Chap. 1", prop
3. niia nn- ''^" '"^'^'■cu, le même mot désigne à la fois l'air et l'esprit :
« gravées et sculptées les vingt-ileux lettres qui ne forment « cependant qu'un souffle unique.
« Trois, c'est l'eau qui vient du souffle ou de l'air. C'est « dans l'eau qu'il a creusé les ténèbres et le vide, qu'il a « formé la terre et l'argile, étendue ensuite en forme de « tapis, sculptée en forme de mur et couverte comme d'un « toit.
« Quatre, c'est le feu qui vient de l'eau, et avec lequel il c< a fait le trône de sa gloire, les roues célestes [ophanim)^ a les séraphins et les anges serviteurs. Avec les trois en- « semble il a construit son habitation ainsi qu'il est écrit : « Il fait des vents ses messagers, et des feux enflammés ses « serviteurs. »
Les six nombres suivants représentent les différentes extrémités du monde, c'est-à-dire les quatre points cardinaux, plus la hauteur et la profondeur. Ces extrémités ont aussi pour emblèmes les diverses combinaisons qu'on peut former avec les trois premières lettres du mot Jehovah\
Ainsi, à part les différents points qu'on peut distinguer dans l'espace, et qui n'ont par eux-mêmes rien de réel, tous les éléments dont ce monde est composé sont sortis les uns des autres, en prenant un caractère de plus en plus matériel, à mesure qu'ils s'éloignent de l'esprit saint, leur commune origine. N'est-ce pas cela qu'on appelle la doctrine de l'émanation? N'est-ce pas cette doctrine qui nie la croyance
nous aurions donc pu dire aussi bien l'esprit qui vient de l'esprit. Mais alors il faudrait admetlre, dans la proposition suivante, que l'esprit a engendré l'eau, ce qui est, sans contredit, moins probable que la version à laquelle s'est arrêté notre choix. D'ailleurs, le premier nombre ne présente pas Dieu lui-même, mais l'esprit de Dieu; le second, par conséquent, ne peut être que l'expression de cet esprit, le souffle ou l'haleine dans laquelle viennent se résoudre, en quelque sorte, les vingt-deux lettres. Considéré sous ce point de vue, l'air, sans être trop éloigné des régions de l'esprit, peut déjà être compté parmi les trois éléments matériels, si positivement désignés dans les chapitres suivants. 1. Chap. i", de la propos. 9 à la propos. 12.
ANALYSE DU SEPIIER lETZIRAII. Ui
populaire que le monde a été tiré du néant? Les paroles suivantes nous aideront peut-être à sortir de l'incertitude : « La fin des Sephiroth se lie à leur principe comme la <c flamme est unie au tison, car le Seigneur est un, et il <c n'y en a pas un second. Or, en présence de l'un, que sont « les nombres et les paroles'? » Pour ne pas nous laisser ignorer qu'il s'agit ici d'un grand mystère qui nous commande la discrétion jusqu'avec nous-mêmes, on ajoute immédiatement : « Ferme ta bouche pour ne pas en parler, « et ton cœur pour ne pas y réfléchir; et si ton cœur s'est ce échappé, ramène-le à sa place; car c'est pour cela que c< l'alliance a été faite*. » Je suppose qu'on veut, par ces derniers mots, faire allusion à quelque serment en usage parmi les kabbalistes, pour dérober leurs principes à la connaissance de la multitude. Quant au premier de ces deux passages, la singulière comparaison qu'il renferme est assez fréquemment répétée dans le Zohar : nous la retrouverons étendue, développée et appliquée à l'âme aussi bien qu'à Dieu. Ajoutons à cela que dans tous les temps et dans toutes les sphères de l'existence, dans la conscience aussi bien que dans la nature extérieure, la formation des choses par voie d'émanation a été représentée par le rayonnement de la flamme ou de la lumière.
A cette théorie, si toutefois nous ne faisons pas une distinction plus apparente que réelle, s'en mêle une autre qui a fait un chemin plus brillant dans le monde, et qui se présente ici avec un caractèVe remarquable : c'est celle du verbe, de la parole de Dieu identifiée avec son esprit, et considérée, non pas seulement comme la forme absolue, mais comme l'élément générateur et la substance même de l'univers. En effet, il ne s'agit plus, comme dans la traduc-