ANALYSE DU ZOUAR
« pu exister sans soleil, sans lune et sans étoiles ; que pente dant le premier jour il n'y avait pas même de ciel? Où « trouvera-t-on un esprit assez borné pour admettre que Dieu « s'est livré comme un homme à l'exercice de l'agriculture « en plantant des arbres dans le jardin d'Eden, situé vers « l'Orient; que l'un de ces arbres était celui de la vie, qu'un <' autre pouvait donner la science du bien et du mal? Perte sonne, je pense, ne peut hésiter à regarder ces choses « comme des figures sous lesquelles se cachent des mys- « lères ^ » Enfin il admet aussi la distinction du sens historique, du sens législatif ou moral, et du sens mystique. Seulement, au lieu d'être assimilé aux vêtements qui nous couvrent, le premier est comparé au corps, le second à l'àme et le dernier à l'esprit ^ Pour établir entre la lettre sacrée et ces interprétations arbitraires certains rapports au moins apparents, les anciens kabbalisles avaient quelquefois recours à des moyens artificiels, qu'on rencontre très rarement dans le Zohar, mais qui, en revanche, ont pris beaucoup de place et d'autorité chez les kabbalistes modernes \ Comme ils sont, par leur propre nature, indignes de tout intérêt, qu'ils ne viennent jamais à l'appui de quelque
1. « Cuinam quœso scnsuin habenli convenienter videbitur dicluni quod dies prima, et secunda et terlia, in quibus et vespera nominalur et mane, fueriiit sine so!e, et sine lunà, et sine stellis; prima auteni dies sine cœlo? Quis veiô ità idiotes inveniliir ut putet, velut hominem quemdam agricolam, Deum plantasse arbores inParadiso, in Eden, contra orienteni, et arborem vitai plantasse in co, ila ut manducans quis ex eà arbore vitam pcrcipiat? et rursùs ex alià iiianducans arbore, boni et inali scienliam capiat? » etc., î:spt àp/wv, liv. IV, cb. u, Iluet, Origeniaua, p. 167.
■2. « Tripliceni in Scripluris divinis intelligenliie modum, historicuin, moralein, et myslicuin : unde et corpus inesse et animani ac spiritum inlellcximus. )) Homil. 5, in Levil.
3. Ces moyens sont au nombre de trois : l'un, k''"113D"'A' consiste à remplacer un mot par un autre qui a la même valeur numérique, l'autre, VpiTCi:, l'ait de cbaque lettre d'un mot l'initiale d'un autre mot. Eudn, en vertu du dernier, ni1î2n> o" cbange la valeur des lettres; par exemple, on remplace
idée importante, et qu'enfin tout le monde en a parlé, nous les passerons sous silence pour arriver plus vite à l'objet essentiel de nos recherches, à la doctrine qui fut le fruit de cette indépendance dissimulée, qui fait l'unité et la base de ces prétendus commentaires.
Nous chercherons d'abord à faire connaître quelle est, d'après les plus anciens fragments du Zohar, la nature de Dieu et de ses attributs. Nous exposerons ensuite l'idée qu'ils nous donnent, je ne dirai pas de la création, mais de la formation des êtres en général, ou des rapports de Dieu avec l'univers. Enfin nous nous occuperons de l'homme: nous dirons comment on le conçoit sous ses principaux aspects; comment on définit son origine, sa nature et ses destinées. Celle marche ne nous paraît pas seulement la plus simple et la plus commode : nous croyons, comme nous l'avons dit plus haut, qu'elle nous est imposée par le caractère dominant du système.
la première par la dernière, et réciproquement. Yoy. Reuchlin, de Arte cahalislic. ; AVolf, deuxième volume de la Dibliotjr. Jiébr.; Basnage, Hist. dca Juifs, etc., etc.