‹ La kabbaleChapitre 115 sur 224 · Zend Av., t. 111, p · texte numérisé non relu

Zend Av., t. 111, p

fin, c'est lui qui a créé, ou du moins qui a formé et qui nourrit tous les êtres '.Sans doute, on ne peut rien conclure de ces qualités elles-mêmes et de leur ressemblance avec les Sephiroth; mais on ne peut s'empêcher de remarquer qu'elles sont toutes réunies dans Ormuzd, dont le rôle, par rapport à l'infini, au temps et à l'espace sans bornes, est le même que celui d'Adam Kadmon par rapport à VEn Soph. Et même, si nous en croyons l'historien que nous avons déjà cité, il y avait chez les Perses une secte fort nombreuse aux yeux de laquelle Ormuzd, c'était la volonté divine, manifestée sous une forme humaine et tout éblouissante de lumière ^ Il est vrai aussi que les livres zends ne s'expliquent pas sur l'acte par lequel Ormuzd a produit le monde, sur la manière dont il est sorti lui-même ainsi que son ennemi du sein de l'Eternel, et enfin sur ce qui constitue la substance première des choses ^. Mais, Dieu iine fois comparé à la lumière, la cause efficiente du monde subordonnée à un principe supérieur, l'univers considéré comme le corps de la parole invisible, il n'est guère possible qu'on n'arrive pas à regarder tous les êtres comme des mots isolés de cette éternelle parole ou comme des rayons épars de cette lumière infinie. Aussi avons-nous remarqué que le pnnlhéisme gnoslique se rattache plus ou moins au principe fondamental de la théologie des Parses *.

1. Voir Eugène Burnouf, Commentaire sur le Yaçua, chap. i, jusiju'à l.i page 14G.

2. Celle secte est celle des Zerdusthiens. Voici leur opinion, rapportée par Sharistani dans la traduction latine de Thom. llvde {de Vet. Pers. reliy., p. 298) : « et postquam effluxissent 5000 anni, transmisisse volunlatem suam in forma lucis fulgentis compositœ in figuram humanam j.

3. Ils disent qu'Onnuzd et Ahrimane ont été donnés de Zervan, le temps éternel; qu'Ormuzd a donné le ciel, la terre et toutes ses productions. Mais nulle part le sens de ce mot important n'est clairement déterminé.

4. Cependant il n'est pas sans importance d'observer que dans le Zend Avcs(a (t. 11, p. 180) Ormuzd est appelé le corps des corps. Ne serait-ce pas

4° D'après les croyances kabbalistiques, comme d'après le système de Platon, tous les êtres de ce monde ont d'abord existé dans le monde invisible, sous une forme beaucoup plus parfaite; chacun d'eux a dans la pensée divine son modèle invariable, qui ne peut se montrer ici-bas qu'à travers les imperfections de la matière. Cette conception, où le dogme de la préexistence est confondu avec le principe de la théorie des idées, nous la trouvons également dans le Zend Ave^la, sous le nom de feroucr. Yoici comment ce nom est expliqué par le plus grand orientaliste de nos jours : ce On sait que, par ferouër, les Parses entendent le « type divin de chacun des êtres doués d'intelligence, son « idée dans la pensée d'Ormuzd, le génie supérieur qui ce l'inspire et veille sur lui. Ce sens est établi tout à la « fois par la tradition et par les textes ^ » L'interprétation d'Anquetil-Duperron est parfaitement d'accord avec celle-ci% et nous ne rapporterons pas tous les passages du Zoid Avesta qui la confirment. Nous aimons mieux signaler sur un point particulier de cette doctrine, entre les kabbalistcs et les disciples de Zoroastre, une coïncidence très remarquable. Nous nous rappelons ce magnifique passage du Zohar oh. les âmes, au moment d'être envoyées sur la terre, représentent à Dieu combien elles vont souffrir éloignées do lui ; combien de misères et de souillures les attendent dans notre monde : eh bien, dans les traditions religieuses des Parses, les ferouërs font entendre les mômes plaintes, et Ormuzd leur répond à peu près comme Jéhovah à ces âmes

la substance des substances, le fondement (i"idi) des kabbalistes? Burnout cite aussi un commentaire pehlvi très ancien, où nous voyons, comme dans le Sépher ielzii-ah et le Zohar, les deux mondes représentés dans le symbole d'un charbon embrasé; le monde supérieur, c'est la flamme, et la nature visible, la matière enflammée. Comment, sur le Yciçna, p. 172.

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