‹ La kabbaleChapitre 23 sur 224 · Tliahn. Bahijl., iiait. sabhal., cli. ii, fol · texte numérisé non relu

Tliahn. Bahijl., iiait. sabhal., cli. ii, fol

2. 2i-)j p. Ce nom signifie litléralenient descemlanl de prosélytes. On veut probablement donner à entendre, d'après un sentiment très commun chez les anciens, que son sang étranger est la vraie cause de sa trahison.

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« pagné de son fils, alla se cacher dans la maison d'étude ; « la gardienne leur apportait chaque jour un pain et une « jatte d'eau. Mais la proscription qui pesait sur lui étant « très sévère, Simon dit à son fils : Les femmes sont d'un « caractère faible; il est donc à craindre que, pressée de <c questions, notre gardienne ne finisse par nous dénoncer. « Sur ces réflexions ils quittèrent cet asile et allèrent se ca- <c cher au fond d'une caverne. Là, par un miracle opéré en « leur faveur. Dieu créa aussitôt un caroubier et une source « d'eau. Simon et son fils se dépouillèrent de leurs vête- « ments, et, ensevelis dans le sable jusqu'au cou, ils passè- « rent tous leurs jours dans la méditation de la loi. Ils vé- « curent ainsi dans cette caverne pendant douze ans, jusqu'à « ce que le prophète Elie, paraissant à l'entrée de leur re- « traite, leur fit entendre ces mots : Qui annoncera au fils de « Jochaï que César est mort et son arrêt tombé dans l'oubli? « Ils sortirent et virent comment les hommes cultivent « et ensemencent la terre. » C'est, dit-on (mais ce n'est plus le Thalmud qui l'assure), pendant ces douze années de solitude et de proscription que Simon ben Jochaï, aidé par son fils Eléazar, composa le fameux ouvrage auquel son nom est resté attaché. Quand même on aurait écarté de ce récit les circonstances fabuleuses qui s'y mêlent, il serait encore difficile d'admeltre comme légitime la conséquence qu'on en tire; on ne dit pas quels furent l'objet et le résultat de ces méditations dans lesquelles les deux proscrits cherchaient à oublier leurs peines. Ensuite, on trouve dans le Zohar une multitude de faits et de noms que Simon ben Jochaï, mort quelques années après la ruine de Jérusalem, au commencement du second siècle de l'ère chrétienne, ne pouvait certainement pas connaître. Comment, par exemple, aurait-il pu parler des six parties dans lesquelles se divise la Mischna, écrite à peu près soixante ans après lui'? Comment pourrait-il

i. Zohar, éd'l. de Manloue, 5° p:irl., fol. 20. — Ib., fol. 29, vers. Nous

mentionner et les auteurs et les procédés de Ja Guemara^ qui commence à la mort de Judas le Saint et ne finit que cinq siècles après la naissance du Christ ' ? Comment aurait-il appris les noms des points voyelles et des autres inventions de l'école de TiLériade, qu'on peut faire remonter tout au plus au commencement du sixième siècle*? Plusieurs critiques ont cru observer que, sous le nom d'Ismaélites, il est aussi question dans le ZoJiar des Arabes mabométans, que tous les écrits publiés par les Juifs modernes désignent de la même manière. Il est, en effet, difficile de ne pas admettre cette interprétation dans le passage suivant :

.« La lune est à la fois le siq^ne du bien et le siane du mal. « La pleine lune, c'est le bien ; la nouvelle lune, c'est le mal. « Et parce qu'elle comprend en même temps le bien et le « mal, les enfants d'Israël et ceux d'Ismaël l'ont prise éga- « lement pour règle de leurs calculs. S'il arrive une éclipse « pendant la pleine lune, ce n'est pas un bon présage pour « Israël ; si, au contraire, l'éclipsé a lieu pendant la nouvelle « lune (une éclipse de soleil), c'est un mauvais présage pour « Ismaël. Ainsi se vérifient ces paroles du prophète [h. xxix, « 14) : La sagesse des sages périra et la prudence des hom- « mes intelligents sera obscurcie....'» Cependant nous ferons remarquer que ces mots n'appartiennent pas au texte : ils sont empruntés à un commentaire beaucoup moins ancien, qui a pour titre : Le fidèle pasteur, N:a''nî2N*i*;i, et que, de

citons de préférence ce dernier passage, où l'on compare les six traités de la Mischna a six degrés du trône suprême : mSyc UU.' liTN n"wD ''1~D îVXj

1. Tons les termes de la discussion thalmudique sont énuniérés dans le

passage suivant : p^i, ^s^-f □i;2Sr ip Ni nîZpi NT^p 'il nn^^n n^< ma^t ip'in »s~ ~i£2 '-r>* irx Nnini xt --^2 rn'2'j hzi^ n^bn. 3° part-,

loi. 155, recl., édit. de Mantoue.

2. Genèse, col. 152 et 155. — Lévil., bl, vers. — Édit. Mantoue, i'" part.^ fol. 24, vers.; fol. 15, vers., et pass.

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leur propre autorité, les premiers éditeurs ont substitué au Zohar, partout où dans celui-ci ils ont cru trouver une lacune.

On aurait pu trouver dans le Zohar même un passage plus décisif, car voici ce qu'un disciple de Simon ben Jochaï prétend avoir entendu de la bouche de son maître : « Malce heur sur l'instant où Ismaël a été enfanté au monde et ce revêtu du signe de la circoncision ! Car que fit le Seigneur, ce dont le nom soit béni? Il exclut les enfants d'Ismaël de ce l'union céleste. Mais comme ils avaient le mérite d'avoir ce adopté le signe de l'alliance, il leur réserva ici-bas une ce part dans la possession de la Terre Sainte. Les enfants d'Isec maël sont donc destinés à régner sur la Terre Sainte, et ce ils empêcheront les enfants d'Israël d'y revenir. Mais cela ce ne durera que jusqu'au temps où le mérite des enfants ce d'Ismaël sera épuisé. Alors ils exciteront dans le monde cèdes guerres terribles; les enfants d'Édom se réuniront ce contre eux et les combattront, les uns sur terre, les autres ce sur mer, et d'autres près de Jérusalem. La victoire sera ce tantôt à ceux-ci, tantôt h ceux-là ; mais la Terre Sainte ne ce sera pas livrée aux mains des enfants d'Édom. » Pour bien comprendre le sens de ces lignes, il suffit de savoir que, sous le nom d'Edom, les écrivains juifs (je parle de ceux qui ont fait usage de l'hébreu) ont d'abord désigné Rome païenne, puis ils l'ont étendu à Rome chrétienne et aux peuples chrétiens en général. Or, il ne peut pas être question ici de Rome païenne; donc on a voulu parler de la lutte des Sarrasins contre les chrétiens, et même des croisades, avant la prise de Jérusalem. Quant à la prédiction de Simon ben Jochaï, je n'ai pas besoin de dire de quel poids elle doit être dans notre jugement. Mais je ne veux pas insister plus longtemps sur la démonstration de ces faits, aujourd'hui généralement connus et répétés à l'envi par tous les critiques

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modernes \ Nous y ajouterons seulement une dernière observalion, qui, je l'espère, ne sera pas perdue pour la conclusion à laquelle nous voulons finalement arriver. Pour avoir la conviction que Simon ben Jochaï ne peut pas être l'auteur du Zohar et que ce livre n'est pas, comme on le prétend, le fruit de treize ans de méditations et de solitude, il suffit de donner quelque attention aux récits qui s'y m^'lent presque toujours à l'exposition des idées. Ainsi, dans le fragment intitulé VIdra soula, »xi2i7x-nx, que nous espérons traduire au moins en grande partie, et qui forme dans celte immense compilation un épisode admirable à tous égards, Simon, sur le point de mourir, réunit autour de lui» pour leur donner ses dernières instructions, le petit nombre de ses disciples et de ses amis, parmi lesquels se trouve son fils Eléazar. « Toi, dit-il à ce dernier, tu étudieras, R. Aba « écrira, et mes autres amis méditeront en silence ^ » Partout ailleurs, c'est assez rarement le maître qui parle, mais ses doctrines sont dans la bouche de son fils ou de ses amis, qui se réunissent encore après sa mort pour se communiquer leurs souvenirs et s'éclairer réciproquement dans la foi commune. Ces paroles de l'Écriture : « Combien il est beau « de voir des frères rester unis! » leur semblent s'appliquer à eux-mêmes''. Quelques-uns d'entre eux viennent-ils à se rencontrer en chemin, aussitôt leur conversation se porte sur le sujet habituel de leurs méditations, et alors on explique dans un sens tout à fait spirituel quelque passage du Vieux Testament. En voici un exemple, pris au hasard entre mille: ce R. Jehoudah et R. Jossése trouvaient ensemble en

1. ai"i3Dn nnS'CÎZ' 5° part., fol. 281, vers., édit. de Mantoue. Voy. Peler Béer, Hisl. des sectes du jucla'isme, 2° part., p. 50 et suiv. — Morinus, Exercilat. biblic., lib. II, exercit, 9. — Wolf. Bibliollt. Iiébr.

ini^aba 'î1^Ti'1\ ^° part., fol. 287, vers. 5. 5° part., fol. 59, vers.

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« voyage ; alors le premier dit à son compagnon de route : ce Dis-moi quelque chose de la loi, et l'esprit divin descen- « dra parmi nous; car toutes les fois qu'il médite les paroles « de la loi, l'esprit de Dieu vient s'unir à l'homme ou mar- <c che devant lui pour le conduire *. » Enfin, comme nous l'avons dit plus haut, on cite aussi des livres dont il ne nous est parvenu que des lambeaux épars, et qu'il faut nécessairement supposer plus anciens que le Zohar. Nous nous contenterons de traduire le passage suivant, que l'on croirait écrit par quelque disciple de Copernic, si l'on n'était obligé, môme en lui refusant toute authenticité, de le faire remonter au moins jusqu'à la fin du treizième siècle : « Dans « le livre de Hamnouna le Vieux on apprend, par des expli- « cations étendues, que la terre tourne sur elle-même en « forme de cercle; que les uns sont en haut, les autres en « bas; que toutes les créatures changent d'aspect suivant ce l'air de chaque lieu, en gardant pourlant la même posi- « tion ; qu'il y a telle contrée de la terre qui est éclairée, « tandis que les autres sont dans les ténèbres ; ceux-ci ont « le jour quand pour ceux-là il fait nuit ; et il y a des pays « oii il fait constamment jour, où du moins la nuit ne dure « que quelques instants '. »

11 est bien évident, d'après cela, que l'auteur du Zohar, quel qu'il soit, n'a pas même eu la prétention de l'attribuer à Simon ben Jochaï, dont il raconte la mort et les derniers instants.

Sommes-nous donc obligés d'en faire honneur à un obscur rabbin du treizième siècle, à un malheureux charlatan qui, en l'écrivant, en y consacrant nécessairement de longues années, ne cédait qu'au cri de la misère et à l'esjioir de la soulager par un moyen aussi lent qu'in-

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