De Vild eonleniplalhà, dans le recueil de ses Œuvres
prétendait dévoiler les secrels de la création et de la nature divine. Les Esséniens formaient une société organisée, assez semblable aux communautés religieuses du moyen âge; leurs sentiments et leurs idées se rétléchissaient dans leur vie extérieure; et d'ailleurs ils admettaient parmi eux tous ceux qui se distinguaient par une vie pure, même des enfants et des femmes. Les kabbalistes, depuis leur apparition jusqu'au temps oii la presse a trahi leur secret, s'étaient toujours enveloppés de mystère. De loin en loin, après mille précautions, ils ouvraient à demi les portes de leur sanctuaire à quelque nouvel adepte, toujours choisi dans l'élite de l'intelligence, et dont l'âge avancé devait offrir une preuve de discrétion et de sagesse. Enfin, malgré la sévérité toute pharisaïque avec laquelle ils observaient le sabbat, les Esséniens ne craignaient pas cependant de rejeter publiquement les traditions, d'accorder â la morale une préférence très marquée sur le culte, et même ils étaient loin de conserver dans ce dernier les sacrifices et les cérémonies cqmmandés par le Pentateuque. Mais les adeptes de la kabbale, comme les karmates parmi les fidèles de l'islamisme, comme la plupart des mystiques chrétiens, se conformaient à toutes les pratiques extérieures; ils se gardaient, en général, d'attaquer la tradition qu'ils invoquaient aussi en leur faveur, et, comme nous avons déjà pu le remarquer, plusieurs d'entre eux étaient comptés parmi les docteurs les plus vénérés de la Mischna. Nous ajouterons que plus tard on les a vus rarement infidèles à ces habitudes de prudence.