‹ La kabbaleChapitre 15 sur 224 · riTTin inur )rw au?nur · texte numérisé non relu

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2. TlTC'CD vient prohahleinent des deux mots grecs [j.izà. Oo6vov. En effet, d'après les kabhidistes, l'ange qui porte ce nom préside au monde ielzirah ou le monde des sphères, qui vient immédiatement après le monde des purs esprits, le monde Beriah, qu'on appelle le Trône de gloire {1133,1 NDD)) '^^ simplement le Trône (x"'''D"nD)'

nombres (Nnrcu) est tout à fait synonyme de tout-puissant^. Sans doute la kabbale, comme nous le prouverons bientôt, est beaucoup plus éloignée du dualisme que de ce qu'on appelle aujourd'hui, dans un pays voisin, la doctrine de l'identité absolue; mais la manière allégorique dont elle sépare l'essence intelligible de Dieu et la puissance ordonnatrice du monde, n'est-elle pas propre à nous expliquer l'erreur signalée par la Guemara ?

Une dernière citation tirée de la même source, et accompagnée des réflexions de Maimonides, achèvera, je l'espère, la démonstration de ce point capilal, qu'une sorte de philosophie, de métaphysique religieuse , s'enseignait pour ainsi dire à l'oreille parmi quelques-uns des thannaïm ou des plus anciens théologiens du judaïsme. Le Thalmud nous apprend que l'on connaissait autrefois trois noms pour exprimer l'idée de Dieu, à savoir le fameux tétragramme ou nom de quatre lettres, puis deux autres noms étrangers à la Bible, dont l'un se composait de douze, l'autre de quarante-deux lettres. Le premier, quoique interdit au grand nombre, circulait assez librement dans l'intérieur de l'école. « Les « sages, dit le texte, l'enseignaient une fois par semaine à c( leurs fils et à leurs disciples ^ « Le nom de douze lettres était, dans l'origine, plus répandu encore. «On l'enseignait « à tout le monde. Mais quand le nombre des impies se « multiplia, il ne fut plus confié qu'aux plus discrets d'entre « les prêtres, et ceux-là le faisaient réciter à voixbasse à leurs « frères pendant la bénédiction du peuple^ » Enfin, le nom de quarante-deux lettres était regardé comme le plus saint

i. Le nom de Mélalrône {'iiyCiZ'd) exprime, comme le mot schadai (i-U,*)f que l'on traduit p.'sr tout-puissant, le nombre 514,

3. Thalm. Babyl Tract. Derachoih et Maim. Moreh Ncbouchim, 1'° partie, ch, LXII.

des mystères*. « On ne l'enseignait qu'à un homme d'une « discrétion reconnue, d'un âge mûr, inaccessible à la co- « Icre et à l'intempérance, étranger à la vanité, et plein de « douceur dans ses rapports avec ses semblables*. » « Oui- « conque, ajoute le Tlialmud, a été instruit de ce secret et « le garde avec vigilance dans un cœur pur, peut compter « sur l'amour de Dieu et sur la faveur des hommes; son « nom inspire le respect, sa science ne craint pas l'oubli, et « il se trouve l'héritier de deux mondes, celui où nous «vivons maintenant, et le monde à venir". » Maïmonides observe, avec beaucoup de sens, qu'il n'existe dans aucune langue un nom composé de quarante-deux lettres; que cela est surtout impossible en hébreu, où les voyelles ne font pas partie de l'alphabet. Il se croit donc autorisé à conclure que ces quarante-deux lettres se partageaient entre plusieurs mots dont chacun exprimait une idée nécessaire ou un attribut fondamental de l'Etre, et que, tous réunis, ils formaient la vraie définition de l'essence divine *. Lorsqu'on dit ensuite, continue le même auteur, que le nom dont on vient de parler était l'objet d'une étude, d'un enseignement réservé seulement aux plus sages, on veut nous apprendre sans doute qu'à la définition de l'essence divine se joignaient des éclaircissements nécessaires, ou certains développements sur la nature même de Dieu et des choses en général. Cela n'est pas moins évident pour le nom de quatre lettres ; car, comment supposer qu'un mol si fréquent dans la Bible, iet dont la Bible elle-même nous donne celte définition subhme : Cfjo mm qui suin, ait été tenu pour un secret que les

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