Zend Av., t. II, p
4. Mcinoircs de V Académie des Inscriptions, t. XXXVIi, p. 620.
280 LA KACDALE.
le rôle de médiateur entre le temps sans bornes et les existences qui s'écoulent de son sein. Elle renferme la source et le modèle de toutes les perfections, avec la puissance de les réaliser dans les êtres '. Enfin, ce qui achève de lui donner toute ressemblance avec le verbe kabbalistique, c'est qu'elle a un corps et une âme, c'esL-à-dire qu'elle est à la fois esprit et parole. Esprit, elle n'est rien moins que l'âme d'Ormuzd, comme ce dernier le dit lui-même expressément*; parole ou corps, c'est-à-dire esprit devenu visible, elle est en môme temps la loi et l'univers ^
5" Nous trouvons dans Ormuzd quelque chose de tout à fait semblable à ce que le Zohar ap[)elle une 'personne ou 1*1^*^^^ un visage (ï^'.ïid). Il est, en effet, la plus haute personnifica- ' tion de la parole créatrice, de cette parole excellente dont
on a fait son âme. Aussi faut-il chercher en lui plutôt que dans le principe suprême, dans le temps éternel, la réunion de tous les attributs que l'on donne ordinairement à Dieu et qui en sont la manifestation, c'est-à-dire, dans le langage oriental, la lumière la plus brillante et la plus pure. « Au « commencement, disent les livres sacrés des Parses, Ormuzd, « élevé au-dessus de tout, était avec la science souveraine, « avec la pureté, dans la lumière du monde. Ce trône de « lumière (nasTr), ce lieu habité par Ormuzd, est ce qu'on cf appelle la lumière première *. » Il renferme en lui, ainsi que l'homme céleste des kabbalistes, la vraie science, l'intelligence à son plus haut degré, la grandeur, la bonté, la beauté, l'énergie ou la force, la pureté ou la splendeur; en-
1. Ih. supr. Voici les propres paroles de l'auteur : « L'ilonover, dans l'opinion de Zoroaslre, renferme la source et le modèle de toutes les perfections des êtres, la puissance de les produire, et il ne s'est manifesté que par une sorte de prolation de la part du temps sans bornes et de celle d'Ormuzd. »