DES LIVRES KABBALISTIQUES
quarante ans, et peut-être aussi l'héroïsme de sa mort. Les vingt-quatre mille disciples qu'on lui attribue ne s'accordent guère avec la défense que fait la Mischna de divulguer à plus d'une personne, même les secrets les moins importants de la kabbale.
Plusieurs critiques modernes ont imaginé que, sous le même titre de Sepher ietzirali, il a existé deux ouvrages différents, dont l'un, attribué au patriarche Abraham et mentionné dans le Thalmud, a disparu depuis longtemps ; l'autre, beaucoup plus moderne, est celui que nous avons conservé. Cette opinion n'a pas d'autre base qu'une grossière ignorance. Morin, l'auteur des Exercices bibliques^ l'a empruntée à un chroniqueur du seizième siècle, qui, en parlant d'Akiba, s'exprime ainsi : « C'est lui qui a rédigé le Livre de la créa- « tion, en l'honneur de la kabbale; mais il existe un autre « Livre de la création, composé par Abraham, et sur lequel « R. Moïse ben Nachman (nommé par abréviation le Ram- « ban) a fait un grand et merveilleux commentaire^ » Or, ce commentaire, écrit à la fin du treizième siècle, mais imprimé dans l'édition de Mantoue^ [)lusieurs années après la chronique qui vient d'être citée, se rapporte évidemment au livre qui est aujourd'hui entre nos mains ; la pliipart des expressions du texte y sont fidèlement conservées, et il est évident qu'il n'a pas été lu par l'historien dont nous venons de rapporter les paroles. Au reste, le premier qui ait subslilué le nom d'Akiba à celui d'Abraham, c'est un kabbaliste
des moindres particularilés des lettres de la Bible des « monceaux » de préceptes : nijSn Su; ]iS^n "iS\n-