‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 50 sur 202 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

chercherons à connaître les rapports qui existent entre le système kabbalistique et les autres systèmes philosophiques ou religieux. Iei nous nous contenterons de faire observer que les doctrines de Simon le Magicien, d'Elxaï, de Bardesanes, de Basilide et de Valentin ne nous sont connues que par des fragments disséminés dans les œuvres de quelques Pères de l’Église, comme dans celles de saint Irénée et de saint Clément d’Alexandrie. Or, on ne peut pas supposer que ces œuvres aient été familières à un rabbin du xm° siècle, qui, dgns l'ouvrage même dont on veut lui faire honneur , "8e.

montre fort étranger à toute littérature, et surtout à Le celle du christianisme. Nous sommes donc forcé d’admettre que le gnosticisme a beaucoup emprunté, non

pas sans doute au Zohar lui-même, tel que nous le possédons aujourd’hui, mais aux traditions et aux théories : qu'il renferme.

Nous ne séparerons pas de l'hypothèse que nous venons d’écarter celle qui, nous présentant la kabbale comme une imitation de la philosophie mystique des Arabes, la fait naître dans l'empire des kalifes, au plus tôt vers le commencement du xr° siècle ; époque à laquelle la philosophie musulmane nous offre pour la première fois des trâces de mysticisme ‘. Cette opinion, exprimée il y a longtemps comme une simple conjec-

4. C’est Avicenne qui passe généralement pônr le premier organe du mysticisme chez les Arabes. Né en 992, il est mort en 1056.

ture, dans les Mémoires de l'Acadèmia des, inscriptions !, M. Tholuck a voulu récemment laressusciteret lui prêter l'appui de sa riche érudition. Dans un premier mémoire, recherchant l'influence que la philosophie grecque a. pu exercer sur celle des mahométans * le savant orientaliste arrive à cette conclusion : que la dactrine de l'émanation a été connue des Arabes en même temps que. le système d'Aristote ; car ce dernier n'est arrivé jusqu'à eux qu'à travers les commentaires db Thémistius, de Théon de Smyrne, d’'Énée de Gaza, de Jean Philopon, en un mot avac les idées d'Alexandrie, exprimées cependant sous une forme très incomplète. Ce. germe une fois déposé dans le sein de l’islamisme ne tarda pas à se développer en. un vaste système qui, semblable. à celui de Plotin, mettait l'enthousiasme audesaug.de la raison, et, après avoir fait sortir tous les êtres de la substance divine, proposait, à à l’homme, comme le dernier terme de la perfection, d'y rentrer . par l’extase et l’anéantissement de lui-même. C’est: ce mysticisme moitié arabe, gnoitié grec, que M. Tholuck veut nous faire admettre comme Î4 vraie et unique source de le kabbaleÿ. A cette fin, 1} commence par

4. Remarques sur l'antiquité et l'origine de la Cabbale, par de La Nauze, tome IX:des Mém. de l'Acad: des inscripé.

2. Commentatio de vi quam græca philosophia in theologiam tum Muhammedanorum , tum Judæorum, exercuerit. Particula I, Hamb. 1833, in-4°. |

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