensuite avec eux aux plus hautes dignités de l’empire. Tel est précisément le caractère de Daniel, de Zorobabel et de Néhémiäs ‘, dont les deux derniers jouent un rôle si actif dans la délivrance de leurs frères. Ce n’est pas tout : outre les quarante-deux mille personnes qui retournèrent à Jérusalem, à la suite de Zorobabel, une seconde émigration, conduite par Esdras, eut lieu sous le règne d'Artaxerce Longuemain, environ soixantedix-sept ans après la première. Durant cet intervalle, la réforme religieuse de Zoroastre avait eu le temps de se répandre dans toutes les parties de l'empire babylonien et de jeter dans les esprits de profondes racines,

4. Daniel, I, 1. — Esdras, 1, 2; 1, 4. — Joseph, Antiquit., iv. XI, ch. 4 ct 5.

Enfin, de retour dans leur pays, les juifs demeurent toujours, jusqu’à la conquête d'Alexandre le Grand, les sujets des rois de Perse; et même après cet événement jusqu’à leur entière dispersion, ils semblent regarder comme une seconde patrie ces rives de l’Euphrate, autrefois arrosées de leurs pleurs, quand leurs regards et leurs pensées se tournaient vers Jérusalem. Sous l’autorité à la fois civile et religieuse des chefs de la captivité Cor WA), s'élève la synagogue de Babylone qui concourt avec celle de la Palestine à l’organisation définitive du judaïsme rabbinique*. Sur tous les points du pays qui leur a donné asile, à Sora, à Pombéditah, à Nehardéa, ils fondent des écoles religieuses non moins florissantes que celles de la métropole. Parmi les docteurs sortis de leur sein, nous citerons Hillel le Babylonien, mort près de quarante ans avant l’avénement du Christ, après avoir été le maître de ce Jachanan ben Zachaï, qui joue un si grand rôle dans les histoires kabbalistiques rapportées précédemment. Ajoutons que ces mêmes écoles ont produit le Thalmud de Babylone, expression dernière et complète du judaïsme. Rien qu’à l’énumération de ces faits, on peut déjà prévoir que nulle autre nation n’a exercé sur les Juifs une action plus intime que les Perses; que nulle puissance morale n’a dû pénétrer dans leur esprit

4. Jost, Histoire générale des Israëélites, liv. X, ch. 11 et 142. — Le même, Histoire des Israélites denuis les Macchabées, t. IV, liv. XIV tout entier.

Page 1