‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 29 sur 202 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

profondeurs le pouvoir de devenir eux-mêmes créateurs dans une certaine limite. Cette opinion devait surtout être accueillie par les casuistes étroits qui forment la majorité des auteurs de la Guémara, et qui ne voyaient : le passé qu'à travers le prisme d’une admiration superstitieuse ‘. Si maintenant nous jetons un coup d'œil sur le livre même, la conclusion que nous venons d’adopter sera parfaitement justifiée. 4° Le système qu'il renferme répond exactement à l’idée que nous pouvons nous en faire d'après son titre; nous pouvons nous en assurer par ces mots qui en forment la première proposition : « C’est avec les trente-deux voies merveil- « leuses de la sagesse que le monde a été créé par « l'Eternel, le seigneur des armées, le Dieu d'Israël, « le Dieu vivant, le Dieu tout-puissant, le Dieu su- « prême qui habite l’Éternité, dont le nom est sublime « et saint. » 2° Les moyens qu'on y emploie pour expliquer l’œuvre de la création, l'importance qu'on y donne aux nombres et aux lettres, nous font comprendre comment l'ignorance et la superstition ont plus tard abusé de ce principe; comment se sont répandues les fables que nous avons rapportées; comment enfin s’est formé ce qu’on appelle la kabbale pratique, qui donne à des nombres et à des lettres le pouvoir de changer le cours de la nature. 3° La langue dans la-

4. Ils avaient fréquemment à la bouche les paroles suivantes : «Si nos ancêtres étaient des anges, nous sommes des hommes ; et s'ils étaient des hommes, nous sommes des ânes. »

quelle il est écrit nous atteste qu’il ne peut appartenir qu’à l’époque où vivaient les premiers docteurs de la Mischna. Ce n'est plus assurément l’hébreu de la Bible ; mais ce n'est pas encore le dialecte thalmudique ni celui des rabbins modernes. La forme en est simple et grave; rien qui ressemble, même de loin, à une démonstration ou à un raisonnement; ce ne sont que des aphorismes distribués dans un ordre assez régulier, mais qui ont toute la concision des anciens oracles. Un fait qui nous a beaucoup frappé, c’est que le terme qui fut plus tard exclusivement consacré à l'âme y est encore employé, comme dans le Pentateuque et dans toute l’étendue de l’Ancien Testament, pour désigner le ‘ corps humain, tant que la vie ne l’a pas abandonné

Il est vrai qu'on y trouve plusieurs mots d'origine étrangère : les noms des sept planètes et du dragon céleste, plusieurs fois mentionnés dans ce livre, appartiennent évidemment à la langue aussi bien qu’à la science des Chaldéens, qui, pendant la captivité de

4. Nous voulons parler du mot Nephesch, w»3. Il est évident qu’il ne peut pas s'appliquer à l’âme dans les passages suivants : 4° quand on parle de ceux qui, selon le sens littéral du texte, étaient sortis de la cuisse de Jacob, 15 NY? 9% 2559 non wo: 05. Genèse, 46, 26 ; ® quand on permet de préparer, pendant le premier jour de Pâques, ce qui est nécessaire à la nourriture de chacun, D0Ù nwyr 1720 nn we: 525 Son sw nn, Ex., 12, 46; 3° quand il est ordonné à chacun de s’infliger des souffrances en expiation de ses péchés, pendant le dixième jour du septième mois, MOYO 179231 131 017 DYYA 12ÿn Nû Sun wo ba, Lév., 93, 29. S'il est vrai que, pour désigner l'âme, on emploie le mot nes-

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