‹ La kabbaleChapitre 42 sur 224 · ANALYSE DU ZOIL^U — MÉTHODE ALLÉGORIQUE DES KABBALISTES · texte numérisé non relu

ANALYSE DU ZOIL^U — MÉTHODE ALLÉGORIQUE DES KABBALISTES

Puisque les auteurs qui ont contribué à la formation du Zoha?' nous présentent leurs idées sous la forme la plus humble et la moins logique, celle d'un simple commentaire sur les cinq livres de Moïse, nous pouvons, sans manquer à leur égard de respect ou de fidélité, nous conformer au plan qui nous aura paru le plus convenable. Et d'abord il nous mportede savoir comment ils entendent l'interprétation des Ecritures saintes; comment ils parviennent à s'en faire un appui, dans l'instant où ils s'en écartent le plus; car c'est en cela, comme nous l'avons déjà fait remarquer, que consiste leur méthode d'exposition ; et, en général, le mysticisme symbolique n'a pas d'autre hase. Voici, sur ce sujet, leur jugement formulé par eux-mêmes : « Malheur à « l'homme qui ne voit dans la loi que de simples récits et des « paroles ordinaires! Car, si, en vérité, elle ne renfermait « que cela, nous pourrions, même aujourd'hui, composer « aussi une loi bien autrement digne d'admiration. Pour ne ce trouver que de simples paroles, nous n'aurions qu'à nous « adresser aux législateurs de la terre chez lesquels on ren-

ANALYSE DU ZOIIAR. 121

« contre souvent plus de grandeur*. Il nous suffirait de les « imiter et de faire une loi d'après leurs paroles et à leur « exemple. Mais il n'en est pas ainsi : chaque mot de la loi « renferme un sens élevé et un mystère sublime. »

« Les récils de la loi sont le vêtement de la loi. Malheur « à celui qui prend ce vêtement pour la loi elle-même ! C'est ce dans ce sens que David a dit : Mon Dieu, ouvre-moi les « yeux, afin que je contemple les merveilles de la loi. David c( voulait parler de ce qui est caché sous le vêtement de la « loi. 11 y a des insensés qui, apercevant un homme couvert « d'un beau vêtement, ne portent pas plus loin leurs regards, « et cependant ce qui donne une valeur au vêtement c'est le « corps, et ce qui est encore plus précieux, c'est l'âme. La « loi aussi a son corps. Il y a des commandements qu'on « pourrait appeler le corps de la loi. Les récits ordinaires « qui s'y mêlent sont les vêlements dont ce corps est recou- « vert. Les simples ne prennent garde qu'aux vêlements ou « aux récits de la loi ; ils ne connaissent pas autre chose ; ils « ne voient pas ce qui est caché sous ce vêlement. Les hom- « mes plus instruits ne font pas attention au vêlement, mais « au corps qu'il enveloppe. Enfin, les sages, les serviteurs « du Roi suprême, ceux qui habitent les hauteurs du Sinaï, « ne sont occupés que de l'âme, qui est la base de tout le « reste, qui est la loi elle-même ; et dans les temps futurs « ils seront préparés à contempler l'âme de cette âme qui « respire dans la loi '. » C'est ainsi que, par la supposition, sincère ou non, d'un sens mystérieux, ignoré des profanes, les kîibbalistes se sont d'abord mis au-dessus des faits historiques et des préceptes positifs qui composent les Écritures. C'était pour eux le seul moyen de s'assurer la plus com-

Tr^ ^nSi?. ï^*^ Icxlc étant trop long à rapporter tout entier, ncus avons été obligé (1(! choisir.

Page 1