Zohar, 5" part., fol. ISS, recto
4. Je n'ai pu trouver aucun autre sens à ces doux mois ii^^x" N"j»*"'P
ANALYSE DU ZOIlAR. 127
« un Irône crétincelles qu'il soumet à sa volonté. La blan- « clic lumière de sa tète éclaire quatre cent mille mondes. « Quatre cent mille mondes nés de cette blanche lumière dece viennent l'héritage des justes dans la vie à venir. Chaque « jour voit éclore de son cerveau treize mille myriades de « mondes qui reçoivent de lui leur subsistance, et dont il « supporte à lui seul tout le poids. De sa tête il secoue une « rosée qui réveille les morts et les fait naître à une vie nonce velle. C'est pour cela qu'il est écrit : Ta rosée est une rosée ce de lumière. C'est elle qui est la nourriture des saints de ce l'ordre le plus élevé. Elle est la manne qu'on prépare aux ce justes pour la vie à venir. Elle descend dans le champ des ce fi-uits sacrés ^ L'aspect de cette rosée est blanc comme le te diamant, dont la couleur renferme toutes les couleurs... ce La longueur de ce visage, depuis le sommet de la tète, est ce de trois cent soixante et dix fois dix mille mondes. On ce l'appelle le long visage; car tel est le nom de l'ancien des ce anciens ^ »
Nous manquerions cependant à la vérité si nous laissions croire que le reste doit être jugé sur cet exemple. La bizarrerie, l'affectation, l'habitude, si commune en Orient, d'abuser de l'allégorie jusqu'à la subtilité, y tiennent plus de place que la noblesse et la grandeur. Ainsi, cette tète éblouissante de lumière, par laquelle on représente l'éternel foyer de l'existence et de la science, devient en quelque sorte le sujet d'une étude anatomique; ni le front, ni la face, ni les youx, ni le cerveau, ni les cheveux, ni la barbe, rien n'est oublié; tout devient une occnsion d'énoncer des nombres et des proportions (jui rappellent l'infinie C'est
\. C'est ainsi qu'on aj)|)(,'lle les adeptes de la kahljale.
2. Ce long ou grand visage n'est pas autre chose, comme nous le verrons bientôt, que la substance de Dieu ou la première des Sephiroth.
3. Ib. siipr., fol. 129, recto et verso; lôO, recto et verso. La seule desciiptioa de la li:ir!)e et du la clievcltire occupe une 1res grande place dans VIdra raba.
évidemment là ce qui a provoqué, contre les kabbalisles, le reproche d'anthropomorphisme et même de matérialisme que leur ont adressé quelques écrivains modernes. Mais ni cette accusation, ni la forme qui en est le prétexte, ne méritent de nous arrêter plus longtemps. Nous allons donc essayer de traduire quelques-uns des fragments où le même sujet est traité d'une manière plus intéressante pour la philosophie et pour l'histoire de l'intelligence humaine. Le premier que nous citerons forme un tout complet d'une assez grande étendue, et qui, par cela seul, se recommande à noire attention. Sous prétexte de faire connaître le sens véritable de ces paroles d'Isaïe : « A quoi pourrcz-vous me « comparer qui me soit égal'? » il nous explique la génération des dix Sephiroth, ou principaux attributs de Dieu, et la nature de Dieu lui-même, quand il se cachait encore dans sa propre substance. « Avant d'avoir créé aucune forme « dans ce monde; avant d'avoir produit aucune image, il « était seul, sans forme, ne ressemblant à rien. Et qui « pourrait le concevoir comme il était alors, avant la créa- « tion, puisqu'il n'avait pas de forme? Aussi est-il défendu « de le représenter par quelque image et sous quelque « forme que ce soit, même par son saint nom, même par « une lettre ou par un point. Tel est le sens de ces mots : « Vous n'avez vu aucune figure le jour où l'Eternel vous « parla-; c'est-à-dire vous n'avez vu aucune chose que « vous puissiez représenter sous une forme ou par une ce image. Mais après avoir produit la forme de VHomme « céleste, n^V^* aiN, il s'en servit comme d'un char, razm ^ « Mercaba, pour descendre; il voulut être appelé par cette « forme, qui est le saint nom de Jehovah; il voulut se faire « connaître par ses attributs, par chaque attribut séparc-