Premier chapitre, première mischna
3. Introduction au commentaire d'Abraham ben Daoud sur le Sepher icizirah, édit. de Mantoue.
^' l'ED" 1£D* 13D3» premier chapitre, première proposition.
ANALYSE DU SEPIIER lETZIRAH. 107
gers au texte. Cependant nous ne pouvons pas laisser ignorer qu'ils ont été compris tout difleremment et d'une manière qui ne répugne ni au caractère général du livre, ni aux lois de l'élymologie, par l'auteur espagnol que nous avons nommé un peu plus haut. Voici comment il s'exprime à ce sujet : « Par le premier de ces trois termes (Sephar), *lfeb=- « on veut désigner les nombres, qui seuls nous offrent un or^a^*^ t « moyen d'apprécier la disposition et les proportions néces- f^M^^v^ « saires à chaque corps pour atteindre le but dans lequel « il a été créé; et la mesure de longueur, la mesure de c( capacité et la mesure de poids, et le mouvement, et l'har- « monie, toutes ces choses sont réglées par le nombre. Le ^ ^,0. « second terme [Sipur] veut dire la parole et ki voix, ^ijlujtt*^ (c parce que c'est la parole divine, c'est la voix du Dieu \'e^<^j^'f^f « vivant qui a produit les êtres sous leurs diverses formes, c( soit extérieures, soit intérieures; c'est à elle qu'on a fait « allusion dans ces mots : « Dieu dit que la lumière soit, o et la lumière fut ». Enfin, le troisième terme (SepJier) ''j^b'-i^ « signifie l'écriture. L'écriture de Dieu, c'est l'œuvre de la <c création; la parole de Dieu, c'est son écriture; la pensée c de Dieu, c'est sa parole. Ainsi, la pensée, la parole et \\ ^ <■< l'écriture ne sont en Dieu qu'une seule chose, tandis que j\ ^ ' « dans l'homme elles sont trois^ » Cette explication a 1' d'ailleurs le mérite de caractériser assez bien, tout en l'ennoblissant, ce bizarre système qui confond la pensée avec des symboles généralement connus, pour la rendre en (juelque sorte visible, et dans l'ensemble et dans les diverses pai'ties de l'univers.
1. « Quizo dezir en la palabra Sephar la cantidad y el peso de los cucrpos criados, por quanlo la cantidad en modo que sea el cuerpo ordenado y proporoionado, apto para lo que es criado, no es sino por-numero; y la medida, y la cantidad, y el peso, y la proporzion de los movimientos, y la orden de la liannonia todo es por numéro, que es lo que quiere dezir Sephar. Y Sipur quiere dezir la habla e la voz, pcro es liabla divina, voz de palabras de Dios
Sous le nom de Sephiroth, qui joue ailleurs un si grand rôle, mais qui entre ici pour la première fois dans le langage de la kabbale, on s'occupe d'abord des dix nombres ou numérations abstraites^ Elles sont représentées comme les formes les plus générales, par conséquent les plus essentielles de tout ce qui est, et, si je puis m'exprimer ainsi, comme les catégories de l'univers. Nous voulons dire qu'en cherchant, n'importe de quel point de vue, les premiers éléments ou les principes invariables du monde, on doit, d'après les idées dont nous sommes l'interprète, rencontrer toujours le nombre dix. « Il y a dix Sephiroth ; dix et non « pas neuf, dix et non onze; fais en sorte que tu les com- « prennes dans ta sagesse et dans ton intelligence ; que sur « elles s'exercent constamment tes recherches, tes spécu- « lalions, ton savoir, ta pensée et ton imagination; fais « reposer les choses sur leur principe, et rétablis le Créa- « teur sur sa base*. » En d'autres termes, et l'action divine et l'existence du monde se dessinent également aux yeux de l'intelligence sous cette forme abstraite de dix nombres, dont chacun représente quelque chose d'infini, soit en étendue, soit en durée, soit par tout autre attribut. Tel est du moins le sens que nous attachons à la proposition sui-
TÎvo, con laquai es la existencia de la cosa en su forma exterior y enterior, de laquai se habla, coine dixo, y dixo Dios sca lia, y fue luz. Y Scplicr quiere dezir la escritura;y la escritura de Dios son sus criaciones; y la palabra de Dios es su escritura ; y la consideracion de Dios es su palabra conque el Sephar, y el Sipur, y el Sepher en Dios son una cosa, y en el hombre son très. » Cuzary, Discors., 4, § 25.
^* HD ^^3. mT£D TkîT". Celte expression seule, aussi bien que les développements dont elle est suivie, ne permet pas d'adopter un autre sens, comme celui de splière, fondé sur l'ctymologie grecque cr-jaîpa, ou l'idée de lumière, exprimée par le mot aaphir. Le livre de Raziel, malgré les extravagances qu'il contient, ne s'éloigne pas, sur ce point, de la vérité. mViS^ m;l2U,*nn Su HD^riD T1î2/b HD ^Sl- Raziel, édit. d'Amsterd., fol, 8, verso.
â. Chap. i", prop. 9.
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vante : « Pour les dix Sephirolh, il n'y a pas de fin, ni « dans l'avenir, ni dans le passé, ni dans le bien, ni dans « le mal, ni en élévation, ni en profondeur, ni à l'orient, « ni à l'occident, ni au midi, ni au nord'. « 11 faut remarquer que les divers aspects sous lesquels on considère ici l'infini sont au nombre de dix, ni plus ni moins; par conséquent, nous n'apprenons pas seulement, dans ce passage, quel doit êlre le caractère général de toutes les Sephiroth ; nous y voyons de plus à quels principes, à quels éléments elles correspondent. Et comme ces différents points de vue, quoique opposés deux à deux, appartiennent cependant à une seule idée, à un seul infini, on ajoute : « Les dix Sephi- « rotb sont comme les doigts de la main, au nombre de « dix, et cinq contre cinq; mais au milieu d'elles est l'al- « liance de ^unilé^ » Ces derniers mots nous fournissent îi la fois l'explication et la preuve de tout ce qui précède.
Cette manière d'entendre les dix Sephirotb, sans sortir précisément des rapports que présentent les cboses extérieures, a cependant un caractère éminemment abstrait et métapbysique. Si nous voulions la soumettre à une analyse sévère, nous y trouverions, subordonnées à l'infini et à l'unité absolue, les idées de durée, d'espace et d'un certain ordre invariable sans lequel il n'y a ni bien ni mal, même dans la splière des sens. Mais voici une énumération un peu différente, qui, au moins en apparence, fait une plus grande part aux éléments matériels. Nous nous bornons à traduire. « La première des Sepbirolli, un, c'est l'esprit du « Dieu vivant; béni soit son nom, béni soit le nom de celui ce qui vit dans l'éternité! L'esprit, la voix et la parole, voilà c< l'esprit saint.
« Deux, c'est le souffie qui vient de l'esprit': en lui sont