Il faut se rappeler que le mot Zohar signifie lumière
3- Le premier de ces deux rabbins célèbres, après avoir passé la plus grande partie de sa vie en Espagne, est mort à Jérusalem en 1500; le second florissait en 1520.
^- nb^DH ribu/hty> édition d'Amsterdam, fol. 23, vers, et rect.
AUTUENTICITÉ DU ZOUAR. 67
« attribué. D'autres afrirmaient que R. Moïse ben Nacbman « ayant fait la découverte de ce livre dans la Terre Sainte, « l'envoya en Catalogne, d'oij il passa en Aragon et tomba « entre les mains de R. Moïse de Léon. Enfin, plusieurs ont c< pensé que ce R. Moïse de Léon était un homme instruit, « qu'il trouva tous ces commentaires dans sa propre ima- « gination, et qu'afm d'en retirer un grand profit de la « part des savants, il les publia sous le nom de R. Simon ben « Jocbaï et de ses amis. On ajoute qu'il agit ainsi parce qu'il « était pauvre et écrasé de charges. Pour moi, dit encore le ce môme auteur, je pense que toutes ces opinions n'ont (c aucun fondement, mais que R. Simon ben Jochaï et sa « sainte société ont réellement dit toutes ces choses, et ence core beaucoup d'autres ; seulement il peut se faire qu'elles « n'aient pas été, dans ce temps-là, convenablement rédi- « gées; qu'après avoir été disséminées longtemps dans plu- « sieurs cahiers, elles aient enfin été recueillies et mises en « ordre. Il ne faut pas qu'on s'étonne de cela; car c'est ainsi « que notre maître Judas le Saint a rédigé la Mischna, dont « divers manuscrits étaient d'abord dispersés aux quatre « extrémités de la lerre. C'est encore de la même manière « que R. Aschi a composé hGuemara. » Nous voyons par ces ])aroles, auxquelles en dernier résultat la critique moderne n'a pas beaucoup ajouté, que la question qui nous occupe en ce moment a déjà reçu trois solutions différentes : ecux-ci veulent que, à l'exception de quelques passages écrits en hébreu, mais qui du reste n'existent aujourd'hui dans aucune édition*, dans aucun manuscrit connu, le Zohar appartienne entièrement à Simon ben Jochaï; ceux-là, tout aussi exclusifs dans leur manière de voir, l'attribuent à un imposteur, appelé Moïse de Léon, et ne peuvent le faire
1. Il y a deux ancienacs éditions du Zohar, qui ont servi de modèles à toutes les autres : ce sont celles de Crémone et de Mantouo, publiées l'une et l'autre dans la même année de 1559.
C8 LA KABDALE.
remonter plus haut qu'à la fin du treizième ou au commencement du quatorzième siècle. Enfin, d'autres ont paru chercher un terme moyen entre ces deux opinions extrêmes, en supposant que Simon ben Jochaï s'est contenté de propager sa doctrine par l'enseignement oral, et que les souvenirs qu'il laissa ou dans la mémoire ou dans les cahiers de ses disciples ne furent réunis que plusieurs siècles après sa mort, dans le livre que nous possédons aujourd'hui sous le nom de ZoJiar.
La première de ces opinions, considérée dans un sens absolu, quand on prend à la lettre les termes dans lesquels nous l'avons exposée, mérite à peine une réfutation sérieuse. Voici d'abord le fait sur lequel on a voulu la fonder et que nous emprunterons au Thalmud* : « R. Jehoudah, (c II. Jossé et R. Simon ben Jochaï étaient un jour réunis « et près d'eux se trouvait un certain Jehoudah ben Guè- « rim \ Alors R. Jehoudah dit en parlant des Romains : Que « cette nation est grande dans tout ce qu'elle a fait! Voyez a comme elle a construit partout des ponts, des marchés et « des bains publics ! A ces mots, R. Jossé garda le silence; « mais Simon ben Jochaï répondit : Elle n'a rien fait qui « n'ait pour but son propre avantage; elle a fait construire ce des marchés pour y attirer des femmes perdues, des « thermes pour s'y rafraîchir, et des ponts pour y percevoir « des impôts. R. Jehoudah ben Guèrim, allant raconter ce « qu'il avait entendu, le fit parvenir aux oreilles de César, et ce celui-ci rendit un arrêt ainsi conçu : Jehoudah qui m'a ^c exalté sera élevé en dignité; Jossé qui a gardé le silence « sera exilé à Sipora (c'est-à-dire à Sepphoris); Simon, qui c( a médit de moi, sera mis à mort. Aussitôt celui-ci, accom-