Idra raba, If part, du Zo/ior, fol. 135, verso
car ils fiircnl placés au dernier degré de l'univers. Ils représentent l'existence purement passive, ou, pour nous servir des expressions mêmes du Zohai\ une justice sans aucun mélange de grâce, un lien où tout est rigueur et justice {\y2T\ "jnnNrn i'':'''?! nnxn) \ où tout est féminin sans aucun principe masculin (Nipiiiinx), c'est-à-dire où tout est résistance et inertie, comme dans la matière. C'est pour cela même qu'ils ont été nommés les rois d'Edom, Edom étant l'opposé d'Israël qui représente la grâce, la vie, l'existence spirituelle et active. Nous pourrions aussi, prenant à la lettre la plupart de ces expressions, dire avec les kabbalisles modernes, que les anciens mondes sont devenus un séjour de châtiment pour le crime, et que de leurs ruines sont sortis ces êtres malfaisants qui servent d'instruments à la justice divine. Rien ne serait changé dans la pensée; car, comme nous pourrons tous nous en assurer un peu plus loin, dans les idées du Zohar, où la métempsycose joue un si grand rôle, le châtiment des âmes coupables consiste précisément h renaître dans les degrés les plus infimes de la création et à subir de plus en plus l'esclavage de la matière. Quant aux démons, qu'on appelle toujours du nom significatif d'enue- J))^''}) loppes (niîtSp), ils ne sont pas autre chose que la matière elle-même et les passions qui en dépendent. Ainsi, toute forme de l'existence, depuis la matière jusqu'à l'éternelle sagesse, est une manifestation, ou, si l'on veut, une émanalion de l'Etre infini. Mais il ne suffit pas que toutes choses viennent de Dieu pour avoir de la réalité et de la durée; il faut encore que Dieu soit toujours présent au milieu d'elles, qu'il vive, se développe et se reproduise éternellement, et à l'infini, sous leur apparence; car, sitôt qu'il voudrait les livrer à elles-mêmes, elles s'évanouiraient comme une ombre." Miiîs que dis-jcT Cette ombre est encore une partie de
Lira laba, ib., fol. 1 1!?, reclo. — ïdra soula, ad lia.
la chaîne des manifestations divines; c'est elle qui est la matière; c'est êTle qui marque la limite oi!i disparaissent à nos yeux l'esprit et la vie : elle est la fin, comme l'homme idéal est le commencement. C'est sur ce principe que se fondent à la fois la cosmologie et la psychologie kabhalistiques.