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CHAPITRE ir

DES LI\TIES KABBALISTIQUES — AUTIIENTICFTE DU SEPHER lETZIRAII

Nous arrivons maintenant aux livres originaux oii, selon l'opinion la plus répandue, le système kabbalislique s'est formulé dès sa naissance. Ils devaient être très nombreux, si nous en jugeons par les titres qui nous sont parvenus*. Mais nous serons uniquement occupés de ceux que le temps nous a conservés, et qui se recommandent à notre attention par leur importance aussi bien que par leur antiquité. Ces derniers sont au nombre de deux, et répondent assez bien à l'idée que nous pouvons nous faire, d'après le Thalmud, de VHisloire de la Genèse et de la Sainte Mercaba : l'un, intitulé le Livre de la création, nT'ïi ied, renferme, je ne dirai pas un système de physique, mais de cosmologie, tel qu'il

\. On cite frcquenimeut le Scplier habaliir, i>|-iin "120' £'tt'''ljué à Nechonia ben Ilakana, contemporain de llillel le Vieux et d'Uérode le Grand. Oo fait passer, encore aujourd'hui, pour des extraits de ce livre divers fragments évidemment inauthcnliques. Tels sont encore les fragments réunis sous le titre du Fidèle Paslcur, x;3î3M)2 N'^VT» <^l ordinairement imprimes avec le Zohar, sous forme d'un commentaire. Enfin, il ne nous reste rien que les noms et quelques rares citations des auteurs suivants, dont le Zohar fait souvent mention avec le plus grand respect : R. Jossé le Vieux, XSD ''DV l'f ^- Uamnouna le Vieux, j^^D NJ3î2n l'y ^^- J*^''^' ^^ Vieux, j^^D ''2'''! T

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pouvait être conçu à une époque et dans un pays où Thabilude d'expliquer tous les phénomènes par une action immédiate de la cause })remière devait étouffer l'esprit d'observation; où par conséquent certains rapports généraux et superficiels aperçus dans le monde extérieur devaient passer pour la science de la nature. L'autre est appelé le Zoliar, in?, ou la lumière, d'après ces paroles de Daniel : ce Les hommes « intelligents brilleront comme la lumière du ciel\ » Il traite plus particulièrement de Dieu, des esprits et de l'âme humaine, en un mot, du monde spirituel. iSous sommes loin d'accorder à ces deux ouvrages la même importance et la même valeur. Le second, beaucoup plus étendu, beaucoup plus riche, mais aussi plus hérissé de difficultés, doit sans doute occuper la plus grande place; mais nous commencerons par le premier, qui nous paraît le plus ancien.

En faveur de l'antiquité du Sepher ietzirah on a invoqué des textes thalmudiques dont ni le sens ni l'âge n'ont été bien établis. iSous les passerons sous silence ainsi que les légendes et les controverses auxquelles ils ont donné lieu. Nos observations ne porteront que sur le fond du livre que nous avons pour but de faire connaître. Elles suffiront pour en faire apprécier le caractère et en démontrer la haute origine.

1" Le système qu'il renferme répond exactement à l'idée que nous pouvons nous en faire d'après son titre; nous pouvons nous en assurer par ces mots qui en forment la première proposition : « C'est avec les trente-deux voies iner- « veilleuses de la sagesse que le monde a été créé par « l'Eternel, le Seigneur des armées, le Dieu d'Israël, le Dieu « vivant, le Dieu tout-puissant, le Dieu suprême qui habite « l'Eternité, dont le nom est sublime et saint. »

2° Les moyens qu'on y emploie pour expliquer l'œuvre de la création, l'importance qu'on y donne aux nombres et

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