‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 31 sur 202 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

« s’engagea par une alliance éternelle envers lui et sa « postérité. Alors Abraham erut en Dieu, et cela lui fut « compté comme une œuvre de justice, et la gloire de « Dieu fut appelée sur lui, car e’est à lui que s’appliquent « ces paroles : Je tai connu avant de t'avoir formé dans « le ventre de ta mère. » Ce passage ne peut d'abord pas êtré considéré comme une invention moderne : il existe avec quelques variantes dans les deux textes de Mantoue ; on le retrouve dans les plus aneiens commentaires ; et il ne doit pas même avoir été inconnu à l’auteur du Koran, qui dit aussi‘, en parlant d'Abraham, que Dieu le prit pour son ami, et les musulmans ne l'appellent pas autrement que l’ami de Dieu (Kbalil- Allah), ou simplement l'ami (al-Khalil)?. Nous pensons que pour donner plus d'intérêt au Livre de la création, on a supposé, ou plutôt on veut faire supposer aux autres, que les choses qu'il renferme sont précisément

celles qui furent observées par le premier patriarche

des Hébreux, et lui donnèrent l’idée d’un Dieu unique et tout-puissant. Il existe d’ailleurs parmi les Juifs une tradition très ancienne, selon laquelle Abraham avait de grandes connaissances astronomiques, et s'éleva jusqu’à l’idée du vrai Dieu par le seul spectacle de la nature. Néanmoins les paroles que nous avons citées tout à l’heure ont été interprétées de la manière la plus gros-

4. Koran, dans le chapitre intitulé : Nessa ou des Femmes. 2. D'Herbelot, Bibliothèque orientale, article Abraham.

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sièrement matériellé. On à imaginé qu'Abräham était lui-même l’auteur du livre où son nom est prononcé aveé un respect religieux; et, si nous én troyons un autéur assez anèien, Saadiah lui-même aurait professé eëtte opinion ridicule déns un ouvrage qui a disparu, müis dont le titre et quelques fragments nous sont res- Îés. Voici en quéls termes commence le commentaire de Moïse Botrit sur le Sepher tetzirah : à C’est Abraham, « notre père (que là paix soit sur lui!) qui a écrit cela « éontre les sages de son siècle, incrédules à l'égard du « prinéipe de l'unité. Du moins c’est ainsi que pense « R. Suadiah (que la mémoire du juste soit bénie !) dans « le premier chapitre de son livre intitulé : La pierre « pAtlosophale ‘. Je rapporte ses propres paroles : Les « sages de la Chaldée attaquaient Abraham notre père « dans 8a croyance. Or, les sages de la Chaldée étaient « divisés en trois sectes. La première prétendait que « l'univers était soumis à deux causes premières entiè- « rement opposées dns leur manière d'agir, l’une « n'étant occupée qu’à détruire ce que l’autre avait « produit. Cette opinion est celle des dualistes, qui s’ap- « puyaient sur ce principe, qu'il n’y à rien de commun « entre l’auteur du mal et celui du bien. La seconde « sècte admettait trois causes premières ; les deux prin- « cipes contraires dont nous venons de parler, se pa- « ralysant réciproquement, et rien de cette manière ne

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