‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 23 sur 202 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

« ce monde, comme je suis seul dans le ciel supé- « rieur. »

NO 113 TM PNY NII2T DIN NT OMÛN NT NID'D VONT ROTID YDW2 PT NANT D AN Enfin, nous citerons un dernier exemple où l’esprit que nous signalons se montre entièrement à découvert. Quand l'historien sacré nous apprend que Jéhovah apparut à Abraham, au milieu des chênes de Membré, son interprète infidèle substitue à cette grossière image un fait qui n'est pas, il est vrai, dans le cours ordinaire de la nature, mais qui semble mieux s’accorder avec la nature divine. « Ce fut, dit-il, une parole prophétique ! « qui alla de Dieu vers Abraham le juste, et lui décou- « vrit la pensée de Dieu.»

m0 20anm NpIT% Qnan n39 % DTD JO NNIA3 DAND TN °F NIDYD Dans un temps où le culte de la Jettre allait jusqu'à l'idolâtrie; où des hommes passaient leur vie à compter les versets, les mots et les lettres de la loi‘; où les précepteurs officiels, les représentants légitimes de la religion ne voyaient rien de mieux à faire que d'écraser l'intelligence aussi bien que la volonté sous une masse toujours croissante de pratiques extérieures, cette aversion pour tout ce qui est matériel et positif, cette ha-

4. Thalmud Babil., Traité de Kidouschin, fol. 30 rect. De là, si nous en croyons les thalmudistes, vient le mot 910, qui signifie compter, que l’on a traduit par celui de scribe.

bitude de sacrifier souvent et la grammaire et l’histoire aux intérêts d'un idéalisme exalté, nous révèlent infailliblement l'existence d’une doctrine secrète, qui a tous les caractères avec toutes les prétentions du mysticisme, et qui sans doute ne date pas du jour où elle a osé parler un langage aussi clair. Enfin, sans y attacher trop d'importance, nous ne pouvons pas nous empêcher de faire encore cette observation : nous avons dit ailleurs que pour arriver à leurs fins, pour introduire en quelque sorte leurs propres idées dans Îles termes mêmes de la révélation, les kabbalistes avaient quelquefois recours à des moyens peu rationnels. L'un de ces moyens, qui consistait à former un alphabet nouveau en changeant la valeur des lettres, ou plutôt en les substituant les unes aux autres dans un ordre déterminé, est déjà mis en usage dans une traduction encore plus ancienne que celle dont nous venons de parler, dans la paraphrase chaldaïque de Jonathas ben Ouziel ‘, contemporain et disciple de Hillel le. vieux,

4. Nous voulons parler de l'alphabet kabbalistique appelé Afh Basch, wa nn, parce qu'il consiste à donner à la première lettre aleph la valeur de la dernière fhau, et réciproquement; à remplacer la seconde beth par l’avant-dernière schin, et ainsi de toutes les autres. Au moyen de ce procédé, le paraphraste chaldéen traduit par le nom de Babel, 522, celui de Sésac, ww, qu'on lit dans Jérémie, chap. #1, v. 41, et qui n’a par lui-même aucun sens. C'est de la même manière que, dans un autre passage de Jérémie, chap. 51, v.1, il convertit ces deux mots, "5 25, qui signifient le cœur de mes adversaires, en celui de D7w2, qu'on traduit par Chaldéens. On suppose que le prophète hébreu, captif dans l'empire

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