‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 92 sur 202 · Zohar, 4" part., fol. 51 recto, sect. NTwN T · texte numérisé non relu

Zohar, 4" part., fol. 51 recto, sect. NTwN T

ément l’Idra souta, la plus haute expression de la vie et de la perfection morales. Émanation de l'intelligence et de la grâce, elle est souvent comparée à l’orient, au soleil dont la lumière est également réfléchie par tous les objets de ce monde, et sans laquelle tout rentrerait dans la nuit : en un mot, c’est l’idéal. Enfin, qu'est-ce que la royauté? L'action permanente et immanente de toutes les Séphiroth réunies, la présence réelle de Dieu au milieu de la création : et cette idée est - parfaitement exprimée par le mot Sché’hinah (135), l'un des surnoms de la royauté. Ainsi donc, l’Étre absolu, l’être idéal et la force immanente des choses; ou si l’on veut, la substance, la pensée et la vie, c'est-àdire la réunion de l’Étre et de la pensée dans les objets, tels sont les vrais termes de cette trinité nouvelle. Ils constituent ce qu’on appelle la colonne du milieu (NTMOY NIVYYDNT); parce que, dans toutes les figures par lesquelles on a coutume de réprésenter aux yeux les dix Séphiroth, ils sont placés au centre, l’un au dessus de l’autre, en forme de ligne droite ou de colonne. Ces trois termes, comme on peut s’y attendre d’après ce que nous savons déjà, deviennènt autant de visages ou de personnifications symboliques. La couronne ne change pas de nom; elle est toujours le grand visage, l'Ancien des jours, l'Ancien dont le nom soit sanctifié (NUYT> NPNÿ). La beauté, c’est le roi saint, ou simplement le roi (NU NS0: R391) , et la Sché’hinah, la présence divine dans les choses, c’est la Matrone

ou la Reine (NFMIYNM). Si l’une est comparée au soleil, l'autre est comparée à la lune, parce que toute Ja lumière dont elle brille, elle l’'emprunte de plus haut, du degré qui est immédiatement au-dessus d'elle; en d’autres termes, l’existence réelle n’est qu’un reflet ou une image de la beauté idéale. La matrone est aussi appelée du nom d’Éve; car, dit le texte, c’est elle qui est la mère de toutes choses, et tout ce qui existe icibas s’allaite de son sein et est béni par elle ‘. Le roi et la reine, qu'on nomme aussi communément les deux visages (YEYSND V1) *, forment ensemble un couple dont la tâche est de verser constamment sur le monde des grâces nouvelles, et de continuer par leur union, ou plutôt de perpétuer l'œuvre de la création. Mais l'amour réciproque qui les porte à cette œuvre éclate de deux manières, et produit par conséquent des fruits de deux espèces : tantôt il vient d’en haut, va de l’époux à l'épouse et de là à l’univers tout entier; c'està-dire que l’existence et la vie, sortant des profondeurs du monde intelligible, tendent à se multiplier de plus en plus dans les objets de la nature : tantôt, au contraire , il vient d’en bas, il va de l'épouse à l'époux, du monde réel au monde idéal, de la terre au ciel, et ramène dans le sein de Dieu les êtres capables de demander ce retour. Le Zohar nous offre lui-même un

1. Idra souta ad fin. 2YAan0 nat jp 1310 KNNOT Jun 02 | 47029 Où PNN NA 2. Zohar, 3° part., fol. 40 verso, sect. np.

exemple de ces deux:modes de gériération dans le cercle queparcourent les âmes saintes. L'âme, considérée dans son :essence la plus pure, a sa racine dans l’intelligence; je parle de l'intelligence suprême où les formes des êtres commencent déjà à se distinguer les unes'des autres, et.qui n'est en réalité que l'âme ‘universélle. De là, si elle doit être une âme masculins, elle passe par le principe de la grâee ou de l'expansion ; si c’est une âme féminine, elle s’imprègne du principe de la justice ou de la concentration : enfin, elle est enfantée à ce monde où nous vivons par l’union du roi et de la reine, qui sont, dit le texte, à la génération de l’âme ce que l’homme cet :la femme sont à la génération du corps ‘. Voilà.par quél chemin l'âme descend ici-bas. Voici maintenant comment elle est rendue au sein de Dieu: :quand elle a rempli sa mission et que, parée de toutes les vertus, elle est mûre pour le ciel, alors elle s'élève de son propre mouvement, par l'amour qu’elle excite comme par celui qu'elle éprouve, et avec elle s'élève aussi le dernier degré de l’émanation, ou l'existence réelle, ainsi mise en harmonie avec la forme idéale. Le roi et la reine s'unissent de nouveau, mais por une-autre cause et dans .un autre but que la première fois *. « De cette manière, dit le Zohar, la vie est

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