‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 199 sur 202 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

traces de son influence. Enfin, les écrits de Philon sont plus récents que les principes kabbalistiques dont on trouve soit l'application, soit la substance, dans la version des Septante, dans les proverbes de Ben Sirah et dans le livre de la Sagesse.

4° La kabbale n'est pas un emprunt fait au christianisme, car tous les grands principes sur lesquels elle s'appuie sont antérieurs à l’avénement du Christ.

5 Les ressemblances frappantes que nous avons trouvées entre cette doctrine et les croyances de plusieurs sectes de la Perse, les rapports nombreux et bizarres qu'elle nous présente avec le Zend Avesta, les traces que la religion de Zoroastre a laissées dans toutes les parties du judaïsme et les relations extérieures qui, depuis la captivité de Babylone, n'ont pas cessé d'exister entre les Hébreux et leurs anciens maîtres, nous ont fait conclure que les matériaux de la kabbale ont été puisés dans la théologie des anciens Parses : mais nous croyons avoir démontré en même temps que cet emprunt ne détruit pas l'originalité de la kabbale ; car, au dualisme en Dieu et dans la nature, elle a substitué l'unité abbolue de cause et de substance. Au lieu d’expliquer la formation des êtres par un acte arbitraire de deux pouvoirs ennemis, elle nous les représente comme les formes diverses, comme des manifestations successives et providentielles de l'intelligence infinie. Enfin, dans son sein, les idées prennent la place des personnificationsréalisées, etla métaphysique succède à la my-

thologie. Nous ajouterons que telle nous paraît être la loi universelle de l'esprit humain. Point d'originalité absolue; mais aussi, d’un peuple et d’un siècle à un autre, point de serwile imitation. Quoi que nous puissions faire pour conquérir, dans le domaine des sciences morales, une indépendance sans limites, la chaîne de l tradition se montrera toujours dans nos plus hardies découvertes; et si immobiles que nous paraissions quelquefois sous l'empire de la tradition et de l’autorité, notre intelligence fait du chemin, nos idées se transforment avec la puissance même qui pèse sur elles, et une révolution est sur le point d’éclater.

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