‹ La kabbaleChapitre 60 sur 224 · Ib. supr., fol. 75-75, recto · texte numérisé non relu

Ib. supr., fol. 75-75, recto

2. T^yj "izD '\r^D i:d nnx 1:2 d-x i;î: ni2\si nt,""!'- 2= part., foi. 73,

verso, et seq.

avcude est constamment la môme. Nous en offrons un exemple dans ces mots : « Dieu anima d'un esprit partice culier chaque partie du firmament ; aussitôt toutes les c< armées célestes furent formées et se trouvèrent devant lui. ce C'est ainsi qu'il faut expliquer ces paroles : Avec le souffle

ce de sa bouche il créa toutes les armées Les esprits

ce saints, qui sont les messagers du Seigneur, ne descendent ce que d'un seul degré; mais dans les âmes des justes il y a ce deux degrés qui se confondent en un seul : c'est pour cela ce que les âmes des justes montent plus haut, et que leur ce rang est [)lus élevé *. » Les thalmudistes eux-mêmes, malgré leur attachement à la lettre, professent le même principe : ce Les justes, disent-ils, sont plus grands que les ce anges *. » Nous comprendrons encore mieux ce qu'on a voulu dire par ces esprits qui animent tous les corps célestes et tous les éléments de la terre, si nous prenons garde aux noms et aux fonctions qui leur sont donnés. Avant tout, il faut écarter les personnifications purement poétiques, dont le caractère ne peut exciter le moindre doute; et tels sont tous les anges qui portent le nom, soit d'une qualité morale, soit d'une abstraction métaphysique; par exemple, le bon et le mauvais désir {iro ijjv vin is^), que l'on fait toujours agir sous nos yeux comme des personnes réelles; l'ange delà pureté (Tahariel), de la miséricorde (Rachmiel), de la justice (Tsadkiel), de la délivrance (Padacl), et le fameux Raziel^ c'est-à-dire l'ange des secrets, qui veille d'un œil jaloux sur les mystères de la sagesse kabbalistique '\ D'ailleurs c'est un

^' y.nnizxi'z in inx^ ]i*nx inSo NniniSu; ^iirji "(Ti-p •[■'n'n S:j yrci p.TiTn Tn"" i^pSo -z ^i:!! -ni yV'izi nno x-'''p''-ïi- ^° iiai-t.,

fol. 68, verso.

2. m*Cn ''^nS'ZQ IDV D^P^TJ U^hM:^- Tlialtnud Dfihijl., Sanhédrin, chap. XI, et Clioulin, chap. vi.

5. Zohar, Impart., fol. 40-il. — Ib., ib., fol. 53, rcclo. — Ib., fol. 140, recto.

principe reconnu par tous les kabbalistes, et qui lient au système général des êtres, que la liiérarcliie angélique ne commence que clans le troisième monde, celui qu'on appelle jjjjiy le monde de la formaiion (m^;;' obiy, Olam letzirah), c'està-dire dans l'espace occupé par les planètes et les corps célestes. Or, comme nous l'avons déjà dit, le chef de cette milice invisible, c'est l'ange Métatrône, ainsi appelé parce qu'il se trouve immédiatement au-dessous du trône de Dieu (^''-diid), qui forme à lui seul le monde de la création ou des >^ r. purs esprits (nxni ahrj, Olam Beriah). Sa tâche, c'est de maintenir l'unité, l'harmonie et le mouvement de toutes les sphères ; c'est exactement celle de celle force aveugle et infinie qu'on a voulu quelquefois substituer à Dieu sous le nom de nature. 11 a sous ses ordres des myriades de sujets que l'on a divisés en dix catégories, sans doute en l'honneur des dix Sephiroth. Ces anges subalternes sont aux diverses parties de la nature, à chaque sphère et à chaque élément en particulier, ce qu'est leur chef à l'univers tout entier. Ainsi, l'un préside aux mouvements de la Terre, l'autre à ceux de la Lune, et la même chose a lieu |)our lous les autres corps célestes*. Celui-ci s'appelle l'ange du feu (Nouriel), celui-là l'ange de la lumière (Ouriel), un troisième préside à la distribution des saisons, un quatrième à la végétation. Enfin, toutes les productions, toutes les forces et lous les phénomènes de la nature sont représentés de la même manière.

L'inlcnlion de ces allégories devient tout à fait évidente lorsqu'il s'agit des esprits infernaux. Nous avons déjà appelé rattention sur le nom que l'on donne en commun à toutes les puissances de cet ordre. Les démons, pour les kabbalistes, sont les formes les plus grossières, les plus imparfaites, \es enveloppes de l'existence; tout ce qui figure l'ab-

(..ki 1. On va même jusqu'à les désigner sous les inèuies noms que ces corps eux-mêmes : l'un s'appelle Vénus (njj), l'autre Mars {u'<m'a)j ui troisième, to**'!'^*'*'^ a substance du ciel {Q^'j2''Cri OTj)- Z-:har, 1" liait., fol. 42 et scq.

OPIMO^i DES KABBALISTES SLR LE MONDE. 109

scnce de la vie, de l'intelligence et de l'ordre. Ainsi que les anges, ils forment dix Sepliirotli, dix degrés, oi!i les ténèbres <'t l'impureté vont s'épaississant de plus en plus, comme dans les cercles du poète florentin*. Le premier ou plutôt les deux premiers ne sont pas autre chose que l'état dans lequel la Genèse nous montre la Terre avant l'œuvre des six jours, c'est-à-dire l'absence de toute forme visible et de toute organisation ^ Le troisième est le séjour des ténèbres, de ces mêmes ténèbres qui au commencement couvraient la face de l'abîme'". Puis vient ce qu'on appelle les sept tabernacles (mS^M yiu) ou l'enfer proprement dit, oft'rant à nos yeux dans un cadre systématique tous les désordres du monde moral et tous les tourments qui en sont la suite. Là, nous voyons chaque passion du cœur humain, chaque vice ou chaque faiblesse personnifiée dans un démon, devenir le bourreau de ceux qu'elle a égarés dans ce monde. Ici, c'est la volupté et la séduction (mns), là la colère et la violence (nDm!]N*), plus loin l'impureté grossière, le démon des solitaires débauches, ailleurs le crime (nnn), l'envie (ni\s'), l'idolâtrie, l'orgueil. Les sept tabernacles infernaux se divisent et se subdivisent à l'infini ; pour chaque espèce de perversité il y a comme un royaume à part, el l'on voit ainsi l'abîme se dérouler jtar degré dans toute sa profondeur et son immensité \ Le chef suprême de ce monde téiiél)reux, celui que l'Écriture appelle Satan, porte dans la kabbale le nom de Samaël (Sn-d), c'esl-à-dir(î l'ange du poison ou de la mort,

1, Tikoniiiin, Tlloun 15, fol. 56.

-• irî2T 1~n 4*^"^ '"-'^ Scjilante oui tra;luit pnr les deux mnls : ào'pazo; /.al dî/.aT4'j/.3jacro;.

•>• NE'iSp XT '.nn HiTn yixm . xt bv x- zi'^h'^i nS;j |'3*bp nSn nxn^Sn xr^Sp •^•wim . x:*":!-! xs^Sp xi "1.12.1 . nxnp- 1^- «'P''-

4. l'our lous ces déliiils, voir le Zolinr, 2'^ p:irt., fol. 255-259, sect. I7ip2. cl le commenlairc, ou plutôt la liaJuction licljiaïfjuc de ce passage dans le Pardcs Rimotiini, n'iSlMn yj'C-

et le Zohar dit positivement que l'ange de la mort, le mauvais désir, Satan et le serpent qui a séduit notre première mère sont une seule et même chose'. On donne aussi à Samaël une épouse, qui est la personnification du vice et de la sensualité; car elle s'appelle de son nom la prostituée [iar

r !f)*^^ excellence, ou la maîtresse de débauches (a''3lj" h^tn) *. Mais ordinairement on les réunit dans un symbole unique qu'on

■^Vh appelle simplement le serpent (x-îrn).

Si on voulait ramener cette théorie des démons et des anges à la forme la plus simple et la plus générale, ou verrait que dans chaque objet de la nature, par conséquent dans la nature tout entière, les kabbalistes reconnaissaient deux éléments très distincts : l'un intérieur, incorruptible, qui se révèle exclusivement à rinlelligcnce; c'est l'esprit, la vie ou la forme ; l'autre purement extérieur cl matériel dont on a fait le symbole de la déchéance, de la malédiction et de la mort. Ils auraient pu dire aussi comme un philosophe moderne issu de leur race : Omnia, quamvis diverm gradibus, animala tamen sunt ''. De cette manière, leur démonologie serait un complément nécessaire de leur métaphysique et nous expliquerait parfaitement les noms sous lesquels on désigne les deux mondes inférieurs.

verso; comme le dil d'ailleurs le Thalmiid, Baba Balra, 10.

2. On suppose que c'est le même personn;ige (jue Lililli (puissance de la nuit), dont il est souvent question dans le TliahnuJ.

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