PREMIÈRE PARTIE
« pouvant être fait, on en a reconnu un troisième pour « décider entre eux. Enfin, la dernière secte n’avouait « pas d'autre Dieu que le soleil, dans lequel elle re- « connaissait le principe unique de l'existence et de la « mort'. » Malgré une autorité si imposante et si universellement respectée, l'opinion que nous venons d'exposer n'a plus aujourd'hui un seul partisan. Au nom da patriarche, on a depuis longtemps substitué celui d'Akiba, l’un des plus fanatiques soutiens de la tradition, l’un des nombreux martyrs de la liberté de son pays, et à qui il ne manque, pour être compté par la postérité au nombre des héros les plus dignes de son admiration, que d’avoir joué un rôle dans les anciennes républiques d'Athènes ou de Rome. Sans doute cette nouvelle opinion est moins invraisemblable que la première, cependant nous ne la croyons pas mieux fondée. Quoique le Thalmud, toutes les fois qu'il fait mention d’Akiba, nous le représente comme un ôtre presque divin; quoiqu'il l'élève au-dessus de Moïse lui-même *, il ne le présente pourtant nulle part comme une des lumières de la Mercaba ou de la science de la Genëse ; nulle part on ne laisse soupçonner qu'il ait écrit le Livre de la création, ou quelque autre ouvrage de même nature. Tout au contraire, on lui reproche positivement de n’avoir pas sur la nature de Dieu des idées
4. Voy. Sepher tetzirah, édit. de Mantoue, fol. 20 et 21. 2. Talm. Babyl., tract. Menachoth et Abodah Sarah.
très élevées. « Jusqu'à quand, Akiba, lui dit rabi José « le Galiléen, jusqu’à quand feras-tu de la majesté di- « vine quelque chose de vulgaire? » L’enthousiasme qu’il inspire a pour cause l'importance qu'il a donnée à la tradition, la patience avec laquelle il en a su tirer des règles pour toutes les actions de la vie*, le zèle qu’il a mis à l’enseigner pendant quarante ans, et peutêtre aussi l’héroïsme de sa mort. Les vingt-quatre mille disciples qu'on lui attribue ne s'accordent guère avec la défense que fait la Mischna de divulguer à plus d’une personne, même les secrets les moins importants de la kabbale. D'ailleurs, nous savons que déjà l’on attribuait à Jehoschoua ben Chanania la puissance de faire des miracles au moyen du livre dont Akiba doit être l’auteur. Or, si nous consultons les témoignages les plus dignes de foi, nous ne trouvons aucun rapport entre ces deux personnages. Le premier était déjà vieux en l’an 3833 de la création, ou 73 de l'ère vulgaire. Le second, comme on sait, n’est mort que sous le règne d’Adrien, à la suite de la révolte excitée par Barchochebas, envirôn cent vingt ans après la naissance du Christ. Il est donc impossible de laisser à Akiba la priorité, quand même nous ne regarderions pas comme
4. Thalm. Babyl. tract. ’Haguiga, NapY ban D S 40 son On 1% AY AINN NO y
2. Thalm. Babyl., tract. "Haguiga, fol. 14, vers. On dit qu’il avait reçu de Dieu l’ordre de multiplier les préceptes à l'infini 1°5n von n125n bw