‹ La kabbale (volume 3)Chapitre 94 sur 202 · Chap. 37, v · texte numérisé non relu

Chap. 37, v

DEUXIÈME PARTIE. 207 « ot c'est dans ce voile qu'il sculpta ces rois, qu'il « traça leurs limites et leurs formes; mais ils ne pu- « rent subsister. C’est pour cela qu’il est écrit : Voici « les rois qui régnèrent dans le pays d’Édom avant «- qu'un roi régnât sur les enfants d'Israël. Il s’agit ici « des rois primitifs et d'Israël primitif *. Tous les rois « aingi formés avaient leurs noms; mais ils ne purent « subsister jusqu'à ce qu'il (l'Ancien) descendît vers « eux et se voilât pour eux ?. » Qu'il soit question dans ces lignes d’une création antérieure à la nôtre, de mondes qui ont précédé celui où nous sommes, c’est ce qui ne peut laisser aucun doute; c'est ce que le Zohar lui-même nous dit un peu plus loin dans les termes les plus positifs ?, et telle est aussi la croyance unanime de tous les kabbalistes modernes. Mais pourquoi les anciens mondes ont-ils disparu ? Parce que Dieu n'habitait pas au milieu d'eux d’une manière régulière et constante, ou, comme dit le texte, parce qu’il n'était pas descendu vers eux, parce qu'il ne s'était pas montré encore sous une forme qui lui permit de rester présent au milieu de la création, et de la perpétuer par cette union même. Les existences qu'il produisait alors, par une émanation spontanée de sa propre

4, Le mot primitif (1127p), dans le Zoher, est toujours synonyme d’idéal, de céleste ou d’intelligible.

2. Idra rab. , édit.;d'Amsterdam, 3° part., fol. 448 recto. 3. 3° part., fol. 61. na m7 NOT A7 Map NID NO TY 19 ann p09y

substance, sont comparées à des étincelles s’échappant en désordre d’un foyer commun et mourant à mesure qu'elles s’en éloignent. « Il a existé d'anciens mondes « qui ont été détruits, des mondes sans forme qu'on a « appelés les étincelles (yrwvw3 D91ÿ: pn); car, « c'est ainsi que le forgeron en battant le fer fait jail- « lir des étincelles de tout côté. Ces étincelles sont les « anciens mondes , et ces anciens mondes ont été dé- « truits et n’ont pu subsister, parce que l'Ancien, dont « lenom soitsanctifié, n'avait pas encore revêtu sa forme, « et l’ouvrier n’était pas encore à son œuvre ‘. »

Et quelle est done cette forme sans laquelle toute durée et toute organisation sont impossibles dans les existences finies, qui représente, à proprement parler, l’ouvrier dans les œuvres divines, sous laquelle enfin Dieu se communique et se reproduit en quelque sorte hors de lui? C’est la forme humaine entendue dans sa plus haute généralité, embrassant avec les attributs moraux et intellectuels de notre nature les conditions de son développement et de sa perpétuité, en un mot, la distinction des sexes, que les auteurs du Zohar admettent pour l'âme aussi bien que pour le corps. La distinction des sexes ainsi comprise, ou plutôt la division et la reproduction de la forme humaine sont pour eux le symbole de la vie universelle, d’un déve-

4. Idra souta, 3° part. du Zohar, fol. 292 verso, édit. d'Amsterdam NPA UT NOT NAT TPAPNN NII NI2 PNDTP 7007 DAY PARA PPT IPN

loppement régulier et infini de l’Étre, d’une création régulière et continue, non seulement par la durée, mais aussi par la réalisation successive de toutes les formes possibles de l'existence. Nous avons déjà rencontré précédemment le fond de cette idée; mais ici il y a quelque chose de plus : c'est que l'expansion graduelle de la vie, de l'être et de la pensée divine, n’a pas commencé immédiatement au-dessous de la substance; elle a été précédée de cette émanation tumultueuse, désordonnée et, si je puis dire ainsi, inorganique dont nous avons parlé tout à l'heure. « Pourquoi « tous ces anciens mondes furent-ils détruits? Parce « que l’homme n'étäit pas formé encore. Or, la forme « de l’homme renferme toutes choses; toutes choses « peuvent se maintenir par elle. Comme cette forme « n'existait pas encore, les mondes qui l'avaient pré- « cédée ne purent subsister ni se maintenir, et ils tom- « bèrent tous en ruines, jusqu'à ce que la forme de « l’homme fût établie : alors ils renaquirent tous avec « elle, mais sous d’autres noms ‘. » Nous ne démontrerons pas par de nouveaux textes la distinction des . sexes dans l’homme idéal ou dans les attributs divins; il nous suffira de remarquer ici que cette distinction, répétée sous mille formes dans le Zohar, reçoit aussi le nom caractéristique de balance Crau) « C'était « avant que la balance fût établie, dit le Livre du mys-

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