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CHAPITRE III

SUITE DE L ANALYSE DU ZOIIAR — OPINION DES KARDALISTES Sun LA NATURE DE DIEU

Les kablialisles ont deux manières de parler de Dieu, qui ne font aucun tort à l'unité de leur pensée. Quand ils cherchent à le définir, quand ils distinguent ses attributs, et veulent nous donner une idée précise de sa nature, leur langage est celui de la métaphysique ; il a toute la clarté que comportent de telles matières et l'idiome dans lequel elles sont exposées. Mais quelquefois ils se contentent de représenter la Divinité comme l'être qu'il faut renoncer à comprendre entièrement, qui demeure toujours en dehors de toutes les formes dont notre imagination se plaît à le revêtir. Dans ce dernier cas, toutes leurs expressions sont poétiques et figurées, et c'est en quelque sorte par l'imagination même qu'ils combattent l'imagination : alors tous leurs efforts tendent à délriiiie l'anthropomorphisme, en lui donnant des proportions tellement gigantesques, que l'esprit effrayé ne trouve plus aucun (crme de comparaison, et se voit forcé de se reposer dans l'idée de l'infini. Le Lirre du Myxlère est écrit tout entier dans ce style-là; mais les allégories qu'il emploie étant trop souvent des énigmes, nous aimons mieux, pour confirmer ce que nous venons de dire, citer un passage de

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Vldra raba ^ Simon ben Jochaï vient de rassembler ses disciples. Il leur a dit que le temps était venu de travailler pour le Seigneur, c'est-à-dire de faire connaître le véritable sens de la loi, que les jours de l'homme sont comptés, les ouvriers en petit nombre, et la voix du créancier, la voix du Seigneur, de plus en plus pressante. Il leur a fait jurer de ne point profaner les mystères qu'il allait leur confier, puis, s'asseyant parmi eux dans un champ, à l'ombre des arbres, il se montra prêt à parler au milieu du silence. « Alors une voix se fit entendre, et leurs genoux s'entre-cho- « quèrent de frayeur. Quelle était cette voix? C'était la « voix de l'assemblée céleste qui se réunissait pour écou- « ter. Rabbi Simon, plein de joie, prononça ces paroles : Sei- « gneur,je ne dirai pas, comme un de tes prophètes*, qu'en « entendant ta voix je suis saisi de crainte. Ce n'est plus « maintenant le temps de la crainte, mais celui de l'amour, ce ainsi qu'il est écrit : Tu aimeras l'Eternel ton Dieu ^ » Après ■ cette introduction qui ne manque ni de pompe ni d'intérêt, vient une longue description entièrement allégorique de la grandeur divine. En voici quelques traits : « Il « est l'ancien des anciens, le mystère des mystères, l'in- « connu des inconnus. Il a une forme qui lui appartient, « puisqu'il nous apparaît comme le vieillard par excellence, « comme l'ancien des anciens, ce qu'il y a de plus inconnu « parmi les inconnus. xMais, sous cette forme qui nous le c( fait connaître, il reste cependant l'inconnu. Son vêtement « paraît blanc, et son aspect est brillant ^ Il est assis sur

1. Ces deux mots signifient la Grande assemblée, parce que le fragment auquel ils servent de titre comprend les discours tenus par Simon hen Jochaï au milieu de tous ses disciples, réunis au nombre de dix. Plus tard, quand la mort les a réduits à sept, ils forment la Pclile assemblée (x'ol' NTTx)j à laquelle Simon ben Jochaï s'adresse avant de mourir.

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