‹ La kabbaleChapitre 39 sur 224 · Cliap. 1", propos. G · texte numérisé non relu

Cliap. 1", propos. G

lion clialdaïque d'Onkelos, de substituer partout, pour anéantir ranthropomorphisme, la pensée ou l'inspiration divine à Dieu lui-môme, lorsqu'il intervient comme une personne humaine dans les récits bibliques : le livre que nous avons sous les yeux affirme expressément, dans un langage concis mais pourtant clair, que l'esprit saint, ou \ l'esprit du Dieu vivant, forme, avec la voix et la parole, une seule et môme chose; qu'il a successivement comme rejeté de son sein tous les éléments de la nature physique; enlin, il n'est pas seulement ce qu'on appellerait, dans la langue d'Aristote, le principe matériel des choses; il est le verbe devenu monde. Du reste, il faut nous rappeler que, dans cette partie de la kabbale, il n'est question que du monde, et non de l'homme ou de l'humanité.

Toutes ces considérations sur les dix premiers nombres occupent une place très distincte dans le Livre de la création. 11 est facile de voir qu'elles s'appliquent à l'univers en général, et qu'elles regardent plutôt la substance que la forme. Dans celles que nous avons devant nous, on compare entre elles les diverses parties de l'univers, on s'efforce de les ramener sous une loi commune, comme on a voulu précédemment les résoudre en un principe commun ; on y donne enfin plus d'attention à la forme qu'à la substance. Elles ont pour base les vingt-deux lettres de l'alphabet hébreu. Mais il faut songer au rôle extraordinaire qui, déjà dans la première partie, est attribué à ces signes extérieurs de la pensée. Considérés seulement par rapport aux sons qu'ils représentent, ils se trouvent, pour ainsi dire, sur la limite du monde intellectuel et du monde physique; car si, d'une part, ils viennent se résoudre dans un seul élément matériel, qui est le souffle ou l'air, de l'autre ils sont les signes indispensables à toutes les langues, et par conséquent la seule forme possible ou la forme invariable de l'esprit. INi l'ensemble du système ni le sens littéral ne nous permettent

ANALYSE DU SEPIIER lETZlRAII. 113

d'interpréter différemment ces mots déjà cités plus haut : « Le nombre deux (ou le second principe de l'univers), c'est ce l'air qui vient de l'esprit; c'est le souffle dans lequel sont « gravées et sculptées les vingt-deux lettres qui, toutes « réunies, ne forment cependant qu'un souffle unique. » Ainsi, par une combinaison bizarre, mais qui ne manque pas d'une certaine grandeur, qui, du moins, se comprend et s'explique, les articulations les plus simples de la voix humaine, les signes de l'alphabet ont ici un rôle tout à fait semblable à celui des idées dans la philosophie de Platon. C'est à leur présence, c'est à l'empreinte qu'ils laissent dans les choses, qu'on reconnaît dans l'univers et dans toutes ses parties une intelligence suprême; c'est enfin par leur inlermédiaire que l'esprit saint se révèle dans la nature. Tel est le sens de la proposition qu'on va lire : « Avec les vingtce deux lettres, en leur donnant une forme et une figure, en « les mêlant et les combinant de diverses manières. Dieu a « fait l'âme de tout ce qui est formé et de tout ce qui le ce sera*. C'est sur ces mêmes lettres que le saint, béni soitce il, a fondé son nom sublime et ineffable^ »

Elles se partagent en divers ordres qu'on appelle les trois mères, les sept doubles et les douze simples". 11 n'est d'aucune utilité, pour le but que nous poursuivons, de faire connaître la raison de ces étranges dénominations*. D'ailleurs la place des lettres est entièrement envahie par la division que nous venons d'exposer et par les nombres qui en résul-

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