‹ La kabbaleChapitre 25 sur 224 · part., fol. 99, sect. Mischpatim · texte numérisé non relu

part., fol. 99, sect. Mischpatim

6. Hieron. ad Marcell., epist. 156, t. 111 de ses Œuvres complèl:3.

AUTUENTICITÉ DU ZOUAR. 79

tiques fragments du Zoharel en même temps le résumé des principes les plus élevés de la kabbale : « Lorsque l'homme (c veut adresser une prière au Seigneur, il peut invoquer « également, soit les saints noms de Dieu, Eheïeh, Jah, « Jehovah, El, Elohim, Jedoud, Elohei-Tsabaoth, Sdiaclau « Adonai, soit les dix Sephiroth, à savoir : la Couronne, la « Sagesse, rintelligence, la Beauté, la Grâce, la Justice, etc. » Tous les kabbalistes sont d'accord sur ce principe, que les i dix noms de Dieu et les dix Sepliiroth sont une seule et même chose : car, disent-ils, la partie spirituelle de ces ' noms, c'est l'essence même des numérations divines \ Saint Jérôme, dans plusieurs de ses écrits, parle aussi de certaines traditions hébraïques sur la Genèse qui font le Paradis, ou, comme on l'appelle toujours en hébreu, l'Eden (^^"1:1), plus ancien que le monde ^ Remarquons d'abord qu'il n'existait pas chez les Juifs d'autres traditions connues sous un titre analogue que celles qui étaient comprises dans cette science mystérieuse appelée par le Thalmud VHisloire de la Genèse. Quant à la croyance rapportée en leur nom, elle s'accorde parfaitement avec le Zohar, où la Sagesse suprême, le Yerbe divin par lequel a commencé et s'est accomplie la création, le principe de toute intelligence et de toute vie, est désigné comme le véritable Eden, autrement appelé l'Eden supérieur (hnS:; V"^)'"' ^^^'^ un fait plus grave que tous ceux qui viennent d'être énoncés, c'est l'intime ressemblance que

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mTSDn. Pai'dcs Rimoniin, fol. 10, verso.

2. llieron. opp. dernier vol. de l'édit. de Paris. — Voy. aussi le petit ouvrage inlilulé : Quesliones liebraïcœ in Gcnesim. — Les traditions sur la Genèse sont le livre hébraïque de la Petite Genèse, ou Jubilés, qui rapportait sans doule l'opinion du Thalmud, que parmi les choses créées avant le inonde se trouve aussi l'Eden. Sifri, Mechilla, Pesaliim, 540, .\edorim, 396, etc.

3. Zohar, Idra souta, i^-x \S,T, -,NU7 hzi kSSj nNÎ2\1D 7\i{hj NDJH

80 Li KABBALE.

nous offre la kabbale, dans le langage aussi bien que dans la pensée, avec toutes les secles du gnoslicisme, surtout celles qui ont pris naissance en Syrie, et avec le code religieux des Nazaréens, découvert il y a (|uelques années seulement, et traduit du syriaque en latin. Nous attendrons, pour donner à ce fait le caractère de l'évidence, que nous soyons arrivé à cette partie de notre travail où nous chercherons à connaître les rapports qui existent entre le système kabbalistiquc et les autres systèmes philosophiques ou religieux. Ici nous nous contenterons de faire observer que les doctrines de Simon le Magicien, d'EIxaï, de Bardesanes, de Basilide et de Yalentin ne nous sont connues que par des fragments disséminés dans les œuvres de quelques Pères de l'Église, comme dans celles de saint Irénée et de Clément d'Alexandrie. Or, on ne peilt pas supposer que ces œuvres aient été familières à un rabbin du treizième siècle, qui, dans l'ouvrage même dont on veut lui faire honneur, se montre fort étranger à toute littérature, et surtout à celle du christianisme. Nous sommes donc forcé d'admettre que le gnosticisme a beaucoup emprunté, non pas sans doute au Zohar lui-même, tel que nous le possédons aujourd'hui, mais aux traditions et aux théories qu'il renferme.

Nous ne séparerons pas de l'hypothèse que nous venons d'écarter celle qui, nous présentant la kabbale comme une imitation de la philosophie mystique des Arabes, la fait naître dans l'empire des kalifes, au plus tôt vers le commencement du onzième siècle, époque à laquelle la philosophie musulmane nous offre pour la première fois des traces de mysticisme*. Cette opinion, exprimée il y a longtemps comme une simple conjecture, dans les Mémoires de

1. C'est Avicennc qui passe généralemenf pour le premier organe du inysUcisme chez les Arabes. Né en 992, il est mort en 1056.

AUTHENTICITE DU ZOIIAR. 81

VAcadémie des inscriptions^ M. Tholuck a voulu récemment la ressusciter et lui prêter l'appui de sa riche érudition. Dans un premier mémoire, rcclierchant l'influence que la philosophie grecque a pu exercer sur celle des mahométnns% le savant orientaliste arrive à cette conclusion : que la doctrine de l'cmanalion a été connue des Arabes en même temps que le sysième d'Aristolc; car ce dernier n'est arrivé jusqu'à eux qu'à travers les commentaires de Thémislius, deThéon de Smyrne, d'Enée de Gaza, de Jean Philopon, en un mot avec les idées d'Alexandrie, exprimées cependant sous une forme très incomplète. Ce germe, une fois déposé dans le sein de l'islamisme, ne tarda pas à se développer en un vaste système qui, semblable à celui de Plotin, mettait l'enlhousiasmo au-dessus de la raison, et, après avoir fait sortir lous les êtres de la substance divine, proposait à l'homme, comme le dernier terme de la perfection, d'y rentrer par l'extase et l'anéantissement de soimême. C'est ce mysticisme moitié arabe, moitié grec, que M. Tholuck veut nous faire admettre comme la vraie et unique source de la kabbale^ A cette fin, il commence par s'attaquer à l'authenticité des livres kabbalistiques, surtout à celle du Zohar, qu'il regarde comme une compilation de la fin du treizième siècle, tout en accordant à la kabbale elle-même une existence plus ancienne*. Quand il pense avoir mis ce point hors de doute, il entreprend de démontrer la parfaite ressemblance des idées contenues dans ces livres avec celles qui font la substance du mysticisme arabe. M. Tholuck n'ayant avancé, contre l'authenticité des monu-

\. Remarques sur l'aiiliquilé et l'origine de la Cabbale, par de La Nauzc, (. IX des Méin. de VAcad. des inscript.

9. Cnmmenlatio de vi quam (jrœca philosophia in (licoloijiam lum Mulianimedanorum, tnin Judicortim, exercuerii. Particula I, ihmib., 1855, in-i.

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