TROISIÈME PARTIE
« avant l’eau, avant la terre, avant les troupeaux, « avant les arbres, avant le feu, fils d’Ormuzd, avant « l’homme pur, avant les dews, avant tout le monde « existant, avant tous les biens. » C'est par cette même parole qu'Ormuzd a créé le monde, c'est par elle qu’il agit et qu’il existe‘. Mais elle n’est pas seulement antérieure au monde; quoique donnée de Dieu, comme disent les livres zends*?, elle est éternelle comme lui ; elle remplit le rôle de médiateur entre le temps sans bôrnes et les existences qui s’écoulent de son sein. Elle renferme la source et le modèle de toutes les perfeetions, avec la puissance de les réaliser dans les êtres *. Enfin, ce qui achève de lui donner toute ressemblance avec le verbe kabbalistique, c’est qu’elle a un corps et une âme, c'est-à-dire qu'elle est à la fois esprit et parole. Esprit, elle n'est rien moins que l’âme d’Ormuzd, comme ce dernier le dit lui-même expressément ‘; parole ou corps, c'est-à-dire esprit devenu visible, elle est en même temps la loi et l’univers *.
3° Nous trouvons dans Ormuzd quelque chose de
. 4. Zend Av., t. I, p. 138.
2. Mémoires de l'Académ. des Inscript., t. XX XVII, pag. 620.
3. 1b. supr. Voici les propres paroles de J'auteur: « L’honover, « dans l'opinion de Zoroastre, renferme la source et le modèle de « toutes les perfections des êtres, la puissance de les produire, et il « ne s’est manifesté que par une sorte de proiation de la part du « temps sans bornes etde celle d’Ormuzd. »