‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 89 sur 202 · Le mot ascher est un signe déterminatif · texte numérisé non relu

Le mot ascher est un signe déterminatif

« celui qui est, TTIR VON ITTIN. Tels sont les mys- « tères du saint nom révélé à Moïse, et dont aucun « autre homme ne partageait avec lui la connaissance!.» Le système des kabbalistes ne repose donc pas simplement sur le principe de l’émanation ou sur l’unité de substance ; ils ont été plus loin, comme on voit : ils ont enseigné une doctrine assez semblable à eelle que les métaphysiciens du Nord regardent aujourd’hui comme la plus grande gloire de notre temps, ils ont cru à l’identité absolue de la pensée et de l’existence ou de l'idéal et du réel; et par conséquent le monde, comme nous le verrons plus tard, ne pouvait être à leurs yeux que l’expression des idées ou des formes absolues de l’intelligence : en un mot, ils nous laissent entrevoir ce que peut la réunion de Platon et de Spinosa. Afin qu'il ne reste aucun doute sur ce fait important, et pour montrer en même temps que les plus instruits parmi les kabbalistes modernes sont restés fidèles aux traditions de leurs prédécesseurs, nous allons ajouter aux textes que nous avons traduits du Zohar un passage très remarquable des commentaires de Corduero. « Les trois « premières Séphiroth, à savoir : la couronne, la sa- « gesse et l'intelligence, doivent être considérées comme « une seule et même chose. La première représente la « connaissance ou la science, la seconde ce qui connaît,

1 NON MONT NII NUIT D'ON 20 NT NDS KT nR 55 qpnnns Nb .DD3T na HN VON TON NIAINNT ANIY 3° part., fol. 65 verso, sect. NiD YIR. HI "ON HYANNA MIT MI

« et la troisième. ce. qui.est connu. Pour s'expliquer « oofte identité, il faut savoir que la science du créateur « n’est pas comme celle des créatures; car, cher celles- « ei, la seience est distincte du sujet de la science et « porte sur des ohjets qui,.à leur tour, sedistinguent « dusujet. C'est cela qu'on désigne par ces trois termes : «la pensée, ce qui pense, et ce ‘qui est pensé. Au-con- «.traire, le créateur est lui-même tout à la fois. la eon- « naissance ef 6e qui connaît et ce qui est connu. . En « effet, sa. manière de connaître ne consiste pas à ap- « pliquer sa pensée à des choses qui sont hors de lui; « c’est en se connaissent et en se sachant lui-même « qu'il connaît et aperçoit taut-ce qui est. Rien n'existe « qui ne soit uni à lui et qu'il:ne:trauve dans sa propre « substance. Il est le type (DE, typus:) de tout: être, « et toutes choses existent en lui sous leur forme la « plus pure et la plus accomplie; de telle sorte que « la’ perfection des créatures. est dans cette existence « même, .par laquelle-elles sa trouvent unies à la source « de: lour être ‘, et à. mesure qu’elles: s'en éloignent, « elles -déchoient de cet état si parfait et si: sublime. « C’est ainsi que. toutes les existences de ce monde ont « leur forme dans les: Séphireth , et les Séphiroth dans «. la.sourve dont elles: émanent 1. »

Les sept attributs dont il nous reste encore à parler,

CL SNIEDO2 PNON NUIT MAIN ND QD 2. Pardes Rimonim, fol. 35 recto.

DEUXIÈME PARTIE. 195 et que Îles kabbalistes modernes ont appelès les Séphsroth de la construction (1551 MYYED), sans doute parce qu’ils servent plus immédiatement à l'édification du monde, se développent, comme les précédents, sous forme de trinités dans chacune desquelles deux extrémes sont unis par un terme moyen. Du sein de fa pensée divine , arrivée pour elle-même à sa plus complète manifestation, sortent d'abord deux principes opposés, l’un actif ou mâle, l’autre femelle ou passif : on trouve dans la grâce ou dans la miséricorde , On, le caractère du premier ; le second est représenté par la justice, ?”3. Mais il est facile de voir par le rôle qu'elles jouent dans l'ensemble du système que cette grâce et cette justice ne doivent pas être prises à la lettre; il s’agit bien plutôt de ce que nous appellerions l’expansion et la concentration de la volonté. En effet, c’est de la prenrière que sortent les âmes viriles et de la se-

conde les âmes féminines. Ces deux attributs sont aussi :

nommés les deux bras de la Divinité : l’un donne la vie et l’autre la mort. Le monde ne saurait subsister s'ils restaient séparés ; ilest même impossible qu'ils s'exercent séparément, car, selon l'expression originale, il n’y a pas de justice sans grâce; aussi vont-elles se réunir dans un centre commun qui est la beauté, MNEN, et dont le symbole matériel est la poitrine ou le cœur ‘.

ANT NO NT NPD ND 42 232229 OMIY NAT TIUD DR 3e part., fol. 443 verso. +0 n°2 197 NÔT Not mobs

C’est un fait assez remarquable que le beau soit considéré comme l'expression et le résultat de toutes les qualités morales, ou comme la somme du bien. Les trois attributs suivants sont purement dynamiques, c’est-à-dire qu'ils nous représentent la Divinité comme la cause, comme la force universelle, comme le principe générateur de tous les êtres. Les deux premiers qui représentent dans cette nouvelle sphère le principe mâle et le principe femelle sont appelés, conformément à un texte de l’Écriture,.le triomphe, r%3, et la gloire, 9. Il serait assez difficile de trouver le sens de ces deux mots s’ils n'étaient suivis de cette définition : « Par le triomphe et la gloire on comprend l’ex- « tension, la multiplication et la force ; car toutes les « forces qui naissent dans l'univers sortent de leur « sein, et c'est pour cela que ces deux Séphiroth sont « appelées les armées de l'Éternel !. » Elles se réunissent dans un principe commun, ordinairement représenté par les organes de la génération, et qui ne peut signifier autre chose que l'élément générateur ou la source, la racine de tout ce qui est. On le nomme, pour cette raison, le fondement ou la base, "0. « Toute « chose, dit le texte, rentrera dans sa base comme elle

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3° part., fol. 296 recto N3%72

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Zohar, 3° 111 NY3 JURA DINAS JIIPN D va JP93 m2 part., fol. 296 recto.

« en est sortie. Toute la moelle, toute la sève, toute la « puissance est rassemblée en ce lieu. Toutes les forces « quiexistent sortent de là par l'organe delagénération.» Ces trois attributs ne forment aussi qu'un seul visage, qu'une seule face de la nature divine, celle qui est représentée dans la Bible par le dieu des armées'. Quant à la dernière des Séphiroth, ou la royauté, mn, tous les kabbalistes s'accordent à dire qu’elle n’exprime aucun attribut nouveau, mais seulement l'harmonie qui existe entre tous les autres et leur domination absolue sur le monde.

Ainsi, les dix Séphiroth, qui forment dans leur ensemble l’homme céleste, l’homme idéal , et ce que Îés kabbalistes modernes ont appelé le monde de l'émanation, men Dy, se partagent en trois classes, dont chacune nous présente la divinité sous un aspect différent, mais toujours sous la forme d’une trinité indivisible. Les trois premières sont purement intellectuelles ou métaphysiques; elles expriment l'identité absolue de l'existence et de la pensée, et forment ce que les kabbalistes modernes ont appelé le monde intelligible ( Cou by) : celles qui les suivent ont un caractère moral; d’une part, elles nous font concevoir Dieu comme l'identité de la bonté et de la sagesse ; de l’autre, elles nous montrent dans la bonté ou plutôt

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